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Biographie

Mutiny On The Bounty

Issus des feu Actarus, Ganesha, Treasure Chest At The End Of The Rainbow et Tiger Fernandez, Mutiny On The Bounty (du nom de la célèbre révolte de l'équipage du Bounty, navire de la Royal Navy, contre son commandant William Bligh) naît de la réunion de 4 musiciens luxembourgeois en avril 2004. Attiré par le mélange des genres (math rock, screamo, rock progressif), virtuose lorsqu'il s'agit de faire parler une guitare, MOTB prend très vite les routes des tournées aux côtés de pointures comme These Arms Are Snakes, Pelican ou Engine Down.

Grâce à l'intervention du label New Romance For Kids, le quatuor enregistre un split en 2005 avec Treasure Chest At The End Of The Rainbow, formation dans laquelle joue également Sacha et qu'il abandonnera plus tard pour se consacrer exclusivement à MOTB. Avec un changement d'homme au compteur, l'année 2007 est un tournant pour le groupe, Pi ayant remplacé Dave à la basse.

Deux ans après, sort le premier vrai LP du groupe, Danger Mouth alors que le groupe est amputé d'un de ses guitaristes. 2012 voit la sortie de Trials chez Redflield Records, album qui leur donnera une bonne visibilité en Europe, d'autant plus après des tournées en compagnie de Russian Circles, Biffy Clyro ou And So I Watch You From Afar. En 2015, exit le chant pour un album totalement instrumental, Digital Tropics, sorti lui chez Small Pond Recordings et Deaf Rock Records pour la France.

15 / 20
1 commentaire (14/20).
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Digital Tropics ( 2015 )

Cela fait trois ans que les Luxembourgeois n’avaient pas manifesté signe de vie, trois années constructives car le groupe s’est permis de tourner avec des pointures telles que Russian Circles et And So I Watch You From Afar, deux formations principalement instrumentales qui ont peut-être poussé la Mutinerie à se défaire du chant pour ce troisième album.

Digital Tropics se présente donc avec un espace d’expression total laissé aux instruments, qui doivent tout de même dégager suffisamment de matière pour éviter l’ennui. Objectif atteint, sans doute avec un peu trop de facilité par endroits, le quartet ayant tendance à se reposer sur ses (déjà remarquables) acquis, sur des titres comme Ice Ice Land ou Fin de Siècle, épatants de virtuosité rythmique et mélodique mais sensiblement dénués d’âme. Heureusement la globalité de l’objet casse des nuques et c’est un math-rock aussi festif qu’abrasif qui s’abat dans nos esgourdes sans défense. L’épileptique Strobocop ou le salement remuant et bien nommé dance AUTOMATON dance sont clairement là pour nous faire transpirer à l’envie, tandis que Ballet Mécanique nous fera autant gigoter que planer, le tout porté par une batterie fougueuse et précise, des guitares (presque) toujours ingénieuses et autres nappes synthétiques aux saveurs cyber-punk joliment intégrées aux compositions.

Avec ou sans chanteur, Mutiny On The Bounty reste efficace et inventif, malgré quelques convenances dont on pourrait se passer et qui font perdre un soupçon d’identité à un groupe qui demeure important mais qui gagnerait à dévier davantage des sentiers battus. Digital Tropics donne néanmoins ses lettres de noblesse au math-rock instrumental, par une construction et un déroulement limpides, en plus d’un rendu (live ?) ultra percussif.

A écouter : dance AUTOMATON dance, Strobocop, Ballet Mécanique.
16 / 20
1 commentaire (16.5/20).
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Trials ( 2012 )

Sur scène ou sur disque, Mutiny On The Bounty a toujours concouru dans la catégorie poids lourd. Histoire de ne pas déroger à la tradition, Trials signe une entrée fracassante.

Passé les menues grésillements de "The Long Loud Silence" qui installent une tension avant l'exultation, Mutiny soigne sa sortie du tunnel par une construction d’arpèges enchevêtrées à des riffings écrasants. Le résultat est brutalement savoureux. La rencontre est ardente: "North Korea" est un titre monstrueux. Et rien du reste ne dénote. Les luxembourgeois excellent dans les contrastes. Font montre de leur dextérité quand les tappings l’exigent avant de laisser la technique s’effacer devant l’émotion quand le besoin se fait sentir.

