Biographie

Mugison

Prédestiné Örn Elías Guðmundsson? Fils d'un homme star du karaoké en Malaisie, Mugison (c'est son nom de scène) est né en Islande en 1979. Avant de quitter son île pour Londres aux débuts des années 2000, cet étrange troubadour a déjà pas mal bourlingué: marin, clown pour enfants, coursier et enfin agent de conditionnement dans une usine de poissons, ultime étape avant de s'emparer de sa guitare et de son ordinateur.

Lonely Mountain, album electro folk, sort en 2003 sur Accidental Records. Mettant alors en avant son côté folk façon Bonnie 'Prince' Billy et ses bidouillages totalement décalés, Mugison enregistre, avec d'autres musiciens (Mugimama et Mugimaster), Mugimama, Is This Monkey Music? en 2006. Un album qui le révèlera dans son pays puisque la même année, il repartira avec les awards islandais de la meilleure chanson, du meilleur album, du meilleur artwork et du meilleur performer! Mugimama... se vendra à 8,000 exemplaires en Islande, un pays qui compte seulement 300 000 habitants.

Aspirant à ouvrir plus encore ses mélodies et à poursuivre ses collaborations en groupe après quelques participations à des bandes originales de film, Mugison sort Mugibooggie en 2007, qui vient confirmer le talent d'un artiste toujours plus enlevé et toujours plus rock 'n roll. L'album débarque en Europe en 2008.

Chronique

Mugiboogie ( 2007 )

Il y a quelque chose de formidable à regarder un caméléon jouer de la musique. Islandais qui plus est. Drôle d'animal musical que voilà. Abandonnant la solitude et le discret do it yourself en chambre de ses deux premiers albums, Mugison s'est déplacé jusqu'au garage, s'est entouré d'un vrai groupe, a enfilé sa banane et ses lunettes pour livrer son album le plus sonore et le plus rock 'n roll de sa discographie.

Sans nul doute, la première piste éponyme ne dément pas les promesses de Mugiboogie. Les claviers groovy sont de sortie, les riffs bluesy s'enchainent et la voix de crooner vient saturer le micro. La messe est dite, l'islandais va se livrer tout au long de l'album à une performance déjantée que ne renierait pas un Jack White (The White Stripes); un parallèle pas si saugrenu quand on connait l'énergie des deux artistes et, surtout, la sincérité qui transpire de leurs riffs en forme d'hommage au rock des années 60 / 70.

Swingant entre des notes toutes plus folles les unes que les autres (le solo final et déchirant de "Jesus Is a Good Name to Moan") , Mugison lâche sa voix, improvise et en appelle aussi bien aux Beatles ("George Harrison") qu'à Black Sabbath (la crasseuse "Two Thumb Sucking Son of a Boyo"), comme si ces idoles s'étaient donné rendez-vous dans un saloon pour un jam jusqu'au bout de la nuit. Ce qui suppose également, entre deux verres de whisky, que l'islandais nous gratifie de ballades pleines de nostalgie comme ce "Deep Breathing" dédié à sa maman ou l'acoustique "My Love I Love" qui nous replongent l'espace d'un instant dans ces précédents Travaux.

Un boeuf géant entre vieux briscards usés mais heureux de se retrouver, pour un tableau final fédérateur; une "Sweet Melody" qui pousse les tables et les chaises au fond du bar, installe Tom Waits et Nick Cave au centre de la salle, entourés par un public enfumé qui joue les choeurs, en parfaite et intense communion avec les musiciens; une "Sweet Melody" enivrante et sans fin dont les dernières notes résonnent encore au lever du soleil.

Surprenant dans la discographie d'un Mugison pourtant toujours aussi déluré, Mugiboogie est un voyage dans le temps, véritable aspiration à rouler sa bosse, un retour aux sources bluesy salvateur qui peut se targuer d'écumer les tripots en bonne compagnie. Ce genre d'endroit où chaque note se déguste comme un good ol' whisky.

A écouter : Mugiboogie - Jesus Is a Good Name to Moan - Two Thumb Sucking Son of a Boyo - Sweet Melody
Mugison

Style : Electro-Rock / Pop-Folk
Tags :
Origine : Islande
Site Officiel : mugison.com
Myspace :
Amateurs : 1 amateur Facebook :