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Biographie

Modern Baseball

Fondé par Luke Ewald et Brendan Lukens au lycée, Modern Baseball se présente à ses débuts comme un duo acoustique, avant l'arrivée de Ian Farmer à la basse et Sean Huber à la batterie. Tirant son nom d'un livre possédé par l'un des membres du combo, le quatuor sort la première année un EP the Nameless Ranger, puis un premier album Sports chez Lame-O Records. Rapidement, Modern Baseball sort un split avec leurs comparses de Marietta, puis son second opus You're Gonna Miss It All chez Run For Cover en 2014, avant de tourner avec Foxing ou Somsos. Leur troisième effort est attendu pour 2016, sous le nom de Holy Ghost.

Holy Ghost ( 2016 )

Difficile de repasser des mots sur Holy Ghost alors que quasi toute personne ayant suivi de près ou de loin la carrière de Modern Baseball a déjà son avis sur ledit disque. Et pourtant, il y a énormément de choses à dire sur cet album, cet artwork, ces mots et ses histoires. Tout autant personnel que commun, Holy Ghost semble vibrer de la même intensité que ses prédécesseurs.

En cause, cette dualité de composition. Deux compositeurs (Jake Ewald et Brendan Lukens) se concentrant sur deux thèmes différents : le décès du grand père de l’un, la dépression pour le second. A première vue, Modern Baseball prend le parti d’ouvrir à nouveau grand son coeur, emplit de doutes, mais aussi fragile que précédemment. Le tout est porté par une musique qui est à l’image de ses têtes pensantes : en deux temps. Chacun chante ses mots, mais le son vibre d’une manière totalement différente, les 5 derniers morceaux (ceux de Lukens) ont une verve vocale ou instrumentale qui cache une vraie détresse (« Breathing In Stereo » ou « Apple Cider, I Don’t Mind ») là ou Ewald pose plutôt une atmosphère mélancolique (au travers des mots dans « Wedding Singer » ou de la musique dans « Note To Self »).
Toujours dans ce registre Emo omniprésent, Modern Baseball intègre parfois quelques autres pics, comme sur le très 90’s « Just Another Face » - qui permet de prendre parfois un peu de distance avec des Foxing ou Sorority Noise en complément du double-chant - ou « Breathing In Stereo » et « Apple Cider, I Don’t Mind » pour leur côté Indie Rock à la Flashguns. Et pourtant, le terme de Emotional Music n’a jamais semblé aussi adapté.

Holy Ghost aura d’autant plus d’impact si l’on se penche sur les paroles. Comme évoqué, elles sont totalement intimistes, mise à nu de l’âme de quelques minutes (« Breathing in Stereo »). Ceux qui auront pris la peine de regarder ceux des albums précédents y capteront le changement d’ambiance qui s’est opéré même si l’on garde quelques thèmes communs (« How Do I Tell A Girl I Want To Kiss Her »).
A titre personnel, j’ai d’abord eu énormément de mal à apprécier cet opus, son atmosphère parfois étouffante, préférant le plus social You’Re Gonna Miss It All. Il aura fallu plus d’un an pour finalement l’aborder d’un oeil plus ouvert. Il y a notamment cette toute dernière phrase qui résumera l’amour du public pour Modern Baseball, et sa réciproque : « Even if you can’t see it now, we’re proud of what’s to come, and you ».

Au-delà de sa démarche artistique dont la sincérité n’est pas à remettre en doute (pour rappel, le groupe a annulé début 2017 sa tournée américaine pour leur bien-être moral et le maintien de leur relation), Modern Baseball entrouvre une nouvelle porte vers un univers toujours aussi intime. Et si c’était nous qui étions derrière la caméra ?

A écouter : Just Another Face

The Perfect Cast EP ( 2015 )

Il y a dans Modern Baseball la faiblesse, touchante, de son frontman Brendan. De celle qui transparait dans « You Graduation » ou « The Weekend », un brin triste et le sourire en coin. Au travers de son mélange entre Indie et Emo, le quatuor s’était frayé un chemin pour les amoureux de Sorority NoisePrawn ou Tigers Jaw, tout en bénéficiant du soutien de Run for Cover Records.

« I saw your face when I said why'd you have to go and change, ruin what we made, destroy everything. »

Via ce nouvel EP, Modern Baseball cache derrière un dessin pouvant définir à merveille ce mal-être coloré développé en six titres. En quelques écoutes, les musiciens s’illustrent parfaitement dans ce mélange Emo / Indie / Punk en intégrant « Alpha Kappa Fall of Troy The Movie Part Deux » et « The Thrash Particle » dans la lignée des compos des opus précédents, dont le délicat split avec Marietta.
Des titres pleins d’émotions et introspectifs aux rythmes moins torturés (« The Thrash Particle ») et plus orientés Indie (« The Waterboy Returns »), Modern Baseball signe à nouveau une visite vers les douleurs multi-couches du jeu de cordes de « … And Beyond » (un brin folk) avant de s’envoler vers des mélodies plus proches de Sunny Day Real Estate sur « Revenge of the Nameless Ranger ». De « The Waterboy Returns », aux airs de « The Weekend », à « Infinity Exposed » (pensez à Sorority Noise), le mélange prend forme, jamais parfaite mais à l’image de ses créateurs. Emo et Indie s’entremêlent rarement plus de trois minutes, mais toujours en alternant rythmes et sensations.

« You and I were made to feel this way, when worlds collide will you be there with me? »

Des lyrics mêlant déception, doutes et pensées intérieures, Modern Baseball en tire des phrases qui ne sont plus au final cette succession couplets / refrains mais bien des textes pouvant sonner comme un journal intérieur dévoilé au grand jour : « It's not fair. All is wrong, again. I'm not right; content with regret. And it's so late. And I'm so tired, again. Yet, wide awake. » sur « Alpha Kappa » par exemple. La première personne est le plus souvent utilisée, mode d’expression permettant de supposer que la musique est également un moyen de recracher cet ensemble de sentiments.

« I am tired as hell. Listen close, do you know that you keep me safe? »

Avec The Perfect Cast, Modern Baseball confirme à nouveau que le talent d’écriture présent sur Sports n’était pas un coup d’éclat qui se limiterait à un seul disque. Des terreurs et doutes intérieurs, le combo livre tous les éléments, avec juste ce qu’il faut de retenue pour ne pas en faire quelque chose de malsain ou voyeur. Un doute ? « The Thrash Particle » devrait définitivement le lever…

A écouter : The Thrash Particle