Tout est exécuté d’une main de maître, mais sans jamais que cela paraisse froid. Sans jamais paraître se contenter de réciter une recette ou une équation mathématique. Trials est habité de chair. De bravoure. Qui nuance les niveaux de violence, place les mots par à-coups ("Artifacts", "Statues", "Fiction" qui rappelle qu’il n’y a pas que Foals dans la vie ) et distille les ambiances hypnotiques ("Shadow Figures") ou agressives ("MyanMar").
 
Impulsif, inspiré, brillant et catchy ("For The Men Who Had Everything"), Trials est un album d’une qualité technique rare et d’une énergie à fracturer les enceintes. Un groupe au dessus du lot et sans pareil dans la branche math-emo-hardcore.

En écoute sur soundcloud.

A écouter : "North Korea", "For The Men Who Had Everything"
15.5 / 20
1 commentaire (16.5/20).
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Split avec Treasure Chest At The End Of The Rainbow/ Mutiny On The Bounty ( 2005 )

Trop souvent délaissée par la presse spécialisée, la scène luxembourgeoise trouve pourtant dans sa situation géographique une position musicale atypique, bénéficiant artistiquement de ce formidable carrefour d’influences. Pour ceux qui en doutaient, deux de ses meilleurs représentants, Treasure Chest At The End Of The Rainbow et Mutiny On The Bounty, après avoir écumé les salles ensembles ont concrétisé en 2005 cette entente sur galette.

Treasure Chest At The End Of The Rainbow prend la barre le premier, aiguillant d’entrée sa musicalité vers des tonalités emorock. Les guitares sont allégrement exposées, assorties d’arrangements et d’effets de qualité. Une première voix, haute perchée, décroche les notes principales, avec un swing bien rock, tandis qu’une seconde vient en renfort, par à coups, quand le besoin de colère se fait sentir ("Your Game (Et tu le sais)" ). La dextérité technique et le travail des grattes renvoie aux talentueux Claire de Lune, vers qui la musique de TCATEOTR semble fortement orientée, mais aussi, plus partiellement, vers des piliers du genre comme Further Seems Forever ou Gameface. Avec quelques chœurs ajoutant une belle profondeur à l’expression vocale ("Snake Eyes"), en plus d’un chant en anglais parfaitement maîtrisé ; une poignée d'embardées emocore d’ici de là ("Set Sail Across The Universe"), le quatuor reprend les fondamentaux des années 90 pour se démarquer de la vibe estampillée "cru 2000’s". Soigneusement ficelé et rondement exécuté, on ne fera un bémol que sur une personnalité propre qui aurait pu être davantage marquée.

Les révoltés du Bounty reprennent la trame sans se faire prier. Math rock au bout des ongles, conduite ambitieuse et alambiquée, le combo de Lux’ ficelle ses morceaux avec une technicité grandiose ("Mutiny In E"). Déjanté, ondoyant, c'est un véritable concert de maestro auquel se livre les deux guitares (Chico Y Consuela). Si les manches et les cordes accrochent ciels et terres, MOTB ne se recherche pas à tout prix la démonstration, se laissant aller à un groove plus Mars Voltien dans l’introduction de "World Domino Championship", ou à un assaut de véritables corsaires avec la terrible "Horton Hears A Who". Par son goût de l’éclectisme, sa double facette et son amour des compositions tortueuses, Mutiny On The Bounty organise ainsi une forme de rencontre entre North Of America et Fall Of Troy, avec une pointe screamoïque au bout des efforts, rappelant les américains de Bright Calm Blue. En live, la prestation relève de la performance, explorant toute la géographie des partitions, au travers des moments de tapping ahurissants.

En 4 titres chacun, les deux groupes compatriotes ont perpétué la tradition de tout une scène underground mettant à profit ce type de collaboration pour se faire connaître et sortir de l’anonymat. Avec le potentiel entraperçu, nul ne doute que le passage à la lumière ne devrait pas tarder à arriver, principalement pour Mutiny On The Bounty, dont la sortie d’album est prévu pour l'automne prochain.

A écouter : "Snake Eyes", "World Domino Championship", Horton Hears A Who"