Mind the Gap
Pop Punk Rock

s/t EP
Chronique
Nouvel horizon sur la côte ouest : la tumulte punk rock a fait place à un ciel ensoleillé et cotonneux pour le quatuor. Celui là même qui dominait les Etats-Unis à la fin des années 90 (personne ne s’étonnera donc de retrouver une bonne dose de Ataris dans "The Dollar Print" ou "Goodbye 18" et son refrain ‘catchy as hell’, du Fenix TX, ou même un pastiche du "You Say" de Bodyjar sur l’entame de "My Son"). Très naturellement, on se prend sans peine à siffloter ou fredonner des airs mélodiques frais et convaincants qui parviennent à contourner la mièvrerie.
L’ennui c’est qu’ici l’anglais est approximatif, dépourvu des charmantes rondeurs de la langue. Les préoccupations sociopolitiques sont usuelles (matérialisme, hégémonie Etats-unienne, esclavage, appels à l’éveil des consciences et à la réaction) et entrecoupées de thématiques relationnelles à l’eau de rose. On a connu plus maladroit mais bon, on se serait peut être passé de la French touch…
En toute fin de disque, Mind the Gap s’essaie à un retour à ses racines punk rock : un cheveu sur la soupe somme toute efficace mais classique. Et puis ça permet de rappeler que Pit Samprass (aka Pierre Burning Heads) a participé à la galette en tant que choriste et surtout producteur. Le travail à ce niveau est plus qu’honnête mais pas forcément d’une finesse ou d’une qualité exceptionnelles non plus (d’où le sentiment de tenir là un argument vendeur plus qu’un gage de qualité à toute épreuve).
Ne crachons pas dans la soupe cependant, Mind the Gap a très bien su capter et retranscrire la bonne humeur de ses prédécesseurs, tout en affûtant un sens de la mélodie indéniable mais encore perfectible et personnalisable.