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Biographie

Mors Principium Est

Mors Principium Est nait en 1999 à Pori, Finlande, sous l’impulsion de Jori Haukio (Chant / Guitare), Jarkko Kokko (Guitare) et Toni (Claviers), Mikko Sipola (Batterie) les rejoignant peu après. En 2000, Jori décide d’arrêter de chanter pour se concentrer sur son jeu de guitare, Ville Viljanen devient alors le nouveau chanteur du groupe. La première démo est enregistrée sans basse. Listenable Records, le label français, se montre intéressé, mais souhaite la présence d’un bassiste à temps complet. Teemu Heinola intègre alors la bande. Deux autres démos voient le jour en 2001 et 2002, suite à quoi Listenable Records signe le groupe pour trois albums. Le premier Inhumanity est enregistré et mixé par Ahti Kortelainen, aux studios Tico-Tico, masterisé au Finnvox et sort finalement au printemps 2003. Le second voit un changement de claviériste (Joona Kukkola occupe désormais ce poste), l’apparition de voix féminines apporte un gros plus par rapport à son prédécesseur. Puis, Liberation = Termination sort en 2007. Leur musique est un Death Metal Mélodique véloce directement inspiré de Dark Tranquillity, In Flames et Soilwork, style auquel il redonne un nouveau souffle grâce à ses compositions complexes et à des ambiances cybernétiques originales.

Néanmoins, le combo subit un gros passage à vide après la sortie de Liberation = Termination après une ascension musicale qui les place comme groupe de référence dans le genre. Jori Haukio, Joona Kukkola et Jarkko Kokko quittent le groupe respectivement en 2006, 2007 et 2009. S'en suit une valse de guitariste : Tomy Laisto reste au sein de la formation entre 2007 et 2011, Karri Kuisma une seule année en 2007, Tom Gardiner également en 2008 et Kalle Aaltonen reste deux ans mais quitte le combo en 2011. Ville, Mikko et Teemu trouvent finalement deux nouveaux guitaristes qui resteront un peu plus longtemps dont Andy Gillion et Andhe Chandler. Alors que l'on pensait la formation morte et enterrée, ...And Death Said Live, quatrième opus de Mors Principium Est voit le groupe renaitre de ses cendres et continue dans la lignée de ce qu'il proposait une décennie plus tôt. Fort s'une signature chez Afm Records, le groupe embraye avec Dawn Of The 5th Era en 2014 où Kevin Verlay remplace Andhe Chandler en tant que seconde guitare. Embers Of A Dying World est composé à quatre musiciens où seul Andy reste à la guitare et l'album sort en 2017 toujours chez Afm Records. Hélas en 2017, puis en 2020, Mikko Sipola qui était à la batterie depuis 1999 et Teemu Heinola qui était à la basse depuis 2001 quittent Mors Principium Est laissant les suédois sans support rythmique. Depuis 2020, Mors Principium Est est donc un duo constitué de Ville Viljanen (Chant) et Andy Gillion (Guitare / Claviers). Ils sortent l'album Seven fin 2020 et c'est Marko Tommila qui c'est occupé des parties de batterie pour l'album.

Seven ( 2020 )

En 2020, Mors Principium Est, groupe de Death Metal Mélodique finlandais, est désormais considéré comme un duo, un format peu commun dans le genre. C’est surtout un bon gros bordel de line-up dans la formation connue pour avoir livrée deux trois bons brûlots dans le genre dans les années 2000. Sept albums au compteur, Seven comme nom (quelle originalité) et soutenu depuis une décennie par un label qui concilie l’infâme, le kitsch et parfois, quelques fulgurances on ne sait trouvées où qui se nomme Afm Records.

