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Biographie

Negura Bunget

Originaire de Timisoara en Transylvanie, Negura Bunget apparaît à l'initiative de Hupogrammos Disciple's (chant, guitares) et de Negru (batterie). La première démo du groupe From Transilvanian Forests sort sous le nom de Wiccan Rede en 1995, puis le groupe opte finalement pour Negura Bunget. Très attaché à ses racines roumaines, Negura Bunget les met en valeur jusque dans son nom qui vient de l'ancien roumain, et signifie "forêt dans la brume". Le groupe joue dans un style que l'on peut qualifier de black métal atmosphérique, à la croisée du pagan black et du folk. Son approche est imprégnée de mysticisme et d'harmonie entre l'homme et son environnement. Les thèmes des chansons abordent ainsi la Nature, le Cosmos, l'Univers, toujours sous un angle mystique, propre aux anciennes croyances dans la région Transylvanienne. Après la sortie de son premier album, Zîrnindu-să (1996), le groupe reçoit le renfort d'un troisième membre, Spurcatu, et sort un EP plus ambitieux, Sala Molksa (1998), suivi d'un second album, Maiastru Sfetnic (2000 qui leur permet de tourner en Europe. Celui-ci les amène à signer avec le label italien code666 Record (Ephel Duath, Manes, Void Of Silence...) pour trois disques. Suivent ainsi N'Crugu Bradului, en 2002, variation sur le thème des quatre saisons, puis Inarborat Kosmos, un nouvel ep, en 2005. Le groupe affine sa démarche, progresse musicalement et accouche d'un superbe quatrième album, Om, fin octobre 2006. Actuellement, le groupe s'est établi en Allemagne.

16 / 20
1 commentaire (18/20).
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Tău ( 2015 )

Les roumains de Negura Bunget font leur retour en 2015 avec un tout nouvel opus intitulé Tau. Une fois encore on s'attend à un voyage dans les forêts transylvaniennes et une fois encore on est pas déçus. 

Nametenie demarre tout en douceur avant une explosion metal où le chant death  laboure nos esgourdes. C'est une première surprise mais c'est bien le growl qui résonne tout au long du disque et non le chant black criard du passé. Nametenie est aussi construite sur des contrastes avec des passages plus calmes où les chœurs ont leur place ou bien un riff de guitare tout simple sur le dernier tiers du morceau sans oublier le chant en roumain. Tout ceci crée une alchimie intrigante propre au groupe. Izbucul Galbeini attaque avec une orchestration traditionnelle roumaine avant une nouvelle déflagration metal mid tempo qui n'exclue pas un riffing plus typé black metal sur laquelle se pose le growl dévastateur. Là encore le chant clair en roumain a la part belle et créé des variations de rythme emballantes. Negura Bunget démontre ainsi en deux pistes tout son talent. 

La suite n'est pas moins intéressante. La Hotaru Cu Cinci Culmi semble sortir tout droit du folklore roumain avec une orchestration de vents et de cordes sur laquelle se pose le chant imprécateur. Le sentiment de dépaysement est total avec ce morceau, preuve de la singularité du groupe. Curgerea Muntelui propose des percussions menaçantes mais aussi une corne de brume pour un nouveau voyage où le chant clair prend de l'ampleur avec l'ajout de cordes pour un effet maximum. Ce morceau construit sur une base presque doom n'exclue pas un growl caverneux sur le dernier tiers créant une atmosphère sombre et désolée. Tarim Vilhovnicesc est en revanche une pure chanson de black death où le chant clair se fait incantatoire. La violence du morceau est palpable avec un riffing typiquement black non dénué de variations mélodiques auquel s'ajoute des nappes de claviers, créant une pièce plus classique mais tout à fait prenante.

Impodobeala Timpului est dans la lignée de ce qui précède. Des sonorités traditionnelles, du chant en growl et soudain une voix de femme qui fait basculer le morceau dans un mélange de riffs de guitare très mélodiques et des instruments typiques notamment les percussions, très présentes du début à la fin, avant que le metal revienne se poser par dessus. PIcur Viu Foc démarre en acoustique, guitare sèche et corne de brume, avant une pure agression metal où le chant se fait imprécateur. Derrière le mur de guitares on entend une flûte qui donne une originalité à ce morceau. Schimniceste se fait encore plus douce avec des chœurs fantomatiques, comme une plongée au cœur des montagnes roumaines. Le chant parlé et le spoken words se mélangent et font monter le morceau vers des sphères metal puissantes avec de subtils arrangements, on alterne ainsi entre les deux voies sur cette piste plutôt réussie.

