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Biographie

Meny Hellkin

Au Moyen Age, la Mesnie Hellequin était une horde composée de monstres et de revenants, de créatures infernales et de femmes nues, toutes et tous sous le contrôle d’Hellequin le Seigneur de l’Autre Monde, fondant sur Terre pour harceler les vivants.

Meny Hellkin est fondé à Metz en 2006, regroupant des membres ayant joué dans Shall Not Kill, Dead For A Minute, HyacinthShort SupplyPulsar 73 ou jouant encore dans Gu Guai Xing QiuOrange BrownThe Austrasian GoatThe Sioux ou Le Coeur Noir avec Alex 305 (Batterie), Christelle Cavaleri (Basse), Florian Schall (Chant), Geoffrey Lolli (Guitare) et Fabien Simon (Guitare). Question styles, questions genres, la liste est trop longue, Meny Hellkin est une chimère et le projet donne déjà de quoi se faire entendre en peu de temps, avec une démo cinq titres qui sort en 2007. En 2008, Julien Louvet remplace Fabien à la guitare puis le premier album nommé Amputation Day sort dans la plus pure tradition DIY, en coproduction avec 213 Records, Impure Muzik, Wonder Noise, T'as Voulu Voir Vesoul Records et Eh3 Vs Ts1. Trois splits avec The BunchMeth&Goats et The Ax sortent entre 2008 et 2009 avant que Meny Hellkin ne dépose les armes. Un split posthume avec Dog Bless You sort néanmoins en 2010.

14 / 20
2 commentaires (14.75/20).
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Amputation Day ( 2008 )

A la fois explorateur et objet de ses propres expérimentations, Meny Hellkin pratique l’introspection au sens propre comme au sens figurée. (Métaphoriquement) allongée sur la table de dissection, Amputation Day est une cisaille fait au flanc de son auteur, afin de libérer la bête.

Ok. Si tu écoutes bien, tu peux entendre dans Amputation Day du Rock, du Stoner, du Drone, de l'Emo, du Post-Punk voire un peu de Pop et de Noise. Rien que ça. La haine des cases closes et suffocantes en étendard, Meny Hellkin possède ce goût des dissonances et des vertiges harmoniques (Amputation Day), qui font tanguer l’auditeur entre hypnose et headbanging (Burial). Reprenant les débats là où ils les avaient déjà entrouverts avec la démo (deux titres sont reproduits par ailleurs), les messins signent là un projet personnel et à rebrousse poil de la plupart des tendances actuelles.

La vérité, c’est que ce quintet sonne méchamment Rock (la conclusion de Chibani sur la répétition de "Criminelle est leur mauvaise foi"; l’intro sauvage de Chronique d'Une Mort Annoncée), rejetant loin les effets de manche pour planter simplement un décor atypique qui tout en rappelant quelques fois Drive Like Jehu ou Frodus, vit principalement sa propre histoire. Les paroles - aspect important du groupe - écrites en français et en anglais (en alternance sur chaque texte) traitent du malaise social (l’ingratitude envers les chibanis qui ont aidés à reconstruire la France, la dénonciation de l’individualisme, le danger de la pensée unique et des médias) et oscillent entre accablement et appel à la vie (Burial) à l’image de cette fin méandreuse qui renvoie dos à dos noirceur et espoir (Le morceau limbique par excellence This Is Our Black Metal…19mn56 au compteur ). "Nous danserons seuls".

Du travail, de l’envie, des idées. Des basses qui craquent, des sons qui fourmillent, des gen(re)s qui s’entrecroisent, Amputation Day possède ce quelque chose d’indéniablement expérimental. Comme dans tous les essais, on a donc le droit à des coups enthousiasmants, des coups intéressants et d’autres un peu moins (manque de justesse par moment, quelques ponts moins évidents, une certaine longueur dispensable sur la fin D'Après Les Sondages). Amputation Day apparaît à ce titre comme un laboratoire d’étude appelant un second jour. "A trop vouloir serrer les dents, l’on oublierait presque de montrer les crocs" ? Qu’on les rassure, la morsure est (déjà) bien passée.

Split avec The Bunch ( 2008 )

Meny Hellkin, après un premier album varié et complet, enclin à l'expérimentation aussi facilement qu'un gigolo à changer de femme, revient donc l'espace de quelques instants pour un split avec The Bunch. Cinq titres pour clore l'année 2008 ou pour démarrer 2009, reste à savoir si les premiers seront à l hauteur d'Amputation Day et les seconds arriveront à séduire comme les premiers.

Seize The Silence est donc le premier titre des messins. Titre avec une montée en puissance sur la première minute, qui démarre au quart de tour l'instant d'après pour rappeler par moments Chibani, extrait de l'album précédent. La puissance du morceau apparaît quasiment aux trois-quarts, aux alentours des trois minutes, lorsque le chœur résonne avec un riff entraînant, donnant envie de bouger sur place. Crash The Party, quant à lui, lorgne vers un Rock plus sombre tendant parfois vers le Post-Rock, où le chant toujours si clair et limpide se fait doubler par des guitares alternant passages sensuels et riffs planants. A l'image des paroles mêlant plaisir et tristesse (on peut même parler de solitude), on se sent partagé, séduit mais parfois mal à l'aise. De plus, sur les deux morceaux, la production se veut plus ténue, moins claire, mais au final correspond parfaitement à l'ambiance dégagée par les compositions sans pour autant devenir un brouillon sonore.

Ainsi, Meny Hellkin conserve sa capacité à offrir un cocktail envoûtant et varié de petits plaisirs. Malgré quelques ressemblances avec les titres d’Amputation Day, Seize The Silence et Crash The Party sonnent encore différemment, forçant presque à se demander si le groupe ne cherche pas à se faire plaisir en digérant toutes les voies musicales possibles pour nous les resservir avec envie.

Pour The Bunch, qui se la joue plus Rock garage déjanté, on flirte avec l'essence même du Rock cramé, ravagé à l'acide sur I've Got The Touch, où en quelques secondes, les musiciens font grincer leurs guitares sur fond de batterie martelée et de chant malade, armés d'une camisole et de médicaments pour tenter de calmer leur folie. Ultra Data et Cognito sentent le revival à plein nez, on s'imagine parfaitement les musiciens avec des vestes de cuir et des bananes, à grand renfort de clavier pour soutenir les cordes d'une musique vivante et énergique. The Bunch arrive à ne pas tomber dans la niaiserie ni le kitsch, esquive le piège des paroles faciles pour séduire le rebelle en mal d'amour, et offre des moments entraînants et séduisants de Rock décousu.

Ce split offre donc deux facettes, tant grâce aux nouvelles approches de Meny Hellkin que grâce au Rock de The Bunch. Le seul regret qu'on puisse en tirer, c'est que cela soit bien trop court...