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Biographie

Mushroomhead

Actif depuis 1993, Mushroomhead impose d'emblée son unicité. Sur scène, le combo impressionne avec ses airs de commando : avec leurs tenues militaires, leurs masques et maquillages, les 8 membres du groupe véhiculent une image intrigante et théâtrale, taillée pour leur musique sombre.

Ce groupe venu de Cleveland a déjà sorti trois albums en indé lorsqu’il signe en 2001 chez Universal. Paraît alors XX, compilation de titres re-mixés issus de ceux-ci. (Le groupe évoluant masqué ou grimmé et étant composé de presque autant d'instrumentistes — huit contre neuf  — beaucoup les voient comme un sous-Slipknot Pourtant, bien que révélé aux Européens plus tardivement que leurs compatriotes, le groupe est né bien avant.) XX permet donc de pénétrer l'univers musical du combo, et d'y constater une inclination prononcée pour le métal industriel. Et déjà, des compositions atypiques piochant dans des répertoires variés : chant alternant grondements death et grind, parties heavy et mélodiques et scansion rap ; claviers ambiants gothiques ; samples et rythmiques indus. En somme, Mushroomhead brasse plus large que la majeure partie des autres combos néo — un genre dont il est un plus discret précurseur que les Fear Factory, Deftones, Korn ou encore Faith No More.

Fin 2003, paraît leur 4e album (le premier véritable album pour Universal), XIII, qui démontre l’ingéniosité et le talent de l’octet.

Chronique

14 / 20
26 commentaires (16.73/20).
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XIII ( 2003 )

Le néo-metal aura surtout été un grand bal d’imposteurs. Gesticulations, cris éplorés, poses d’épouvantails : l’image aura trop souvent relégué la musique dans son ombre arrogante. Et les puériles agitations de Fred Durst et autres grimaceurs constipés auront plutôt soulevé une brume de blablas imbéciles et l'enthousiasme des pascalnègres, que l’admiration. Une brume qui n’aura pas toujours permis de distinguer les plus inspirés, d'ailleurs, mais qui aura en tout cas enrichi les médiocres — de Papa Roach à Crazy Town, en passant par Adema, Linkin Park ou Staind. En quelques années, les majors ont signé indistinctement toute une myriade de groupes-à-grosses-guitares-et-chanteurs-énervés. Parmi ceux-ci, une majorité de charlatans, mais aussi quelques formations dignes d’intérêt. Mushroomhead est de celles-ci.

Fin 2003, ce groupe, parmi les plus déroutants et méconnus du métal américain sortait son quatrième album. De riffs plombés en atmosphères claustrophobes, le combo accouchait là d’un des meilleurs albums metal de l’année.

Confusion et instabilité

Alors que tant de groupes metal américains accouchent d’albums massifs et uniformes, le groupe surprend par la variété et l’aspect déroutant et imprévisible de ses compositions. A l’instar de Mother Machine Gun, qui débute avec un piano mélancolique, souligné par la basse et une nappe de synthé, soudain chaviré par la brutale immixtion des guitares et du chant. Un titre qui résume XIII — espace de confusion et d’instabilité, où le calme est toujours précaire. Car au cœur du chaos, le groupe ménage l’auditeur avec quelques îlots de semi-quiétude, qu’il s’agisse de "ballades" lourdes et malades (Nowhere To Go, One More Day, Our Own Way), de stoner (Almost Gone) ou de trip electro-indus ambiant (Thirteen). Mais tout autour, pleuvent riffs brûlants et rythmiques martiales (comme le très industriel The Dream Is Over, avec le chanteur Jens Kidman, de Meshuggah, en guest) : tout vacille et succombe sous la machine de guerre Mushroomhead.
Lourd et nerveux sans jamais sembler gratuitement agressif, XIII combine une variété d’influences très vaste. Bien que ne sonnant comme aucun autre groupe, Mushroomhead évoque un mélange détonant de Faith No More, Fear Factory (frappant sur Eternal), Pantera, Ministry (ce qui est plus probant sur XX), de rock gothique, d’electro et de rap-metal (écouter l’excellent Sun Doesn’t Rise).
A l’image de la pochette, cet album est mystérieux, sombre, déroutant mais fascinant. Car tout en assumant une diversité d’ambiances, XIII demeure cohérent, maintenant de bout en bout une certaine tension. Laquelle ne se relâche que sur le dernier titre, Thirteen, pièce electro ambiant, à base de synthé et de samples (rires de bébé, crépitements de disque vinyle, cornemuse). Avec en bonus, une reprise metal du Crazy de Seal pas piquée des hannetons.

A écouter : Kill Tomorrow, Nowhere To Go, The Dream Is Over, Destroy The World Around Me, Thirteen