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Biographie

Miss Goulash commence ses aventures musicales toutes en bizarreries en 1998 à Lyon sous l’impulsion de Gilles Laval et de René Lussier ; se composant de huit membres, le groupe va enchaîner une cinquantaine de concerts à travers l’Europe, dans un esprit aussi libre que l’est sa musique et n’hésitera pas à collaborer avec des artistes pour divers projets de danse, de cinéma ou d’arts plastiques (sculpture…).
Miss Goulash fera partager via 3 productions sa musique : une démo éponyme en 2001, un premier album Haro Pacific Chimie Station en 2002 et enfin, Karaté Karaoké Club en 2005 tous deux sur le label Ektik.

Chronique

Karaoké Karaté Club ( 2005 )

Tiens, une bombe à retardement passe ! De celle que vous prenez en plein dans la tronche et qui vous explose dessus sans concession, mais de manière ultra pacifique et auditive entendons-nous !!! Car Karaoké Karaté Club, premier album des Lyonnais de Miss Goulash sorti en 2005, est une belle vibration musicale pour les oreilles, pleine d’éclectisme et d’idées originales ! Mais enregistré en 2003, sorti en 2005, nous ne le découvrons malheureusement qu’aujourd’hui…

Miss Goulash, avec ce Karaoké Karaté Club, nous livre un premier album sacrément bigarré,  tantôt d’humeur tzigane (ah ! ces lignes de violon et de violoncelle ("Bootzoy", "Balkaniques")), tantôt jazz et improvisée ("Libonn’to"), parfois dur, souvent rock, Miss Goulash est bien une demoiselle pleine d’humeur(s) ; les compositions, très bien travaillées, virevoltent et nous surprennent souvent. Saturée mais festive ("Haircup"), planante et typée ("Rvachoctb Mawnh Tvho"), les contrastes chez la demoiselle sont nombreux et ô combien jouissifs. Car les huit identités qui donnent vie avec brio à Miss Goulash sont de solides musiciens, n’ayant pas oublié de s’ouvrir par passion sur l’extérieur : de la batterie folle en veux-tu en voilà ("Termination1"), de la guitare sage ou sauvage ("Termination1" encore), sans oublier de mentionner cette section cuivre (trompette, saxophone + clarinette) complètement maîtresse de son hasardeux destin et élève la plus indisciplinée du groupe.
Le chant assuré par Seb est inventif et rugueux, parlé ("Ecomilitari"), aboyé ("Termination1" décidément) ou coléreux tout autant, bancal à souhait dans l’absolu, comme on peut le ressentir aussi, par exemple, chez les parisiens de We Insist ! Car Miss Goulash fait bonne figure au sein de cette nouvelle scène rock, ou plutôt free-rock devrait-on dire tant les décollages des instruments hors des sentiers battus sont fréquents. Comme si System Of A Down n’avait pas autant dilué ses origines arméniennes, on se met donc à rêver pour Miss Goulash d’une base punk qui se serait vite mélangée, par ouverture d’esprit (et talent) à pleins d’autres courants musicaux venant de l’Est comme du Sud ("Bootzoy", "Rvachoctb Mawnh Tvho") et qui s’entrelaceraient au poil pour dégager une personnalité rare et radicale, décalée ; car, évidemment une musique aussi riche n’est pas accessible à tous, et une connaissance certaine de l’expérimentation est nécessaire afin d’apprécier pleinement le brin de folie qui traverse ce Karaoké Karaté Club.

Bref, dans la lignée des expérimentations rock générées par les Hollandais de The Ex, Miss Goulash nous séduit par son impertinence et par sa richesse d’esprit. Un album recommandable à plus d’un point donc et qui démontre, encore une fois, que la scène lyonnaise est décidément toujours autant productive et bien vivace.

A écouter : Bien frapp!