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Biographie

Mephistofeles

Mephistofeles c'est trois argentins, originaires d'Entre Ríos, Ismael Dimenza (Basse), Iván Sachar (Batterie) et Gabriel Ravera (Guitare / Chant) fans d'Electric Wizard et Black Sabbath qui fondent leur groupe de Stoner / Doom en 2013. Quelques démos voient le jour avant un premier effort, Whore, qui parait en 2016 chez Black Noise, Pirámide Records et Golden Dawn Recordings. Il est réédité en 2017 chez Southcave Records, Creep Purple Promotion et Black Farm Records. 2017 est très soutenue pour le groupe puisqu'il sort une compilation nommée Devotional Doom, l'ep Mayhem Sessions, un split avec Sahara et leur second album : (((I'm Heroin))).

Chronique

Whore ( 2016 )

Sur une échelle de 1 à 10, à combien places-tu ton appréciation d'Electric Wizard ? Et toujours sur la même échelle de 1 à 10, combien donnes-tu pour les groupes qui copient le grand sorcier électrique ? Si tu additionnes ces deux chiffres, tu obtiens la note que tu donnerais probablement à ce premier album des argentins de Mephistofeles.

C'est très clair dès le départ : Mephistofeles joue la carte de la repompe d'Electric Wizard à 100%. Du patronyme au logo, de l'imagerie qui mélange soft porn 70's et sorcellerie, aux titres des albums et morceaux jusque dans les paroles qui parlent de drogues, de la mort... et encore de drogues. Le contexte est planté. Et bien sûr musicalement absolument rien de neuf qui n'ai déjà été fait par la bande à Jus Osborn. Du Stoner / Doom dans sa définition pure et sans artifices. Donc tu branches ton ampli Orange, ta pédale de fuzz, tu joues des riffs Sabbathien lentement, puis tu ajoutes une basse qui groove et du mid-tempo avec un batteur qui suit la guitare. Que ça soit dans le son, ou dans l’exécution, même à certaines lignes de guitare près, tout rappelle Electric Wizard, du moins dans son aspect le plus Stoner à base de riffs grassouillets enrobés d'une couche de psychédélisme. Mephistofeles ne sont d'ailleurs pas les premiers à le faire. En effet, difficile de ne pas penser à nos français de Witchthroat Serpent qui dans le genre "je triche par dessus l'épaule de mon voisin, mais je me fais gauler par la maîtresse" sont facilement identifiables. En plus Doom par rapport aux argentins néanmoins, mais on tirera un trait d'union pour Dope Smoker dans sa manière de composer avec la triplette gagnante : groove / riff / efficacité sur fond de défonce. Pas très éloigné du sujet donc.

Mais la vraie question c'est : est-ce un problème en soit ? Tout dépend où tu places le curseur concernant les groupes qui s'inspirent très largement de leurs aînés. Ceci étant précisé, Mephistofeles a quand même quelques solides arguments sous le coude au lieu de disparaître dans les limbes de l'oubli après une demi-écoute de Whore. D'une part parce qu'Electric Wizard a largement perdu en intensité depuis deux albums surtout le médiocre Wizard Bloody Wizard donc Mephistofeles fait office de bon palliatif au manque d'enfumage. Plus intéressant, le trio se concentre sur le riff, celui qui groove, celui te fait hocher la tête malgré toi, même si c'est super simple. A ce sujet, l'ouverture sur Black Sunday est totalement imparable : le riff traînant mais qui captive comme un Bewitched de Candlemass et ce lead qui sauve d'un trop plein de répétitivité. Même chose pour Whore axé sur la mélodie et le riff qui déboîte. C'est bête, mais ça marche. Kill Yourself ressemble à s'y méprendre à Black Mass de tu-sais-qui, pourtant difficile de le leur reprocher tant le morceau passe comme dans du beurre. Il faut dire que Mephistofeles ne s’embarrasse pas de circonvolutions enfumées parfois assez pénibles pour le genre. Quitte à se répéter, tout passe par le sacro-saint riff auquel tu rajoutes un voile vaguement psyché, mais ça ne perd jamais l'auditeur dans des digressions hallucinées. On peut continuer sur les autres titres : Drugs Addict est un petit tube Stoner en puissance aussi efficace qu'un bon Sleep et Evil Beauty à tout pour Rocker à fond. On concluera sur Cursed To Death bien gras, porté par une ligne de basse qui détonne et un solo perché plutôt cool.

Whore est un album très accrocheur qui mérite qu'on dépasse la case copie conforme dont on pourrait enfermer le groupe trop rapidement. En 33 minutes, Mephistofeles expose ses qualités, même si on sent que le projet a possibilité d'aller un peu plus loin par la suite. Mais en l'état pourquoi bouder notre plaisir quand ça fonctionne de manière simple et efficace ?