Biographie

Múm

Múm s'est crée en quatuor en 1997. 2 hommes, Gunnar Örn Tynes et Örvar Þóreyjarson Smárason et 2 jumelles Gyða et Kristín Anna Valtýsdóttir (aujourd'hui épouse de Avey Tare de Animal Collective) qui se cachent derrière un nom où deux éléphants enlacent leurs trompes. Alors que les membres bénéficient de backgrounds musicaux variés (allant de l'amiga-core à la formation classique), Múm se fait reconnaitre pour sa délicate musique entre electronica et glitch, mêlant instruments traditionnels et non-conventionnels à la voix innocente et si particulière de Kristín Anna Valtýsdóttir, pour constituer un univers merveilleux et enfantin.

Entre quelques collaborations avec d'autres artistes islandais (Sigur Rós, Kira Kira, Ólöf Arnalds entre autres), le groupe commence son odyssée en 2000 avec Yesterday Was Dramatic, Today is OK. Dès lors, les sonorités électroniques de Múm ne cessent de charmer, que ce soit avec Finally We Are No One, en 2002 ou Summer Make Good, en 2004.

Faisant suite aux départs des jumelles (Gyða, en 2002, partie reprendre ses études et Kristín, en 2006), Múm se réduit à un duo pour sortir son dernier album en date, Go go Smear the Poison Ivy, en 2007. Les deux piliers du groupe s'entourent alors d'autres musiciens pour la tournée de l'album, lequel marque un changement important pour le groupe qui évolue alors dans une atmosphère plus pop, délaissant l'electro féérique qui faisait sa spécificité pour des mélodies orientées plus grand public.

Chronique

Sing Along to Songs You Don't Know ( 2009 )

Sing Along to Songs You Don't Know se veut une ode du renouveau. D'abord, pour un pays, l'Islande, plongé en plein marasme économique, comme une invitation à reprendre goût à la vie, à se remettre à chanter, à inventer et à ne plus penser. A aller de l'avant pour chasser les mauvais souvenirs (Prophecies & Reversed Memories). Pas tous, cependant.

Sing Along... est aussi une incitation à retrouver une légère insouciance. Celle d'une enfance dorée qui s'éveille au monde. Chagriné depuis le départ des jumelles Valtýsdóttir qui faisaient la voix du groupe, les deux piliers masculins restants de múm se sont essayés à explorer le monde à leur manière. Go Go Smear The Poison Ivy était un disque trébuchant, craintif et peu imaginatif. Ce nouvel album se veut un nouveau départ, un oeil bienveillant sur le passé, l'autre défiant le terrain en friche à parcourir.
Pour ce faire, Tynes et Smárason se sont entourés de nouveaux camarades de jeu (dont la violoncelliste Hildur Guðnadóttir, auteure d'un album solo remarqué -et remarquable- plus tôt dans l'année, Without Sinking) et se sont aventurés sur un nouveau playground, l'Estonie, remodelant les règles du jeu pour en faire leur propre création.

Dire que múm a quitté le giron protecteur de ses compositions précédentes ne fait désormais plus aucun doute. Même si on retrouve ci et là quelques touches nostalgiques (l'accordéon, les cuivres étouffés), múm a délaissé son electronica enfantine, naïf et hésitant, pour un modèle plus folk, plus direct et plus joueur, également (le facétieux Kay-Ray-Ku-Ku-Ko-Kex); choeurs, cordes, cuivres expressifs et sonorités éparses emmêlées comme pour taquiner son auditeur. Le travail collectif du groupe apparaît ici au grand jour: là où le timbre de Kristín Anna Valtýsdóttir personnifait le groupe, il s'agit de le repenser maintenant comme une bande de joyeux drilles, se redécouvrant une seconde jeunesse (The Smell of Today Is Sweet Like Breastmilk in The Wind et ses accents très typés Architecture in Helsinki) où les voix se font multiples, alternant onomatopées joyeuses (Hullaballabalú), "lalala" salvateurs et balades plus confidentielles (la magnifique Blow Your Nose, violoncelle et glockenspiel de sortie).

N'avoir rien eu à attendre du groupe, après son Go Go... décevant joue certes sur l'impression, plutôt positive, que laisse Sing Along to Songs You Don't Know. On ne peut, néanmoins, oublier que le groupe reste sur une corde sensible, alternant le bon (Blow Your Nose, A River Don't Stop to Breathe) et le franchement niais (Sing Along, Show Me), qui vient casser la dynamique de l'album. C'est ce qui fait la faiblesse d'un disque sur lequel on ne reviendra qu'en manque de poptronica gentillette, c'est à dire, avouons-le, pas très souvent, lui préférant un retour sur les précédentes productions ou la disciple Kira Kira. C'est ce qui doit, aussi, résulter des divers tatônnements pour (re)trouver une identité propre. Pas facile, mais appréciable après avoir enterré les islandais un peu trop vite.

A écouter : En faisant table rase du pass