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Biographie

Minutemen

1971, San Pedro en Californie. Le décor est planté. Deux gamins, D. Boon et Mike Watt, se rencontrent à l’âge 13 ans. C’est le début d’une longue amitié qui durera jusqu’au décès de D. Boon en 1985. Ils découvrent le punk ensemble, montent plusieurs groupes jusqu’à leur rencontre avec George Hurley à la fin des années 70. Dès lors ils forment The Reactionaries puis enfin les Minutemen en janvier 1980. Ils rencontrent Greg Ginn de Black Flag à un concert des Clash, ils joueront avec eux quelques jours plus tard.

Greg Ginn les fait enregistrer un 7’’, Paranoid Time, pour la deuxième sortie de son label SST. Et les Minutemen lui resteront fidèles puisque tous leurs disques sortiront sur le même label. Un an plus tard un premier album voit le jour sous le nom de The Punch Line. Ils sont déjà totalement à part, à mille lieues des groupes de hardcore hyper agressifs à rythmiques linéaires de l’époque. Mais la révélation viendra avec What Makes a Man Start Fires ? en 1983, qui dévoile un côté presque funk en plus de la spontanéité héritée d’un Wire.

En 1984, Double Nickels on the Dime voit le jour. Toujours la même recette dans plus de 40 morceaux avec une créativité sans bornes, plus rien ne semble pouvoir les arrêter. L’année suivante ils feront les premières parties de la tournée de  R.E.M. qui ont insisté auprès de leur maison de disques pour les emmener.

Peu de temps après, le 22 décembre 1985, D. Boon décède dans un accident de voiture. C’est la fin des Minutemen.

Chronique

Double Nickels on the Dime ( 1984 )

« Our band could be your life, me and Mike Watt we played for years, punk rock changed our lives. »

Quand on les entend en 1984 dire ces quelques mots sur "History Lesson – Part II", ce que les Minutemen ne savent pas encore, c’est que ce sont eux qui changeront la vie de beaucoup de gens.

Double Nickels on the Dime est le troisième album du groupe. Et c’est un double album, sur deux vinyls. Pour l’anecdote, c’est en écoutant le double album Zen Arcade de leurs amis Hüsker Dü qu’ils ont eu l’idée d’en faire autant, allant jusqu’à noter sur leur pochette, non sans humour, « take that, hüskers ! ». Ils ont écrit plus de morceaux que prévu, 43 en tout, tous très courts.

Les Minutemen apparaissent à l’époque du bouillonnement hardcore, avec la même ferveur et la même frustration qui caractérisaient leur génération. Mais musicalement, pas grand-chose de hardcore chez eux. Punks dans l’âme, certes. Mais ce groove et ces sonorités funky viennent d’ailleurs, eux n’ont pas cette radicalité dans le son que pouvaient avoir leurs contemporains. Les Minutemen, c’est une manière de sonner totalement unique, avec ce son de guitare clean, ces mélodies funky/jazzy, ces envolées de basse incroyables et ces courts soli héroïques.

Les morceaux passent à une vitesse fulgurante, aucun ne dépasse la barre des deux minutes. Et chaque pièce apporte son petit quelque chose à l’édifice, entre humour (dans la parodie de love song de "#1 Hit Song" : « love is leaf like, you and me baby, blablabla, E T C ») et politique, parce que les Minutemen c’est avant tout des gauchos jusqu’à la moelle, avec une conviction à toute épreuve. Pour ne rien gâcher, la plume de D. Boon est excellente, c’est un réel plaisir d’entendre (et de lire) les paroles.

43 morceaux qui passent trop vite. La sincérité palpable chaque seconde, dans chaque note. Ouais c’est ça, les Minutemen respirent la sincérité. Et Double Nickels on the Dime ne s’écoute pas autrement qu’avec le sourire, en pensant qu’on aurait bien aimer les voir jouer à l’époque, avant le décès prématuré du chanteur/guitariste D. Boon. Heureusement leur musique elle, restera encore longtemps.

A écouter : Tout