Soyons clair d’emblée afin de dissiper quelques doutes, Seven est probablement le meilleur album de Mors Principium Est depuis The Unborn (15 ans d’écart tout de même) et osons même d’avantage, l’un des plus flamboyants albums de Death Metal Mélodique de ces dernières années. On y retrouve le chanteur Ville Viljanen, le seul membre originel de la formation et Andy Gillion, guitariste depuis 2011 en membres officiels et le batteur Marko Tommila (présent aussi sur Liberation = Termination) qui revient taper quelques cymbales. D’ailleurs, le fameux Andy remet la guitare au premier plan, en relayant les claviers au fond de la classe, pas tout à fait comme un ornement non plus, mais sans être un élément significatif de la musique de Mors Principium Est. Il est évident que le bougre a bouffé un lion et revient en forme comme après une trace de cocaïne sur la table basse. La signature est toujours un Death Metal avec des riffs Thrash, quelques pointes de Heavy également, mais surtout une grosse dose de mélodies. Mais pas celles calée ici où là pour faire bien ou un peu accrocheur. En fait, pour faire simple, chaque lignes mélodiques de Seven buttent et vraiment. On insiste, vraiment. Pas une n’est à jeter, chacune a quelque chose à dire, sont efficaces en diable, et ont un véritable propos, un déroulement, un dialogue. Rarement un album de Death Metal Mélodique, n'aura été autant écrit pour mettre une guitare en avant, comme principal personnage de l’histoire.

Et de fait, tout semble couler de source. Bien sûr le chant de Ville est conforme à ce que l’on attend du genre et Marko fait du très bon travail avec des rythmiques véloces et une manière de suivre les riffs et les mélodies calées au poil de fesse. Encore une fois c’est la guitare qui mène la danse et amène toute la sève de cet album. Dans ces mélodies on (re)trouve beaucoup de ce côté épique (sans l’aspect cyber des débuts de Mors Principium Est). C’est à la fois présent dans les riffs, les leads, mais aussi quelques soli qui sont tous superbement bien placés. Du coup, dix titres = dix tubes. C’est simple tout est ultra accrocheur, superbement composé et chaque idée mélodique à sa place, se succède à une autre de façon de manière très fluide. Comprenez, on n’a pas à faire à du In Flames nouvelle génération, avec des refrains pauvres et deux / trois mélodies éculées comme chez Arch Enemy qui recycle des patterns de guitare que l‘on connait depuis 15 ans. Mors Principium Est va chercher au fond des tripes et témoigne d’un talent d’écriture, vraiment, vraiment rare. Ce n’est pas qu’ils sonnent originaux, se permettent des structures folles ou réinvente un genre. Ca on s’en fout, eux ils ont la fougue d’une jeunesse retrouvée et font mieux que ça, ils le sublime. A partir de choses connues, ils le transforment en or. Combien de groupes sont capables, dans une formule tellement cadrée ou connue, de revenir aussi en forme et à faire péter les parois d’un genre qu’on pensait bien trop éculé ?

Mors Principium Est est là, plus en forme que jamais, plus créatif qu’on ne l’aurait jamais pensé, surtout après autant de déboires. Mais en un album, ils font leçon d’un magnifique album de Death Metal Mélodique, d’une fougue et d’une vigueur beaucoup trop rare. Difficile de citer un tire plutôt qu’un autre dans cet album, car encore une fois, sur les dix titres chacun est une pépite, mais écoutes In Frozen Fields qui ressemble au moins en son début dans ce que pourrait faire Children Of Bodom à son meilleur, vingt ans plus tôt. C’est triste car Children Of Bodom dans ses disques récents et avec la disparation d’Alexis Laiho, ne reviendra jamais à ce type de morceau. Par contre Mors Principium Est l’a fait et l’on ne peut que saluer un tel talent, une telle envie et une telle maitrise de leur savoir-faire. Seven est un nom nul, mais un sacré disque de Death Metal Mélodique comme on en fait plus.

14.5 / 20
3 commentaires (16/20).
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…And Death Said Live ( 2012 )

On l'aura attendu ce nouvel album de Mors Principium Est. Cinq ans après un Liberation = Termination pas franchement à la hauteur de la tuerie The Unborn, il est enfin là, après de multiples déboires. Les guitaristes se sont succédés, le claviériste s'est perdu dans la nature et la recherche d'un label a été rude, mais ...And Death Said Live est désormais à flot pour un groupe qui veut nous faire croire en sa bonne santé, après un split évité de justesse. Reste à voir si les finlandais vont réussir à nous surprendre.

