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Biographie

Milo

Milo est un rappeur Américain originaire de Chicago. Le MC impose une volonté féroce de se démarquer via des productions alambiquées que l’on range souvent dans l’Expérimental ou l'Abstract Hip-Hop.

Auteur de nombreuses sorties discographiques depuis 2011, (dont deux mixtapes, deux albums et de multiples E.P), Milo a également collaboré avec Open Mike Eagle ou encore Busdriver. En 2015 sort son nouvel album, So The Flies Don’t Come, qui rencontre un succès critique.

Chronique

16 / 20
1 commentaire (15.5/20).

So The Flies Don't Come ( 2015 )

Milo fait partie de ces artistes qui nous poussent à dire que nous vivons dans une époque particulièrement excitante pour le Hip-Hop. Depuis sa première mixtape en 2011, l’Américain s’amuse à jouer mais surtout à déjouer les codes de ce genre qui en a vu de toutes les couleurs. So The Flies Don’t Come, son deuxième LP en deux ans, est une ode à la mélancolie, où l’expérimentation est sujette à un humanisme troublant. Explications.

La capture est immédiate. Tout ici est conçu pour plonger l‘auditeur dans un état second, le laissant vaguer à ses dérives mentales. Les trente minutes forment un tout indéfectible, d’une uniformité déconcertante. Le thème principal ne se fait pas prier pour apparaître. Chaque seconde transpire la mélancolie, rayonnante, confortable. Mais si, vous savez, celle dans laquelle on prend un malin plaisir à se réfugier, dorloté que l’on est par un événement épisodique qui tourne, tourne et nous retourne. Nous tenons ici la bande originale parfaite de ces élucubrations douces amères. Pour accentuer cet emprisonnement mental, So The Flies Don’t Come repose sur une construction minimaliste. Les samples semblent se répéter à l’infini, à tel point qu’un certain William Basinski pourrait pointer le bout de son nez. La production est idéale : claire, tranchante, chaude. Les basses ont la rondeur du réconfort, les cordes (nombreuses) viennent ponctuer avec délicatesse le flow puissant de Milo.

La force de cet album réside dans l’impossibilité de l’affubler à une case. Un Hip Hop abstrait, à la fois incroyablement étrange et terriblement simple. Un peu de Cunninlynguists par-ci, de MF Doom par-là, sans oublier Busdriver et la dépression d’un Earl Sweatshirt. Devons-nous considérer la complexité comme étant un prérequis fondamental à la musique expérimentale ? Les trente minutes de So The Flies Don’t Come est la preuve que non. Going No Place est sans aucun doute le morceau de bravoure de cet album. Il s’y cristallise tous les éléments précités : un beat engageant, un sample de violon répété, un fredonnement délicat accompagné d’une petite ritournelle, quelques notes : juste ce qu’il faut pour se perdre définitivement au beau milieu de ses songes. Un état de semi-conscience nous enveloppe, telle une bulle dont la douce fragilité nous pousse enfin à prendre le temps de se complaire hors du monde. Finalement, la seule chose que l’on pourrait reprocher à cet album est sa courte durée. Vingt minutes supplémentaires de la même qualité et nous tenions là un chef-d’œuvre.

Vibrant, hypnotique, songeur, engageant, ce nouvel album de Milo vient confirmer le talent  d’un gamin qui, sortie après sortie, confirme les espoirs placés en lui. Les multiples niveaux d’écoutes qu’offre So The Flies Don’t Come en fait l’une des meilleures productions Hip-Hop de cette année 2015.

A écouter : Calmement