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Biographie

Myrna Minkoff

Voici une bio un peu particulière, une bio qui sera appuyée par les dires de Myrna Minkoff elle-même !
Myrna Minkoff est donc originaire de Dijon et a vu le jour en 2000 sous l’impulsion de Blaez, Benoît, Gilles et Nicolas. Cette entité fortement entêtée « n'aime pas la contrainte », et, en conséquence, « de sa philosophie hédoniste ressort un amour du public, de tous les publics ». La production de la demoiselle a commencé par deux démos respectivement sorties en 2001 et 2002 : la première sous forme d’un split avec Moloch et la seconde intitulée Musique de Printemps. A côté de ça, Myrna Minkoff « s'offre aux amateurs de noise dijonnais et bourguignon dans le plus simple appareil », c’est à dire par le biais d’une formation rock comprenant 2 guitares, une basse et une batterie. Pour des concerts partagés avec Dionysos, Bananas At The Audience, Bumbleblees, The Vaz ou encore leurs potes de Clara Clara. Le groupe, amateur de ce genre de sorties, va donc chercher à les « prolonger à travers un support peu onéreux et fiable (car réalisé DIY par le groupe) » ; sort donc en 2003 leur premier album L.M.K.C.D.R.O, suivit en juillet de cette année du petit dernier Acouphènes/Phosphènes

Chronique

14 / 20
1 commentaire (17/20).

Acouphènes/Phosphènes ( 2005 )

Il est vrai que l'on connaissait peu Myrna Minkoff avant que le groupe ne nous contacte pour rédiger la chronique de leur dernier effort Acouphénes/Phosphénes, celui-ci faisant suite à L.M.K.C.D.R.O sorti en 2003. Un groupe de Dijon qui, au final, pique de belle manière les oreilles ; tout à fait le genre de découverte qui fait  doublement plaisir après écoute.

Franchement, Acouphénes/Phosphénes commence fort avec "Théroigne de Méricourt", qui annonce la teneur noisy de l’album. Et oui, c’est peut-être pas original, mais on pense de suite à du Sonic Youth péride post-expérimentale (disons début 90). La batterie de Benoît envoie bien le rythme et la découpe de la mélodie par les cordes est réussie. Ce qui frappe aussi, c’est cette voix principale, aux intonations un peu féminines à mon goût, et qui amène une bonne dose de décalage au sein de la musique de Mirna Minkoff. Une voix qui ne tape surtout pas dans la facilité. D’ailleurs, les morceaux sont pour leur part assez complexes, tout comme les paroles dont la relative abstraction rend leur sens pas toujours évident à saisir. Myrna Minkoff ne joue pas de la musique pour public facile mais la mélodie reste présente. Par exemple, "La lune verte" s’allége sous les assauts d’arpèges des guitares, assurées par Blaez et Gilles. Alors que faire docteur ? Car dans le même temps, nous ne sommes pas en terrain inconnu ; le son emprunté par le combo dijonnais nous ramène tout autant au début des 90’s ; un peu brouillon, un peu d’imprécision, une bonne dose de saturation pour produire assez de puissance entraînante. Comme pour "Olympes de Gouges"…
Sur "Henry VIII" le groupe prouve qu’il sait aussi attendre, la rythmique se soulève, convulse. Et s’élève. Et reconvulse. Déstructuré comme il faut. Une belle composition. Personnellement moins fan des interludes au piano ("Juilletistes", "Aoutiens") qui cassent un peu le rythme du CD et ne sont pas assez profondément travaillés dans leur voie dissonante, tout est oublié avec le subtil instrumental "L’Institut" qui est par contre sans aucun doute musicalement la piste phare, pleine de nostalgie avec cette guitare entêtante faisant monter la pression progressivement et s’achèvant en fondu, en plein développement. Mogwaï s’approche…
Et le court atmosphérique "Phosphénes" à la voix lointaine, à la batterie saturée, arrive pour achever tout en douceur bruyante cet album que je recommande fortement à tous les amateurs de rock noisy. En laissant tout de même un peu de temps pour apprécier la production du quartet.

Avec cet Acouphénes/Phosphénes au double visuel arty, Myrna Minkoff fait preuve d’une belle qualité de composition qui n’a plus qu’à être rapidement affiner afin de leur permettre de confirmer cette entrevue de potentiel. Et oui, c’est vrai qu’on a aussi de bons groupes de rock en France. Faudrait pas qu’ils s’en aillent tous ailleurs, d’ailleurs…

Télécharger "Karoshi" ; "L'Institut"

A écouter : Throigne de Mricourt - Henry VIII - L'Institut - Phosphnes