Découverte
Pochette s/t

logo Myra Lee

Biographie

Myra Lee

Myra Lee s’ est formé début 2001 à Poitiers. Depuis ce jour, le trio est toujours composé de Mamat à la batterie, de Nouchette à la basse et au chant et de Fabrice à la guitare et au chant. Rejetant les étiquettes, Myra Lee se présente comme un groupe DIY et indépendant.
Après une démo de 4 titres enregistrée en fevrier 2002 (autoproduite et gravée par leurs soins) et un split CD avec Loisirs sorti courant juin 2002 (chez Theatre Records / Tdtambour), Myra Lee se targue d'un premier album éponyme de 9 titres en 2004 (La Mâchoire / Jason. R / Rejuvenation Records / Theatre Records). En 2007, les poitevins orientent leur hardcore vers un son plus bruitiste et plus sombre via un deuxième album intitulé simplement : 2.

Chroniques

2 Myra Lee

2 ( 2007 )

Sorti il y a déjà 3 ans, le premier album de Myra Lee fut une véritable révélation emo hardcore, et ce malgré quelques influences encore bien tenaces (Yaphet Kotto en tête). Sur une trame de fond écorchée jusqu'à l'os et servie par un son très brut typé live, les poitevins tissaient de superbes textures mélodiques et douloureuses à se damner. Suite à leurs dernières prestations scéniques laissant entrevoir de nouveaux morceaux impressionnants en tous points et surtout identitaires, ce second méfait, sobrement intitulé "2", était attendu au tournant par les amateurs d'emo hardcore sans fioriture lattant les tympans par palettes de mille.

Poursuivant sur leur lancée, les gaziers ont ici décidé de durcir le ton et d'alourdir les notes encore un peu plus. Myra Lee s'adonne désormais corps et âme à un hardcore bruitiste et sans concession. Le trio ne perd pas son temps à tâtonner ou à chercher les mélodies qui pourraient bien le faire, mais frappe directement et sans retenue là ou ça fait mal. Définitvivement plus sombre, inexorablement plus sale et poisseux dans son approche, le groupe a gagné en puissance et en énergie. En ce sens, Myra Lee établie un véritable pont entre une certaine scène canadienne et Poitiers. On décèle ainsi dans leur jeu de guitare cette pointe acre et rance nourrie par un son grave, granuleux et crépitant que l'on retrouve chez Union Of Uranus ("Vivre Et Penser Comme des Porcs") ou plus récemment chez Cobra Noir ("Pieure pas Minou"). Puis il y a toujours cette rythmique littéralement foudroyante régie par un batteur tentaculaire et véloce qui sans hésiter outre mesure, donne des coups de boules à ses cymbales pour en rajouter une couche sur scène.
Grâce à un réel tact pour accoucher de compositions à la fois déstructurées et saisissantes à chaque instant, Myra Lee sublime une noirceur et une violence viscérale permanentes. Le désespoir s'exprime ici sans larme ("Pieure Pas Minou" on te dit !) ni maquillage dégoulinant mais par une insolence et une fureur soutenues par des mots hurlés sans détour ("Mange Merde", "Pauvre ignorant" ...).

Malgré une production minimaliste (mais qui colle très bien au sujet), 2 confirme la montée en puissance et la maturité des poitevins. C'est désormais incontestable, Myra Lee joue du Myra Lee. Sans prendre le chemin de la facilité, en arpentant plutôt le sentier douloureux mais terriblement plus vivifiant d'une sincérité sans équivoque, le combo ouvre une brèche et se targue ni plus ni moins d'une des meilleures sorties emo hardcore de part chez nous ces derniers temps.

A écouter : Hobby Defonce - Vivre Et Penser Comme Des Porcs - Pieure Pas Minou

Myra Lee ( 2004 )

Avec son joli prénom, Myra Lee cache bien son jeu. Sous des traits attendrissants, elle dissimule un visage marqué par la douleur et une sérieuse envie d'exprimer sa rage et d'en découdre. Se montrant à la fois nuancée et caractérielle, il y a de quoi tomber sous son charme. Sans trop s'avancer Myra Lee fait ici figure d'un des plus bels espoirs emo hardcore héxagonal.

A travers ce premier album, les poitevins réalisent une bien belle mixture entre mélodies à fleur de peau et puissance rythmique. A la manière des combos de chez Alchimia Records (Daïtro et Mihaï Edrish ), on ressent vivement un sentiment de désespoir et une atmosphère plongée dans l'obscurité. Comme les formations précitées, Myra Lee use d'assauts noise bien sentis, mais l'ensemble est ici aérée via des parties mélodiques. L'ensemble se révèle donc moins dense mais davantage explosif et entêtant.
Ce premier album est une véritable imbrication saisissante de nombreuses tendances hardcore modernes. Myra Lee explore le filon screamo façon Saetia ("mig 100") mais aborde également des compositions rapides au moule punk hardcore à l'image de "Flowers" et des passages carrément emo et mélancoliques ("Questions"). Sur "Marie" on distingue même une pointe rock'n roll que leurs potes de Loisirs n'aurait pas renié.

Le fait que Myra Lee pioche ça et là les ingrédients de sa musique ne freine en aucun cas son avancée menée tambour battant par une ambiance personnelle et une énergie sincère leur conférant une identité déjà bien cadrée. Ne connaissant pas les premiers travaux du groupe, jeter une oreille sur la précédente démo et le split avec Loisirs m'a permit de constater que les notes de Myra Lee s'étaient grandement alourdies avec l'age. La basse, nettement plus présente, a rendu l'édifice plus sombre et moins enjoué. Au niveau du chant, Myra Lee suit des lignes tantôt hurlées et tantôt claires. L'accouplement des 2 tendances rappelle très fortement les américains de Yaphet Kotto. Autant dire qu'il faudra vous accoutumer à des vocalises pas toujours justes mais terriblement énergiques et vampirisantes.

Malgré une production en demi teinte, Myra Lee signe un album très encourageant qui laisse présager le meilleur. On attendra toutefois pour la suite que la personnalité de la dame s'affirme encore, ce en quoi je ne doute absolument pas.

Télécharger : Flowers

A écouter : Marie - Flowers