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Biographie

Necro Deathmort

Duo originaire de Londres, Matthew Rozeik et AJ Cookson développent avec Necro Deathmort une musique originale aux confluents de l'Electro, de l'Indus, de la Noise, du Doom Metal et du Drone. C'est deux ans après leurs débuts que le duo sort ses premières expérimentations avec This Beat Is Necrotonic chez Distraction Records. Celles-ci sont d'avantages affirmées dans Music Of Bleak Origin qui parait en 2011, puis dans The Colonial Script en 2012. En 2013, Necro Deathmort s'essaye au court format avec EP1. Le groupe s'est produit dans de nombreux festival et a notamment fait les premières parties de formations comme Ulver ou Shining.

Chronique

16.5 / 20
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Music Of Bleak Origin ( 2011 )

Necro Deathmort… Le moins que l’on puisse dire, c’est que le patronyme de ce duo anglais composé de Matthew Rozeik (Astrohenge) et AJ Cookson est indéniablement original/ridicule/génial, selon votre sensibilité. Il n’est toutefois pas hors de propos, loin de là. Ces trois sons de cloche décrivent on ne peut mieux la musique tout à fait singulière du duo londonien. Alors que l’on s’attend à du Black Metal des cavernes teinté d’ultraviolence, le groupe nous prend complètement à contre-pied en choisissant la violence noire, celle qui bouscule, celle qui laisse une marque indélébile sur vos émotions, votre expérience. Après la sortie de This Beat Is Necrotronic en 2009 qui fixait les bases de l’expérimentation à la Necro Deathmort, le duo nous revient en 2011 avec Music of Bleak Origin, prêt à en découdre avec votre âme. 

Attention toutefois, malgré les apparences, la musique du groupe reste tout à fait accessible. En effet la durée des morceaux ne dépasse pas 7 minutes pour le plus long et en moyenne 4 à 5 minutes. On se promène dans un paysage désuet, la décomposition matérielle inéluctable. L’on parle souvent « d’album de la fin du monde », à tort et à travers parfois, mais admet-on le, cette expression sied Necro Deathmort à ravir. Des rythmiques lentes et organiques jonchent l’album tels des cadavres déposés aléatoirement ci et là sans crier gare. Nous sommes balayés au gré de compositions dotées d’un éclectisme charmeur. Un voyage lugubre nous est présenté aux confins du Drone et de l’Indus. 

Premier coup de cœur de l’album : Temple of Juno. Un rythme lent, lourd, accompagné d’une voix fantasmagorique surplombant la marche infernale imposée. C’est efficace, au croisement du rêve et du cauchemar, avec ces guitares aériennes survolant cette machinerie dantesque. Ce morceau résume parfaitement ce dont le groupe est capable : nous emmener toujours plus aisément dans cet état de semi transe où chaque riff, chaque beat, chaque montée en puissance se révèlent d’une puissance incroyable.

Il est indéniable qu’à l’écoute de l’album plusieurs influences viennent facilement à l’esprit, sans pour autant devenir un album quelconque de reprises qui s’avèrerait franchement ennuyeux. Non, ici-bas, on se retrouve à côtoyer la lourdeur dronesque d’un Earth des premiers jours sur überlord ou In Binary. Egalement un shoegaze noisy sur For Your Own Good où la voix éthérée du chanteur domine une rythmique puissante et indomptable. On y perçoit les rythmiques abstract hip hop à la Dälek, parsemées de sons industriels de très bon aloi dans Devastating Vector où la lourdeur monolithique du groupe est impressionnante ; sans évoquer le break à la limite du dubstep qui met un point d’honneur à nous achever, sans pitié. L’accumulation des genres pourrait facilement être mise en cause à la lecture de cette chronique. Cependant il n’en est rien, le groupe enfile les perles et crache son venin dans un maelstrom parfaitement maitrisé. Preuve en est une fois encore avec Blizzard et son approche Electro-Indus bien sentie qui vous engloutira à n’en pas douter. 

Arrêtons nous enfin sur les deux derniers morceaux de l’album qui, selon moi, vont de paire. Heat Death of Everything. Il n’y a pas titre plus évocateur que celui là. La lourdeur étouffante à son paroxysme, des cris inhumains nous parviennent indéfiniment et nous collent à la peau telles les braises d’un feu incandescent. La souffrance, ce rythme caverneux dantesque nous entraine dans son sillage et ne nous lâche plus. On reste là, hypnotisé, sans mot dire, sans espoir, tiraillé par les distorsions, écrasé par la puissance industrielle dans la lignée d’un Godflesh période Streetcleaner. Tout ici n’est que mort et décomposition. Vient finalement Moon qui, après l’obsédant passage à tabac que l’on vient de subir, nous prend par la main dans son univers Dark Ambient, où vagabonde notre âme aléatoirement au gré des vents sur les terres désolées du massacre qui vient de se produire. Etouffant.  

Si vous êtes amateur de musique sombre ambiancée et que les références citées dans cette chronique vous sont familières, n’hésitez pas une seule seconde, Necro Deathmort est un gouffre d’influences superbement digérées qui vous emmènera dans des contrées apocalyptiques, où la noirceur est légion, l’atmosphère insaisissable et l’asphyxie totale.

Chronique initialement publiée pour Modern Zeuhl.

A écouter : Temple of Juno, Devastating Vector, Blizzard