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Biographie

Necro

Necro, de son vrai nom Ron Braunstein, grandit à Brooklyn à New-York alors que le Hip-Hop n’en est qu’à ses premiers balbutiements. C’est pourtant vers le death métal qu’il se tourne en premier lieu, Ron étant guitariste du groupe Injustice aux côtés de son frère Ill Bill. Bien qu’âgé d’à peine 14 ans à la fin des années 80, il se produira déjà sur scène dans les petits clubs de New-York en tant que première partie de Napalm Death, Immolation, Biohazard, Sepultura, ou Obituary, rien que ça.
Mais à ce moment là tout bascule. Le Hip-Hop commence à émerger et fait du petit Ron le dangereux Necro, mc à l’univers gore directement inspiré de son immuable culture Death-Metal. Il en va de même pour son frère, Ill Bill, avec qui il formera plus tard le groupe Non Phixion. Pendant plus de neuf ans, Necro va enchaîner les contests, en gagner de nombreux, sortir des singles, rapper sur les morceaux de Non Phixion et de Cage, et écumer les stations de radios avec son style cru qui ne laisse décidément personne indifférent.
1999 est un nouveau tournant dans la carrière du mc car Necro fonde son propre label, Psycho+Logical+Records, sur lequel il sort son premier album I Need Drugs un an plus tard. Depuis, plusieurs artistes tels que Ill Bill, Mr. Hyde ou Sabac Red ont rejoint le label. La sauce commence à prendre et il revient donc deux ans plus tard avec le bien nommé Gory Days, son deuxième album qui connaîtra un succès assez confortable. Rebelote en 2004 avec The Pre-Fix For Death, puis The Sexorcist en 2005 sur lequel apparaissent de nombreuses stars du X, l’autre passion de ce cher Necro. Des instrumentaux de ces albums ont depuis été édité ainsi que des compilations en trois volumes de demos et freestyles. Des mixtapes avec Ill Bill intitulées Street Villains en deux volumes sont sortis en 2003 et 2005 ainsi que le Brutality Part 1 en 2003.
Avant de plancher à nouveau sur une nouvelle production, Necro s’associe à Ill Bill, Goretex, et Mr Hyde afin de fonder le side-project The Circle Of Tyrants en 2005, en hommage au célèbre titre de Celtic Frost repris plus tard par Obituary. C'est en 2007 que revient le rappeur avec Death Rap, n'ayant pas perdu de sa rage d'antan.

14.5 / 20
2 commentaires (13.5/20).
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The Murder Murder Kill Kill Double ( 2012 )

J'ai toujours eu du mal à accrocher à l'univers de Necro, même si je reconnais les qualités musicales du MC. Mais bon, parfois il faut se faire violence, s'engouffrer dans un nouvel album alors qu'on pense que la mayonnaise ne prendra pas. C'est d'autant plus dangereux que je pars avec un gros apriori sur le musicien…
… Et pourtant ! The Murder Murder Kill Kill EP (TMMKKEP) marque des points au fur et à mesure des passages dans la platine. Une ambiance sombre mais pas forcément poisseuse, un aspect DeathRap beaucoup moins présent, justement dosée pour éviter l'overdose : Necro prend la suite de son frère même s'il ne se dénature pas pour autant. On retrouve en effet les thèmes chers au MC : le sexe, le gore, … Classique, cliché, mais terriblement efficace sur "Gore!" ou "I'm Like Howard Stern".

Double EP ou véritable album ? Peu importe, TMMKKEP sent la weed, le foutre ("Porn Game Crucifixion") et les références abordées sont nombreuses (Necro mêle Hamlet, Bumblebee de Transformers et un blowjob dans le même titre). Comme d'habitude, on retrouvera quelques influences de Non Phixion (le sample de "Toxsik Waltz") ou Ill Bill, alors que les passages Metal sont bien moins présents qu'avant (uniquement un sample de Black Sabbath, le reste est résolument hip hop même si le clin d'oeil aux Misfits sur "Sharon's Fetus" est plus qu'évident) avec un flow assuré et justement dosé.
N'en reste que ce disque a un très bon potentiel, mais manque de verve pour s'imposer face à Master of the Dark Arts de La Coka Nostra. J'ai même peur qu'il soit, malgré ses qualités, balayé par le prochain Ill BillThe Grimey Awards, ou l'attendu God Of The Serengeti de Vinnie Paz. Ce serait fort dommage car le talent de Necro est là, brut, n'attendant qu'à déflorer à nouveau les oreilles d'une paire de personnes.
Malgré toutes ces éloges, cet EP est perfectible : trop peu de featurings, quelques influences Metal trop absentes et le concept du double EP que je n'arrive toujours pas à cerner. Les défauts ne sont pas qualitatifs, mais des choix assumés par le MC, qui auront plus ou moins d'impacts selon les attentes que l'on aura de Necro.

