Biographie

Mouse On The Keys

Mouse On The Keys s’est formé à Tokyo, de la réunion de deux ex Nine Days Wonder (goupe de post-rock ) - Akira Kawasaki (batterie, clavier) et Atsushi Kiyota (piano, clavier) -  et de Daisuke Niitome (piano Clavier) qui avait principalement collaboré jusqu’alors avec des groupes funk/hip hop. Aux confluents du jazz, du rock et du classique, Mouse On The Keys enregistre un premier Ep Sezession en 2007 et un album An Anxious Object l’année d’après via Machupicchu Industrias. En 2010, afin d'avoir une meilleure visibilité, ces deux efforts font l’objet d’une réédition et d’une nouvelle distribution en Europe par le biais de Denovali (Celeste, Fall Of Efrafa). Groupe sensation en vue.

Chronique

15 / 20
5 commentaires (15.7/20).
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An Anxious Object ( 2010 )

Si l’originalité méritait des lettres de noblesse, alors il conviendrait d’anoblir Mouse On The Keys sur le champ: Le Pays du soleil levant en patrie ; deux pianos, une batterie en hymne ; du jazz et du rock en étendard. Cérémonial.

C’est le coup de force du trio – immédiat et instantané – de parvenir à faire sonner des pianos comme des guitares, à jouer du math-rock avec des instruments de jazz tout en organisant une fusion entre passé et présent, efficacité et complexité. Aussi, pour dire tout dès son entame, Completed Nihilism nappe son introduction d’un crescendo de notes aigues puis darde sa partition avec Spectres de Mouse, aux bonds rythmique et à la technique imparable. La base est harmonique, l’exécution est déstructurée. Comme si tout avait été composé simplement au gré des envies et des inspirations, sans rechercher d’ossature rigide. La trompette de Seiren ou les accords timides de Dirty Realism comme pour démontrer que MOTK sait jouer simple et classique quand l’émotion l’exige, c’est principalement dans la déconstruction que les japonais réalisent ses plus belles prouesses, poussés certainement par les expérimentations de Kashiwa Daisuke ou le mélange J.Rock/Post Rock réussi de Te'. Car l’ombre du pays nippon et ses traditions symphoniques n’est effectivement jamais loin (Forgotten Children), ce qui laisse à savourer une forme atypique d’une tradition musicale revisitée par un prisme avant-gardiste. An Anxious Object utilise des mots du passé mais parle avec un langage du futur.

Le léger reproche, s’il y a, c’est de ne pas maintenir sur une constance parfaite le niveau d’excellence et d’imagination. Il est donc possible que certains décrochent sur la durée. A contrario, ce qui fait la maestria du groupe, c’est de ne jamais verser dans l’excès de démonstration, de garder, à l’image de son packaging magnifique, le sens des nuances, pour donner des silhouettes sonores à ses envolées lyriques et des luminosités aux ombres. L’EP Sezession n’était donc pas un cas isolé.

En écoute sur myspace ou sur denovali.

A écouter : "Spectres De Mouse"