Et ça commence plutôt bien. Mors Principium Est reprend là où ils ont déposé les armes il y a cinq ans, sans surprise, dans un style Death / Thrash mélodique à la scandinave dont on connait les ficelles par cœur, avec en mémoire des groupes comme Soilwork ou In Flames toujours présents sur la scène depuis des années. En plus agressif néanmoins, ce qui a toujours fait la force de frappe des finlandais, mais en alliant un côté très mélodique à leur morceaux. Il suffit d'en écouter à peine 30 secondes pour se rendre compte que leur touche unique et leur son demeure intact, malgré les changements incessant de line-up. Visiblement les deux nouveaux guitaristes ont été bien formé et sont capable d'enchaîner les leads mélodiques à toute vitesse (Dead Wings Of Hope) et les gros riffs thrash massif irrésistibles (Departure) soutenus par un batteur au jeu quasiment robotique à la rigueur destructrice. Gros plaisir également de retrouver la signature vocale de Ville Viljanen qui en impose sacrément derrière son micro, sans concession, avec des phrasés à 200 à l'heure, sans temps mort, sans un putain de chant clair à l'horizon. Outre cette efficacité redoutable, l'intérêt de Mors Principium Est, c'est cet aspect moderne, presque Indus par moment, qui se détachait de leurs compositions qui se traduisait par des nappes de synthé et d'éléments électroniques. Si le combo a préféré continuer sans claviériste, ce type d'ambiance est heureusement toujours présente (Birth Of The Starchild, le début de Destroyer Of All), mais utilisé avec parcimonie. En sommes, un trait d'union entre le futurisme de The Unborn et le côté plus direct de Liberation = Termination. Reconnaissons aussi l'excellence de plusieurs titres dont certains vont directement dans le top des compositions du groupe avec en vrac les terribles mélodies de I Will Return et de Bringer Of Light ou le tellement épique Dead Wings Of Hope et sa profusion de notes dans tous les sens. Difficile de trouver quelque chose à redire au nouvel effort de Mors Principium Est, tant les finlandais tiennent la barre jusqu'à la fin du disque avec une leçon de Death Metal mélodique carré et intense.

Mors Principium Est ne prend pas beaucoup de risque avec ce ...And Death Said Live  et pour la surprise de taille, on repassera. Il est évident que les guitaristes n'ont pas encore tout à fait le niveau par rapport à ce qui se faisait avec The Unborn (la barre était placée très haute), mais ils font leur possible pour rendre le disque dynamique, varié et plutôt accrocheur. Après avoir passé cinq ans sans nouvelles du combo, difficile de faire la fine bouche et d'en demander plus. Un bon retour qui fait plaisir donc, surtout que l'album monte en puissance au fur et à mesure des écoutes, la nostalgie jouant aussi son rôle. 

A écouter : avec nostalgie
13 / 20
8 commentaires (17.13/20).
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Liberation = Termination ( 2007 )

Après L’excellent « The Unborn » qui avait surpris tout le monde en proposant un véritable renouveau du Death Mélodique à la suédoise, Mors Principium Est nous revient en ce début d’année avec le très attendu Liberation = Termination.

