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Biographie

Neurococcyx

Neurococcyx se forme en 2012 à Nantes autour de deux frangins que sont Tonyo (basse) et Armel (batterie), vite rejoints par Tom, guitariste par défaut (!). Sans prétention le groupe débute avec un rock/stoner instrumental et progressif, aussi bien influencé par Colour Haze que Karma To Burn (entre autres), et sort un premier album en 2015, Friches et Bestioles, distribué par Warooba et correctement remarqué au niveau local. Le trio livre le EP Unicorns on Sticks en 2017, affinant et durcissant son sujet, puis un deuxième long format, 影 [kage], en 2019.

Chronique

16 / 20
1 commentaire (15.5/20).

影 [kage] ( 2019 )

Environ à la même période il y a quatre ans sortait Friches et Bestioles, premier disque du visuellement atypique trio nantais nommé Neurococcyx, qui nous gratifiait alors d’un stoner metal instrumental un peu jeune mais gavé d’arguments caloriques, quelque part calé entre Karma To Burn et Colour Haze. Aujourd’hui c’est 影 [kage] (l’ombre en japonais) qui s’installe dans nos canapés auditifs, s’étirant de tout son long pour chasser encore davantage sur les terres progressives.

Effectivement, comme l’annonçait la couleur du EP Unicorns on Sticks (2017), les riffs gras du désert, sans disparaître, s’effacent peu à peu pour accentuer les aspects metallisants et mélodiques, ce qui les rapprochent de Russian Circles à bien des égards. Pour exemples le formidable et ciselé Yvelines-Mordor, doté d’un grain de guitare fragilisé, mélancolique, constamment souffreteux, tabassé sans ménagement par une basse vrombissante et une batterie omniprésente, ou le traîne-misère (dans le bon sens du terme) Bottom Feeder aux couches de cordes superposées, qui se mue un temps en groove progressif digne d’un Philm.  Pour d’autres le soleil se lève sur des mouvements étonnamment punk-hardcore, entrecoupés de lignes aux frontières de l’afrobeat (Gamanjiru), sur les plumes du Hibou Profane également, qui fricote avec le math rock puis nous enfonce ses griffes en acier dans la clavicule. A ne pas confondre avec le percutant et très rock n’ roll Chronocule.

La guitare semble mener la danse sur 影 [kage], à travers ses lignes mélodiques qui parcourent l’album en fil rouge, mais aussi les parpaings rythmiques qu’elle peut envoyer pour impulser la cadence, notamment au sein du gros pavé de la mort qui ferme l’objet, Shadow, farci de l’ensemble des éléments pré-cités, matérialisés en une lente (mais pas chiante) descente dans les entrailles de la Terre. La lumière s’échappe doucement, la six cordes pleure, seule au monde l’espace d’un instant, puis les ombres se mettent à danser. Timidement d’abord, pour se structurer ensuite autour de frappes précises et d’une basse chaleureuse. Mais Akuma (le démon) finit par reprendre la main et nous écrase le faciès dans une vase sludge, dont nous nous extirpons avec mollesse et désarroi, de nouveau solitaires et tristes face au néant.

Neurococcyx est arrivé à maturation avec 影 [kage], exposant une évolution logique, qui ne tombe pas pour autant dans la redite ou la facilité. Un album habité, ambitieux, émotionnellement fort, narratif malgré l’absence de mots, qui touche au cœur et au corps. L’instrumental semble être dans l’air du temps, et le trio nantais est en train de se positionner discrètement mais sûrement aux cotés des darons du genre.

L'ombre de Bandcamp.

A écouter : Pas sous le soleil.
Neurococcyx

Style : Metal progressif / Stoner / Instrumental
Tags : - -
Origine : France
Site Officiel : https://www.neurococcyx.com
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