Finalement, TMMKKEP passe comme papa dans maman. Même si personnellement, j'ai une grosse préférence pour Ill Bill ou Jedi Mind Tricks, je reconnais sans problème que ce nouveau Necro est très bon, notamment sur des titres comme "Gore!" ou "I'm Like Howard Stern".

A écouter : Sharon's Fetus
15.5 / 20
1 commentaire (17/20).
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Death Rap ( 2007 )

Necro n'est pas de ces rappeurs à faire dans la dentelle, n'est pas de ceux qui font des concessions ou s'adoucissent avec le temps. Necro a toujours eut la rage et l'envie de pousser ses textes avec le maximum d'impact sur des instrus coup de poing. Et ce n'est pas ce Death Rap qui va y changer quoi que se soit.

Autant le dire tout de suite Necro n'est pas là pour se la jouer fin, pausé ou même porteur de valeurs fédératrices, ici ce qui prime c'est le sexe, la violence, le morbide. Les éventuels amateurs de rap conscient ou intellectualisé sont prévenus. Comme un gros coup de pompe dans cette fourmilière d'intellos qui se touchent sur leurs groupes de Hip-Hop arty, Necro est là pour tout envoyer balader en témoigne son flow rapide et agressif façon gangsta-rap (Belligerent Gansters). Porté par une voix lourde et grasse, le rappeur ne manque pas de charisme pour porter haut et fort les couleurs de son Death Rap, que se soit sur les refrains de No Remorse ou de Mutilate The Beat, l'homme met tout en œuvre pour mettre à terre son auditeur.

Ce Death Rap se sont justement des instrus de tueur et ce n'est pas les guitares tout droits sortis d'un album d'Obituary sur Suffocated To Death By God's Shadow qui prouveront le contraire. Evil Rules dans le genre brut de décoffrage n'est pas mal du tout dans son genre et Keeping It Real semble s'être échappé d'un vieux disque de Limp Bizkit. Avec Belligerent Gansters se sont quatre titres où Necro se rapproche parfois des travaux de Cypress Hill mixant Metal / Rock et Hip-Hop et cela peut sembler paradoxal mais c'est pourtant bien ce qui apporte un vent de fraicheur au son de Necro. Le parallèle avec le monde du Metal ne s'arrête pas là puisque plusieurs icônes du genre (Scott Ian d'Anthrax ou Mark Morton de Lamb Of God pour ne citer qu'eux) se joignent à lui sur les refrains.
Mais Death Rap est aussi un album glauque et dérangeant en particulier sur les titres Some Get Back (Revenge), As Deadly As Can Be et Forensic Pathology avec ses samples dignes de films d'horreur et ce n'est pas les lyrics qui pourront nous rassurer :
I be sadistic like Ed Powers
Your body my dog devours
A minute of torture seems like hours
Like broke head for these showers
The Angel of Death kid I declare war
If you dont want to witness the gore
Put lense-bolt on ya door [...]
Du sanglant, du gore et de la violence en bref, du Necro tout craché et c'est d'ailleurs sur ce titre là (As Deadly As Can Be) que choisi, comme à son habitude, Ill Bill pour venir épauler son frère. C'est de famille, y en a pas un pour rattraper l'autre.
Cela dit, le rappeur a beau être aussi vindicatif qu'il le souhaite (et ce n'est rien comparé à ses deux précédents albums encore plus furieux), Death Rap est véritablement accessible de par ses samples qui restent en tête (l'intro de Creepy Crawl) ou ses hymnes et ses refrains que l'on se surprend à fredonner.

Finalement Necro est un peu au Hip-Hop ce que le Death est au Metal, un genre musical poussé à l'extrême. Ce disque d'une grosse demi-heure et de quatorze titres aussi rapides qu'efficaces fourmille d'idées, de passages catchy et de refrains du meilleur effet  et devrait donc plaire facilement aux amateurs de Hip-Hop rentre dedans ainsi qu'au public Metal.

A écouter : si t'es pas une fillette.