Dès la première écoute, le constat est sans appel : cet album est sans conteste le plus rapide et le plus agressif de la discographie du groupe. Le tempo est plus élevé que par le passé, les solos plus techniques. La production est quant à elle davantage portée sur l’agressivité des guitares et de la batterie. En clair, le groupe a voulu développer l’aspect « rentre dedans » de sa musique.
Et cela fonctionne sans aucun problème, l’album s’écoute très facilement et avec plaisir. Le fait que la musique du groupe soit devenue plus complexe et technique n’altère en rien l’aspect accrocheur que l’on connaît depuis The Unborn, les claviers étant toujours présents pour contribuer à créer des ambiances que l’on pourrait qualifier de mystiques.
Mais là où le bât blesse, c’est justement dans l’aspect trop facilement assimilable des morceaux qui composent cet album.Le groupe connaît très bien les codes du Death Mélodique comme il le pratique, ce qui lui assure de produire de bons morceaux et de contenter les fans. Cependant, il peine à se renouveler ou à surprendre. On a de ce fait le sentiment d’avoir fait le tour de l’album assez rapidement. Bien qu’efficace et bien fait, il ne provoque que très rarement la surprise.
De plus, Liberation = Termination contient moins de refrains mémorables que The Unborn, à l’exception de celui de « The Oppressed Will Rise », moment fort de l’album.

En clair, avec ce nouvel album, moins porté sur les chœurs féminins et les orchestrations que The Unborn, le groupe perd en richesse et en personnalité là où il gagne en accessibilité et en efficacité.

A écouter : The Oppressed Will Rise, Cleansing Rain, Sinners Defeat
16 / 20
3 commentaires (15.5/20).
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The Unborn ( 2005 )

Le précèdent et premier album de MPE leur avait permis de se faire connaître. Avec celui-ci, les finlandais, qui ont la particularité d'être signé sur un label français, marchent dignement dans les traces de leurs aînés, Dark Tranquillity, In Flames et Soilwork. La musique de MPE est en effet un death mélodique typiquement scandinave qui allie à la perfection l'agressivité et le mélodique.

Le style paraissait en perte de vitesse, sans évolution notable. MPE arrive donc juste à point pour lui redonner un second souffle. Grâce à des ambiances inédites générées par des nappes de synthés futuristes, proches du cyber metal, et des riffs redoutables, le tout agencé de main de maître, aucun morceau ne paraît inférieur à un autre. La composition joue sur la diversité au sein des morceaux, alternant la vitesse du thrash, la brutalité du death et des passages mélodiques qui en ressortent d'autant plus.

La principale qualité de MPE est d'harmoniser tous les éléments classiques du death mélodique en y ajoutant leur propre personnalité, le tout avec une maturité étonnante quand on sait qu'il s'agit seulement de leur second album. Les différents ingrédients s'intègrent harmonieusement, MPE maîtrise son sujet et cela se sent à l'écoute de l'album.

Le groupe possède de plus un guitariste hors pair en la personne de Jori Haukio, dont les solos sont simplement magnifiques, tout étant d'une technicité remarquable, ce qui ne gâche rien, bien au contraire. Celui au milieu de Two Steps Away notamment est exceptionnel de densité, de dextérité et de beauté, le tout soutenu par des claviers discrets. MPE, c'est aussi des redoutables lead guitares comme on en entend malheureusement de moins en moins et qui nous entraînent à un rythme enlevé, en ménageant juste assez d'air pour respirer avant le prochain riff.

L'ensemble est impeccablement ciselé, ne laissant rien au hasard, mais ne cédant jamais à la facilité. Le chant teigneux fait ressortir le côté death, ainsi qu'une certaine mélancolie et alterne avec les rares apparitions d'une voix féminine (Maiju Tommila) qui ajoute une dimension éthérée aux morceaux sur lesquels elle apparaît. Recrutée au conservatoire voisin, la demoiselle s'intègre remarquablement bien dans la musique de MPE, que ce soit sur les parties chantées (Pure) ou chuchotées (The Glass Womb).

On a beau se dire que le groupe n'invente rien et profite très certainement des expériences de ses aînés, on ne peut rester de marbre devant ces titres, entre précipitation et douceur, accompagnés de deux instrumentales mélancoliques. On a aussi droit à deux titres bonus, sur la version digipack, dont une reprise de Megadeth (Blood of Heroes).

Grâce à cet album, les finlandais de MPE se posent en chefs de file d'une nouvelle vague de thrash/death et prouvent qu'il existe bel et bien une alternative au ramollissement en nous proposant un album qui tire la quintessence de son style.

A écouter : Pure, Parasites of paradise, Two steps away, The unborn