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Biographie

My Shameful

Line-up:

Sami Rautio - chant, guitare, clavier
Mario Hahn - guitare
Twist – basse
Mark Napier - batterie
 

  My Shameful est une formation méconnue au sein de scène Doom Death, mais la qualité de ses productions la fait figurer parmi les meilleures formations du genre grâce à un son absolument sans compromis.
Le groupe voit le jour quelque part en Finlande en 1999, fondé par deux amis et collaborateurs de longue date, Sami Rautio et Harri Jussila. Le duo enregistre trois démos avec une boite à rythme durant l’année 2000, Sown in Sadness, Your Dark Overwhelming ainsi que To All I hate, qui sera rééditée l’année suivante par le label italien Nocturnal Music. Grâce à ce coup de pouce, le groupe est vite remarqué et signé par ses compatriotes de Firebox Records.
Cependant, Jussila choisit de quitter le navire, mais Rautio décide de continuer en tant que one-man-band. Il enregistrera tout seul (toujours aidé d’une boite à rythme) le premier album du « groupe », Of All the Wrong Things, qui sort en 2003. Le son est très massif et lent, porté par une voix growl et des hurlements par moments, pareil aux toutes premières productions du genre (Winter). On perçoit des influences de My Dying Bride, mais « sans rien de romantique, juste un son Doom écrasant de lourdeur, sans claviers, cordes ou chant féminin » comme se plait à clamer le groupe depuis ses débuts.
C’est seulement un an après que sort ...of Dust, nouvel album de la « formation », qui pousse plus loin encore que son prédécesseur la lourdeur du son, la fureur de la voix et le caractère funéraire de l’ensemble. Rautio s’entoure peu après de musiciens pour pouvoir enfin donner des concerts et promouvoir ainsi son groupe.
Il faut attendre 2006 pour que My Shameful, avec un line up enfin complet, délivre son troisième album, The Return to Nothing, qui sort le 9 septembre.

15.5 / 20
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Descend ( 2008 )

  My Shameful fait son retour en 2008 après The Return to Nothing, album réussi sur lequel le groupe semblait enfin avoir trouvé la bonne recette (d’aucun diront « naze »). Descend est le cinquième disque des Finlandais, peut-être celui qui leur permettra de véritablement sortir d’un anonymat immérité.

  Et autant bazarder immédiatement toute pseudo-tentative de suspense en disant que ce disque enterre littéralement tous ses prédécesseurs. Même si My Shameful n’a toujours rien d’original, il n’a cependant jamais été aussi noir, aussi malsain, aussi monolithique (d’aucun diront « naze ») qu’ici ; tout respire la mort, la haine, le désespoir. Aucun compromis d’aucune sorte non plus, le groupe reste fidèle à lui-même en évitant le piège du Doom Death mélodique sirupeux franchement chiant (qui a dit Funeral ?).

  On reste donc en terrain connu, même si voir le groupe arriver à pondre un album cohérent de bout en bout (d’aucun diront « naze »), avec une vraie ambiance oppressante et écrasante, fait vraiment plaisir (enfin, si on veut…), surtout depuis que le groupe s’est totalement affranchi de l’influence des omniprésents géants du Big Three. Et puis, grande nouveauté, certaines compos se distinguent clairement et s’imposent, grâce entre autres à leur ambiance maladive, comme les meilleurs titres jamais composés par le groupe (Deity of Retribution qui déborde de rage, This Hate qui suinte le désespoir, Kill the Emptiness et son "refrain" obsédant…). En outre, l’utilisation du chant multiple apporte un réel plus, la superposition chant clair / growl n’étant pas sans rappeler les fameux débuts de Mourning Beloveth, en plus raw.

  Par rapport à l’atmosphère développée ici, ce qui frappe, bien plus que la noirceur ambiante, c’est cette tristesse sous-jacente, ce genre de désespoir amer et cruel des moments les plus sombres qui émane de l’album, et touche réellement l’auditeur un tant soi peu d'humeur à se laisser entrainé dans cette descente (facile). Un disque intimiste donc ? Certainement, ce que rend parfaitement la production étouffée (d’aucun diront « naze ») type Thergothon sur Stream from the Heavens. Après ce disque, on ressort comme lavé, soulagé d’un poids néfaste pour les entrailles (non c’est pas un étron)… Un bon effet cathartique en somme.

