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Biographie

Modest Mouse

Tirant son nom d'un roman de Virginia Woolf, Modest Mouse se forme en 1993 sous l'impulsion du guitariste / vocaliste Isaac Brock. Le groupe sort un premier EP (Blue Cadet-3, Do You Connect?) en 1994 puis son premier long format en 1996. Le son indie de Modest Mouse grave pourtant ses lettres de noblesse avec The Lonesome Crowded West en 1997 et The Moon And Antarctica, en 2000.

Lignes vocales maladroites révélant une vraie fragilité, basse ronde et mélodies froides, le style de Modest Mouse se pose et évolue vers une dynamique plus pop et enjouée lors de la sortie de leur best-seller, Good News for People Who Love bad News (2004) et nominé pour le Grammy du meilleur album de rock alternatif. Un succès public que confirme We Were Dead Before The Ship Even Sank en 2007.

Malgré un line-up fluctuant, on retrouve Modest Mouse, en 2009, sous la forme suivante: Isaac Brock (voix, guitare), Eric Judy (basse), Johnny Marr (ex-The Smiths, guitare), Tom Peloso (guitare), Jeremiah Green (batterie), Joe Plummer (The Shins, batterie).

Chronique

12.5 / 20
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No One's First, And You're Next (EP) ( 2009 )

De la même manière que Everywhere And His Nasty Parlour Tricks (2001) faisait le point sur la première période de Modest Mouse en livrant quelques unes de ses early b-sides, ce No One's First And You're Next réitère l'opération, cette fois-ci deux ans après We Were Dead Before The Ship Even Sank (2007) qui aura vu le combo diversifier ses approches musicales et peu à peu délaisser le froid de ses mélodies pour un résultat voulu plus festif et bariolé.

Cet EP ne dit pas autre chose, qui regroupe quelques morceaux issus des dernières créations de Modest Mouse. En ce sens, il est dispensable. Déjà que cette Good News for People Who Love Bad News et We Were Dead... n'avaient pas forcément emporté l'adhésion qu'on espérait, musicalement parlant - la faute à un songwriting blasé et facile malgré quelques trouvailles heureuses. Une compilation de faces B, donc de titres qui n'ont pas été retenus pour figurer avec les faces A ne relèvera pas franchement le niveau. Le son des guitares, autrefois mordant, est ici étouffé, dépourvu de créativité ("Satellite Skin"), se contentant de quelques notes claires, joueuses ("Guilty Coker Spaniels") en guise de miettes à picorer. La majeure partie de No One's First... sonne convenue, avec son indie rock rentré dans le rang. Même la voix de Isaac Brock et son phrasé délicieux n'a plus l'impact qu'inspirait la solitude de The Moon & Antarctica (qui restera comme le chef d'oeuvre du groupe jusqu'à nouvel ordre). "Autumn Beds", "Perpetual Motion Machine" (malgré son banjo, ses trompettes) manquent d'une dynamique surprenante, d'une cohérence interne qui donneraient une quelconque épaisseur au disque. Bref, les morceaux déroulent, jamais bons, jamais trop mauvais.

Comment expliquer, alors, que deux des meilleurs titres jamais écrits par le combo se retrouvent ici? "The Whale Song" et "King Rat", pourtant radicalement différents, ont en commun leur longueur (plus de 5 minutes chacun) d'où le fait que chacun prend le temps de raconter une véritable histoire. La structure à l'envers du premier prend aux tripes, une introduction lancinante à la basse, un solo de guitare enivrant et déchirant qui pleure et le cri final de Brock en exergue: "I know I am a scout / I should've found a way out / So everyone can find a way out". Voilà l'étincelle qui revient, rappelant les prières révoltées de "Alone Down There" (The Moon & Antarctica). "King Rat" montre tout autant le groupe à son meilleur, façon orchestre festif de La Nouvelle Orléans, piano jazzy, trompettes pleines d'un rire dément; un Roi libéré, acide tant dans ses paroles qu'ironique dans sa musique. Une folie douce qui rassure sur l'état mental du groupe et qui rend d'autant plus incompréhensible son absence sur We Were Dead...

"Deep water, deep water / Senseless denial / I went down like a rag doll as you would, child". Deux visages, deux sentiments totalement distincts. L'EP aurait pu se résumer à ces 11 minutes qui disent tout et n'importe quoi. Qui brouillent les pistes en même temps qu'elles sont les reflets d'une incertitude qui se doit d'être exprimée. Modest Mouse ne fait jamais de meilleure musique que lorsque son leader Isaac Brock marche sur des oeufs. Il les piétine ici avec gaieté avant de s'en repentir jusqu'à en souffrir juste après. Le reste doit être aisément oublié.

A voir, les deux magnifiques clips de King Rat (dirigé par Heath Leadger) et The Whale Song.

A écouter : The Whale Song - King Rat