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Biographie

Misery Signals

Misery Signals voit le jour en 2002 lorsque Kyle Johnson et Ryan Morgan, alors bassiste et guitariste de 7 Angels 7 Plagues, recrutent Jesse Zaraska, chanteur de Compromise qui vient juste de cesser toute activité depuis qu'un accident de van a coûté la vie à deux de ses membres. Bien décidés à aller de l'avant, le groupe est sur le point d'entrer en studio pour enregistrer son deuxième album lorsque le batteur de l'époque jette l'éponge. Souhaitant tirer un trait sur toute cette partie de leur histoire, les trois membres restants changent de nom et intègrent Branden Morgan (Batterie) ainsi que Stuart Ross (Guitare), un vieil ami de Zaraska. Malgré la situation géographique de ses membres, dispersés entre Edmonton et Milwaukee, le quintet parvient à trouver la volonté d'écrire et de composer des morceaux.

Cette persévérance s'avère payante. Le groupe enregistre un premier ep chez State Of The Art Recordings, label dont le propriétaire n'est autre que l'ancien vocaliste de 7 Angels 7 Plagues. Malgré une distribution confidentielle, Misery Signals se construit une petite réputation le conduisant à effectuer quatre tournées aux Etats-Unis en compagnie de Bury Your Dead, UndyingShattered Realm et Every Time I Die, qui tombe sous le charme du groupe. Grâce à son entremise, Misery Signals rejoint l'écurie Ferret Music (Madball, As I Lay Dying, Every Time I Die) et enregistre son premier album sous la direction d'un ami de Zaraska, Devin Townsend. Intitulé Of Malice And The Magnum Heart, phrase extraite du poème d'un membre de Compromise ayant péri dans l'accident, l'album est un succès. Lors de la tournée qui suit, le groupe partage l'affiche avec des formations confirmées telles que Dillinger Escape Plan, Bleeding Through ou Eighteen Visions et apparaît dans la programmation de festivals célèbres comme le Hellfest ou le New England Metal.

Toutefois, le climat n'est pas au beau fixe entre Zaraska et le reste de la troupe. Ce dernier quitte la formation en 2006. Malgré toutes les épreuves accumulées, Misery Signals parvient à rebondir grâce à Karl Shubach, parfait inconnu recruté lors d'un test où les candidats devaient poser leur voix sur un morceaux du groupe. Le groupe investit alors le studio de Ben Schigel (Chimaira, Zao) à Cleveland au printemps 2006 pour enregistrer leur deuxième album. La sortie de Mirrors en août de la même année marque une renaissance pour Misery Signals. Le groupe s'embarque pour une tournée en tête d'affiche aux côtés de Since By Man, Scarlet et Ligeia, à laquelle fait suite une série de concerts en ouverture de Darkest Hour. En juillet 2008, les américains sortent, Controller avant poursuivre par une grande tournée pour promouvoir l'album.

En 2009 et 2010, la plupart des membres de Misery Signals s'occupent de projets parallèles, mais leur retour en 2011 ne se fait pas sans heurt, puisque Stuart Ross et Kyle Johnson décident de ne pas revenir dans le groupe. Le combo décide pourtant de poursuivre l'aventure avec le recrutement de Gregory Thomas (Guitare) et Kent Wren (Basse) et l'enregistrement d'un nouvel album attendu pour 2012.

Chronique

13 / 20
4 commentaires (18/20).
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Mirrors ( 2006 )

Dès son intégration dans le roster de Ferret Music, Misery Signals avait placé la barre bien haut avec un premier album dont la qualité - et les spécialistes - lui avai(en)t permis d'être immédiatement bombardé valeur montante du metalcore. Cette étape franchie avec succès, on se demandait toutefois comment le groupe allait digérer le départ de son chanteur.

La réponse ne se fait pas attendre. Dès les premières notes de "Face Yourself", on sent déjà que Misery Signals n'aura pas perdu au change en remplaçant Jesse Zaraska par Karl Schubach. Sans être transcendant, ce dernier maîtrise très bien la panoplie du chanteur metalcore, alternant voix gutturale et chant plus clair avec une étonnante facilité.
Côté musical, rien de bien nouveau. Misery Signals poursuit son bonhomme de chemin dans un style très technique où l'on reconnaît aisément la patte de Dillinger Escape Plan ou de Every Time I Die. Le groupe fait montre d'une précision extrême dans ses arrangements, enrichissant, sans trop les surcharger, des morceaux aux structures asymétriques qui provoqueront certainement quelques tournis et déconcerteront les adeptes de constructions plus basiques ("Post Collapse", An Offering to the Insatiable Sons of God (Butcher)").
La musique de Misery Signals n'en est pas moins humaine pour autant. Grâce à l'inspiration et la complémentarité de Ryan Morgan et Stuart Ross, le groupe compense cette apparente aridité technique par des interventions mélodiques fréquentes tantôt brèves ("The Failsafe", "Migrate"), tantôt prenant l'aspect de longues plages harmoniques suffisantes pour instaurer un sentiment de mélancolie un peu à la manière de The Fall of Troy ou Hopesfall ("One Day I'll Stay Home").

Mirrors offre donc tous les aspects de la réussite. Reste que manque l'essentiel, l'envie, la hargne, l'enthousiasme, bref la petite étincelle que l'on est en droit d'attendre d'un groupe au tel potentiel. En effet, même pétri de qualités, Misery Signals présente toutes les difficultés du monde à faire décoller un album qui, progressivement, s'enffère dans l'automatisme le plus absolu, accumule les lieux communs et ne parvient à s'en extirper qu'en de très rares occasions.

Bref un album au goût mitigé, non dénué de qualités, mais dont le manque d'âme fait cruellement défaut pour permettre à Misery Signals de ressortir du lot.

Télécharger "The Failsafe"

A écouter : The Failsafe, Migrate, One Day I'll Stay Home.