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Biographie

Neptune

A sa création à Boston, Neptune était un projet de sculpture moderne, mais rapidement le trio s'oriente vers une musique bruitiste à base d'instruments de leur propre fabrication. Neptune construit ainsi des guitares, des oscillateurs et des percussions à base de pièces de bicyclettes, de parties de chaises métalliques et d'autres objets de récupération. Le rock déglingué de Neptune sonne en conséquent comme aucun autre, entre garage, noise, indus et grosse dose de folie personnelle. En 2008 Neptune enregistre Gong Lake, album synthèse bénéficiant d'une distribution plus large que ses prédécesseurs via Table Of Elements et Radium.

Gong Lake ( 2008 )

Neptune c'est l'anti-rock. Enfin, pas tout à fait car Neptune ça reste du rock, avec même des bouts de groove à l'intérieur, mais c'est du rock comme personne n'en a vraiment fait, n'en fait à ce jour, et probablement, n'en fera dans 10 ans. Aujourd'hui, un cap est passé. Fini les CD-R par lots de douze et les LP home-made gravés au marteau et au burin, Neptune s'est finalement donné les moyens d'une production et d'une distribution dignes de ce nom via Table Of Elements et Radium (Oren Ambarchi, Fennesz). Il fallait au moins ça pour Gong Lake, sans aucun doute le best-of-the-best des new-yorkais à ce jour.

Spéléologues sonores se faufilant dans un réseau de boyaux métalliques et glacés, alchimistes du bruit métamorphosant le cambouis et le cuivre en ondes hallucinatoires, les new-yorkais fouillent dans chaque recoin, tapotent alentours, puis dégainent lorsque ça respire le bon filon. En ce sens, Gong Lake est la quintessence de leurs trouvailles avant-gardistes et quasi-indépendantes de toutes influences pseudo-musicales extérieures. Leurs véritables muses sont au confluent de terrains vagues décharnés, de chaines industrielles souillées par la rouille et de circuits-imprimés parasités par une tension instable, puis trempées dans l'acide. Froid et indus(triel). Il n'y a qu'à se faire lacérer les joues par "Yellow River", blizzard d'acier soufflé par un chant grave et diaboliquement susurré, pour capter cet aspect de leur musique. Un aspect essentiel, qui sans la flamme vitale que Neptune parvient à y insuffler, serait réduit à un tas de ferraille inerte. Très peu pour eux. C'est bien là que le propos de Neptune prend tout son sens et que l'on se rend bien compte que le trio est bel et bien cet animal mécanique, faussement bancal, agile et robotique, tapi dans l'ombre, prêt à incorporer sa proie au sein même de sa micro-usine intérieure, faite d'oscillations acérées et de rythmes concassés.
La bête adopte une marche binaire et boiteuse dictée par ces guitares uniques au son tout aussi unique. Tout se répond dans Gong Lake. Rien n'est lâché au hasard. Et ce, même si les morceaux sont d'une originalité et d'un éclectisme fou, entre danses/transes tribales ("Blue Grass"), folles courses ultra précises motorisées par un batteur qui va au charbon comme un sourd ("The Read Sea", final dantesque) et punitions sévères et douloureuses ("Silver Pool"), laissant toujours une maigre ficelle, au moins rythmique, à laquelle se raccrocher.

Gong Lake est un album de post-punk industriel & noise, oxydé et recouvert d’une mousse de vert-de-gris, très personnel et rude d'accès juste ce qu'il faut. Neptune reste à part, avec son intelligence particulière, sa finesse propre et un talent d'interprétation incomparable qui ne se dévoile que pleinement sur scène.

A écouter : Yellow River - Red Sea - Blue Grass
15.5 / 20
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Split avec One Second Riot ( 2007 )

Malgré une discographie conséquente, Neptune n'est franchement pas un habitué du Split CD. Il faut dire que leur musique atypique, froide et bruitiste ne peut jouxter tout et n'importe quoi sans y laisser des plumes. Distile Records (qu'on ne présente plus), s'affuble pourtant de cette jolie collaboration entre Neptune et One Second Riot, duo bien de chez nous, plus conventionnel que les américains mais tout aussi percutant.

A l'instar des percussions artisanales de Einstürzende Neubauten, Neptune fabrique à la maison de quoi donner le tempo mais également des guitares totalement métalliques conférant un cachet très particulier à leur rock rouillé et déglingué. Les 4 morceaux ici présents arpentent le chemin bien débroussaillé par les productions précédentes et on sent bien que c'est sans trop se poser de questions métaphysiques que Neptune s'adonne ici spontanément à leurs expérimentations. Toutefois, les américains tracent leur route sans stagner et développent de plus en plus les thèmes et les atmosphères. Si lors des quelques passages les plus bruitistes on les croirait en pleine improvisation, la ligne directrice revient rapidement taper du poing sur la table. Certes le drôle d'animal boite mais il ne perd jamais l'équilibre. Véritable usine miniature sur pattes,  Neptune sait modifier sa chaine de production sans faire de casse. C'est ainsi que sans complexe le trio accouche de dissonances fulgurante (pensez The Ex), de rythmes plombés dignes de Lightning Bolt ou plus légers à base de "Poc !" et de "Tac !" et surtout de vagues noise à l'esprit punk qui n'ont que faire des règles de bienséances dictant les accords et la justesses des notes. Tantôt électriques et denses, tantôt acoustiques et dénudées, les compositions de Neptune nous trainent par la peau des fesses à travers un monde bancal sur pilotis ou tout est sur le point de tomber à l'eau. Toujours surprenant, jamais décevant.

One Second Riot est une paire basse / batterie de Lyon qui se revendique de Bästard et Shellac. Il faut bien avouer que leur musique est une belle alchimie noise punk bien grasse. Fort de deux 5 titres parus en 2002 et 2004, les voici emboitant, sans honte aucune et avec succès, le pas de Neptune. Les lyonnais s'éloignent volontiers des pirouettes traditionnelles des duos affectionnant les mêmes instruments. Ils font la différence grâce à leur propension à produire un son abrasif et mélodique à travers une basse jouée comme une véritable guitare amoureuse des riffs rampant et puissant. Le tout est allégrement enrobé de samples vocaux (façon B-Abuse) et électroniques renforçant une atmosphère déjà fort bien assise par des compositions terriblement prenantes. Légèrement filtré à la manière d'un Japanther, le chant se veut donc discret et agit comme un formidable catalyseur d'émotions. Une formation diablement efficace qui doit assurément à la manière de Binaire ou Duet démontrer tout son intérêt sur scène (Coco Modesto Festival - Photos). Vous pouvez y aller les yeux fermés.

One Second Riot : Site, MySpace.

A écouter : Les 2