Avec Tau Negura Bunget nous embarque pour un nouveau voyage en terres roumaines. Puissant, inspiré, varié, entre musique traditionnelle et metal, ce disque est une belle réussite.  

A écouter : comme un voyage en terres roumaines
17 / 20
2 commentaires (17.5/20).
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Vîrstele Pămîntului ( 2010 )

Une fois n'est pas coutume, on va encore parler sur le tard d'un disque excellent et tout bonnement l'une des meilleures sorties estampillées Black-Metal de 2010. Avec le recul et l'année écoulée, on peut même dire sans blasphémer qu'il fait partie des albums remarquables du genre aux côtés de Deathspell Omega, Watain ou Enslaved. On ne donnait pas cher de la longévité de Negura Bunget et encore moins d'une option qualitative sur leurs futures productions après la débandade en 2009 d'Hupogrammos Disciple's et de Sol Faur, les deux membres fondateurs qui sont partis fonder leur propre projet : Dordeduh. De la formation d'origine, il ne reste donc plus que Negru (Batterie). Autant dire qu'au niveau des compositions on ne savait pas trop à quoi s'attendre, néanmoins le bougre a encore de très bonnes idées derrière la tête qui font que Vîrstele Pămîntului peut rivaliser avec le déjà culte Om.

Dès les premières notes, Negura Bunget sait toujours installer ses superbes ambiances et nous perdre au cœur des forêts enneigées de Transylvanie car Vîrstele Pămîntului est un véritable dépaysement sonore. Cette capacité à créer une aura unique vient une nouvelle fois des instruments traditionnels qui confèrent tout le charme et l'identité propre à Negura Bunget. Les arrangements de toutes sortes, qu'ils soient composés de cordes, de bois (flûtes, tulnic (immense didgeridoo roumain) ou de percussions diverses apportent davantage de profondeur à la musique et au processus de création. Rarement ces instruments ont été aussi bien incorporés dans les morceaux avec autant de ferveur et de justesse. Certains morceaux atteignent des cimes atmosphériques (Jar, Arborele Lumii) nous faisant braver le blizzard des hautes montagnes transylvaniennes. De cette dimension pagan / folk indéniable, renforcée par le chant entièrement dispensé en roumain, vient se greffer une ambiance mystique par les incantations d'Ageru Pământului sur Chei De Rouã par exemple, mais aussi dans les claviers d'Inia Dinia, occupant une place prépondérante dans cet album, qui enrobent les pièces d'un voile glacé. Vîrstele Pămîntului c'est aussi cette majestueuse pureté, froide et attirante, mais aussi dangereuse par ces hurlements barbares qui surgissent du tumulte des riffs tourbillonnants purement Black-Metal et de la double pédale martelante et quasi-systématique. Car n'oublions pas non plus que Negura Bunget livre aussi un metal noir, rude, brute et incisif signe que le combo n'a pas perdu ses racines (Ochiul Inimii). Une violence qui ne manque bien sûr pas de caractère et qui sera toujours empreint d'une certaine sensibilité et délicatesse (Dacia Hiperboreanã).

Que retenir de cet album? Beaucoup de choses car Vîrstele Pămîntului est un disque incroyable, richement composé où les découvertes se font nombreuses au fur et à mesure que Negura Bunget nous entraine dans son périple musical. Le changement de line-up n'aura pas affecté le travail de composition et l'étonnante inspiration dont ils font part et mettent en œuvre à travers ces neuf pièces d'une grande beauté. De la à déclarer qu'il surclasse Om, difficile à dire, sachant que ce dernier occupe une place privilégiée dans le cœur des amateurs de Black-Metal Atmosphérique. En tout cas, il n'a pas à rougir de cette comparaison et on ne peut que féliciter cette nouvelle formation pour le travail accompli.

A écouter : tout à fait
18 / 20
6 commentaires (17.83/20).
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Om ( 2006 )

Negura Bunget, c'est un des secrets les mieux gardés du black metal. Non pas que le groupe soit totalement inconnu au bataillon, mais il progresse, affine ses choix artistiques dans une certaine confidentialité au sein de la scène. Et pourtant, ceux qui ont eu la chance de découvrir Maiastru Sfetnic et 'N Crugu Bradului, leurs deux précédents albums, savent que la formation roumaine est un des fleurons du black metal atmosphérique et mélancolique, rendant justice à l'atmosphère hypnotique des forêts transylvaniennes. Ce nouvel album intitulé Om, qui succède dans la continuité à l'EP Inarborat Kosmos, est l'occasion pour le groupe de grandir encore, avec une musique toujours aussi personnelle, et encore plus maitrisée.

