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Biographie

Mineral

Houston, Texas, 1994. Christopher Simpson (Chant / Guitare), Jeremy Gomez (Basse), Scott McCarver (Guitare), Gabriel Wiley (Batterie) ne le savent pas encore, mais en fondant Mineral ils vont changer, comme d'autres groupes du Midwest (Cap'N JazzBraid, Jimmy Eat World, The Get Up Kids...), la face de l'Emo des années 90. Deux disques suffisent à cela, The Power Of Failing en 1997 et Endserenading en 1998, qui sortent chez Crank! Records. Comme la plupart des projets Emo à la longévité éphémère, Mineral marque les esprits au fer rouge et disparaît presque aussitôt en 1998. Le duo Christopher Simpson et Jeremy Gomez poursuivent leur carrière chez The Gloria Record, qui est plus ou moins la suite logique de Mineral. Gabe Wiley fonde Pop UnknownImbroco avec Scott McCarver puis plus tard Kissing Chaos.
C'est en 2014 qu'on découvre avec stupeur la reformation du quatuor pour une tournée américaine et européenne.

Chronique

The Power Of Failing ( 1997 )

Etats-Unis, milieu des années 90. Rites Of Spring, Fugazi ou Moss Icon paraissent déjà bien loin, mais laissent dans leur sillage de nombreux groupes qui poursuivent avec passion leur héritage. Le Midwest en est un vivier particulièrement prolifique, comme une terre promise ou naissent Jimmy Eat World, Cap'N Jazz ou The Get Up Kids. Avec eux, Mineral et leur premier album The Power Of Failing, qui nous fera dire que les choses ne seront plus jamais les mêmes.

Le cri originel est désormais derrière eux. La plupart des groupes des années 80 ont déposé les armes, mais sur ces corps inertes, d'autres jeunes pousses se font le porte parole d'un Punk/Hardcore émotionnel et brandissent l'étendard d'un emo adoucit, d'avantage introspectif, qu'on appellera plus tard la second vague de l'emo. Dans les faits, les liens vers le passé se font en filigrane, et prennent davantage source à travers les travaux de Sunny Day Real Estate et leur album Diary, sorti en 1994. La même année, Mineral en est a ses premières pulsations, tâtonne timidement, écoute certainement en boucle ce monument de l'emo. Trois ans plus tard,  le modeste The Power Of Failing est enfin sur pied, près à marquer l'histoire durablement.

Tout commence par les arpèges, puis la voix brisée et plaintive de Chris Simpson sur Five, Eight And Ten. A peine 30 secondes au compteur et Mineral vacille déjà, comme abattu sur la ligne de départ, marqué par une détresse palpable. Mais le groupe prend rapidement du poil de la bête, les cordes et la rythmique ne tardent pas à s'emballer, (leur héritage punk), grésillent et brûlent l'asphalte, avant de revenir sur de tristes arpèges. En un titre, Mineral définit son identité, cet entre deux eaux : mal être, peines profondes et joies retrouvées. Les mélodies déchirantes de Gloria, son urgence ou la teneur presque euphorique par moment en font certainement leur meilleur titre.

Sincérité et passion transpirent de ce disque, Chris Simpson se met à régulièrement nu « I scream into the wind and laugh, As the words slap me in the face, I would gladly trade a lifetime of convenience, For an honest day or two » sur Slower ou s'abandonne complètement sur Dolorosa, au bord de la justesse et de l'effondrement dans sa conclusion. Regain d'espoir sur 80-37 et If I Could plus entraînant dans leur déroulement. C'est ici que se dévoile toute la particularité de leur Indie / Emo, bouleversant dans sa tristesse, touchant dans ses moments de douceur (Silver) ou de mélancolie avec Take The Picture Now qui résume parfaitement l'esprit de leur musique « And happiness and hope for tomorrow ». Quitte à finir sur une perle, Parking Lot, entre en résonance à Five Eight And Ten dans sa construction similaire et sonne comme une libération pour le groupe « When I'm finally naked and standing in the sunlight, I'll look back at all of this selfishness and foolish pride, And laugh at myself ».

Si l'on parle d'Indie / Emo, Mineral est un nom à ne pas oublier. Pas aussi punk que The Get Up Kids, pas aussi solaire que Cap'N Jazz, il rayonne pourtant de son aura de groupe phare et captivant de l'emo 90's pour sa spontanéité et ses émotions sans pareille. Et dire que la suite, sous le nom de The Gloria Record, est encore un cran au dessus...