  Ainsi, My Shameful suprend son monde, en livrant un des meilleurs disques de Doom Death de l’année. Malgré le fait que personne n’attendait Descend à ce niveau (personne ne l’attendait tout court en fait), peut-être ce disque permettra-t-il enfin au groupe d’être reconnu comme un poids lourd d’un genre (d’aucun diront « naze ») dont les cadors déçoivent de plus en plus souvent (Ataraxie et Evoken sont hors-catégorie, évidemment).

Tracklist : 01. Allconsuming, 02. Deity of Retribution, 03. This Hate, 04. Of Haunting, 05. Kill the Emptiness, 06. Unrepentant, 07. Self-Abuse.

A écouter : Deity of Retribution, This Hate, Kill lthe Emptiness...

The Return to Nothing ( 2006 )

  My Shameful nous revient en cette année 2006 avec un nouvel opus relativement attendu par quelques initiés au sein de la sphère Doom Metal. En effet, de manière clichesque on pourrait dire que The Return to Nothing est l’album charnière de la carrière du groupe, puisque après deux très bons opus enregistrés seuls par Sami Rautio, ce nouveau disque est enfin l’œuvre d’un vrai groupe au line-up stable.

Et le moins que l’on puisse dire, c’est que l’arrivée de vrais musiciens a fait beaucoup de bien au groupe. Attention, que les fans se rassurent, le son propre à My Shameful est toujours d’actualité, il n’est point ici question de révolution sonore ou de changement majeur. Simplement, le fait d’intégrer de vrais musiciens insuffle une énergie nouvelle à la formation, une sorte de souffle créatif et quelque sorte, en ce sens que la direction musicale de la formation n’est plus issue d’une vision unilatérale mais bel et bien l’œuvre d’un groupe, apportant son lot d’idées novatrices.

Ainsi, là où Of All the Wrong Things et ...of Dust manquaient un peu de diversité et d’impact, ce nouvel opus innove en proposant un son réellement surpuissant portés par des musiciens vraiment doués dans leur genre : les guitares sont incisives, les claviers sont discrets mais très efficaces, et le duo basse / batterie apporte sans jeu de mots une grande percussion au tout. L’ensemble est comme auparavant très lent mais magistralement exécuté, donnant dans un Doom Death raw et old school, à l'image de Winter par exemple. Le chant est quant à lui encore plus impressionnant qu’auparavant, une voix growl énorme très maîtrisée qui sait se faire tantôt haineuse, tantôt désespérée, sans doute dû au fait que Rautio a pu pour la première fois se dédier exclusivement aux parties vocales pendant le processus d’enregistrement du disque. Les thèmes récurrents de l’album sont l’apocalypse (This Same Grey Light, Days Grows Darker), l’absence de confiance en soi (It Can’t Get Worse, Silent) et la mort, mis sur papier par Rautio qui signe ici des textes très personnels et touchants.

Si les précédents opus de la formation montraient encore quelques signes de tâtonnements, notamment dans la digestion des influences, ici on sent le groupe sûr de lui et enfin libéré des comparaisons incessantes avec My Dying Bride et Paradise Lost. Ainsi, même si leur influence se fait encore quelque peu sentir (patrticulièrement sur No Dawn), seules Days Grow Darker et Just One avec des passages en chant clair permettent de réellement discerner l’influence d’Aaron Stainthorpe (frontman de My Dying Bride) sur Rautio. Le réel point fort de ce disque est la capacité du groupe à créer des ambiances vraiment prenantes. L’auditeur est ainsi emporté par un flot de haine rageuse, écrasé par une vague de colère ténébreuse et emporté au fond de l’abysse par un désespoir latent, une tristesse toujours présente tout au long de l’album. Un vrai feeling se détache de ce disque, on se surprend même à headbanguer lentement, bercé par une atmosphère étouffante mais irrésistiblement attirante, proche de la transe.

En conclusion, et pour continuer dans le cliché, on pourrait dire que The Return to Nothing est l’album de la maturité pour My Shameful. En effet, on sent que le groupe s’est enfin trouvé, aussi bien musicalement qu’humainement. Le Doom Death old school parvient ici à son apogée, à contre courant de toute la nouvelle vague de groupes pratiquant un Doom Death de plus en plus mélodique. La qualité exceptionnelle de ce disque peut laisser penser que le groupe gagnera une renommée méritée mais qui lui fait encore aujourd’hui défaut. On peut d’ores et déjà considérer cet album comme l’une des meilleures sorties Doom 2006, avec le Veronika Decides to Die de Saturnus.

A écouter : This Same Grey Light, It can't get worse...