Om regorge d'ambiances et de couleurs musicales, sans jamais perdre son unité, perpétuant la tradition du groupe d'offrir des compositions envoûtées, et envoûtantes. Il se dégage de l'ensemble une véritable magie , une beauté éthérée et abyssale, au mysticisme affirmé. Le jeu des guitares tantôt aériennes tantôt grondantes y est évidemment pour beaucoup. Mais cette fois, Negura Bunget prend davantage d'amplitude, jouant des claviers pour accentuer la majesté de ses compositions telle Tesarul de Lumini, incorporant des instruments acoustiques et folkloriques à un black métal toujours aussi racé. Les formats se raccourcissent, bien que deux pièces dépassent les 10 minutes, mais la richesse des peintures musicales est indiscutable. Le chant est en roumain bien sûr, ce qui donne un parfum d'authenticité et d'intemporalité à la musique de Negura Bunget. Dans ces montagnes, ces forêts et ces landes, lorsqu'on perçoit au détour de nappes ambiantes, un sample discret de troupeau en transhumance (Primul Om), l'oubli de soi est total. Le voyage dans le temps à travers les étendues naturelles de Transylvanie s'impose alors aux sens.

Il faut savoir se laisser guider par le berger de Conoas Terea Tacuta, alternant la rudesse du growl et la noblesse du chant clair posés habilement sur une composition grandiose et hantée. L'utilisation de percussions traditionnelles et d'instruments à vent apporte énormément à cet album, comme en témoigne Inarborat, à l'introduction d'une beauté à tomber. Et toujours une utilisation judicieuse des claviers à l'image par exemple de Dedesuptul, piste sourde, menaçante, angoissante même dans son final. Que dire encore du percutant Norilor, véritable bande son guerrière, tribale, évoquant quelque redoutable tribu forestière. Plus que jamais, Negura Bunget varie ses attaques, gagne en profondeur, investit des territoires encore inexplorés sans rien renier de la puissance de sa musique à l'occasion primale, incisive et plus typiquement black métal. Le dyptique De Piatra / Cel Din Urma Vis en est la preuve éclatante, deux pistes agressives, mélodiques et puissantes où le chant criard le dispute à l'impact des emballements des riffs black. Sur la seconde, l'atmosphère devient quasi spatiale, éthérée au point de non retour, souffle de mort sur les terres du prince Vlad Tepes, comme après une bataille sanglante, avant que les guitares ne reviennent fendre l'air de leur tranchant, plus mélodiques que jamais. Ce genre de passage d'une grande souplesse est une autre des forces de Negura Bunget sur ce disque.

Au vu des paysages contrastées ainsi traversés, la capacité des roumains à accrocher l'auditeur n'en est que plus remarquable. Om apparaît alors comme un album d'une profondeur appréciable, et pourtant facilement assimilable, dont chaque note, chaque ingrédient musical est un délice de tous les instants. Il serait alors dommage de ne pas évoquer la merveille folk que constitue Hora Soarelui, sauvage et habitée. Un morceau proche du pagan black, avec des flûtes virevoltantes, des guitares mélodieuses et des envolées de chant clair limpides, ensemble d'une beauté saisissante, déchiré par une voix criarde qui ne faiblit jamais.  La conclusion de ce disque, Al Doilea Om, n'est que plus pertinente, sorte de murmure chamanique surgi des tréfonds du néant, au son des choeurs en méditation et du souffle profond des didgeridoos. 

Au final, peu de groupes de black métal sauront vous saisir à ce point par la beauté de leur musique, hormis bien sûr Drudkh, dont Negura Bunget s'impose comme le cousin roumain. Au plus profond de la forêt, parmi les bêtes et les hommes, fermez les yeux, libérez vous de la pesanteur crasse du présent, la Transylvanie ancestrale vous accueille en son sein, inaltérée, sauvage et mystique. Negura Bunget en est le passeur dévoué. Om, le coeur, le souffle, l'esprit et l'âme.

Tesarul de Lumini en écoute sur la page myspace du groupe. 

A écouter : A la nuit tombe dans la fort