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Biographie

Maximum the Hormone

Maximum the Hormone est un groupe de metal japonais, popularisé principalement pour avoir fait la bande originale de l'anime Death Note.  Composé de quatre membres, Daisuke au chant, Nao à la batterie, Ryo à la guitare et Futoshi à la basse. Le groupe a la particularité d'allier les styles occidentaux et orientaux à la fois dans les influences comme dans leur composition, (les paroles étant d'ailleurs très régulièrement en anglais et en japonais au sein d'une même chanson) et qui va dans le j-rock, le punk rock  le metal et parfois la pop, le funk ou le hardcore. 

Très axé sur la société leurs textes sont à la fois rageurs et sarcastique, le groupe n'hésitant pas à donner beaucoup dans le second degré d'ailleurs. Fort de bientôt vingt années de carrière et sept albums studios, les Japonais se font désormais plus discrets sur les médias et les scènes suite aux diverses paternité et maternité de leurs membres qui se consacrent à leur vie de famille, on n'est ceci dit pas à l'abris de quelque chose de nouveau un jour ou l'autre.

Chronique

16.5 / 20
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Buikikaesu ( 2007 )

Sixième album studio du quatuor japonais et pas des moindres, Buikikaesu ou Survire partiellement dans la langue de Molière est l'opus qui a propulsé les nippons sur le devant de la scène. Revenons quelques instants sur ce disque et essayons de comprendre un peu ce qui a fait son succès.

La première raison évidente est l'énergie terrible qu'il dégage. Véritable coup de pied au cul auditif, cet opus réveille, donne envie de bouger, de danser, bref, de faire la fête. Dès les premières notes de Buikikaesu on est pris par cette alliance d'accords guitaristiques aigus et de slaps très percussifs et il en va ainsi pour les cinquante minutes à venir. Tous les morceaux dans des styles parfois différents ont ce dénominateur commun de jaillir tels des jets d'eau d'un arroseur automatique et d'éclabousser ce qui se trouve autour d'eux de ce cocktail japano-occidental détonnant.

Alors que les thèmes abordés sont parfois graves, il se dégage une joie souvent illusoire des morceaux et c'est justement ça qui leur donne une toute autre saveur. Prenons l'exemple de Chu Chu Lovely Muni Muni Mura Mura Purin Purin Boron Nurururerorero, pourtant loin d'être le meilleur morceau au passage. Bon déjà le titre ne parait pas tellement angoissant, l'air de départ s'il doit donner une impression c'est d'être plutôt niais et si on n'a aucune notion de japonais ou si l'on n'a jamais prêté attention aux paroles on pourrait très bien croire qu'il s'agit d'une chanson kawaii d'une des innombrables stars de la J-pop, toute mignonne et toute douce. Et pourtant ce joli bonbon tout rose parle à la fois d'impudeur, de prostitution, de frustration, de tourisme et d'esclavagisme sexuel ainsi que de pédophilie. Oui tout ça à la fois, et c'est cette prétérition euphémistique qui donne à ce titre toute sa saveur.

Cet exemple est l'un parmi tant d'autres sur Buikikaesu. Maximum the Hormone au delà de s'inscrire dans un univers, de s'en approprier un, et de s'identifier dans un registre, parvient le tour de force d'imposer son cocktail musical et sa vision des choses à des thèmes qui pour le coup, n'attendaient surement pas un tel traitement. Parlons de dépression, faisons quelque chose de guilleret. Parlons de mort, faisons le dans la joie et la bonne humeur. Leur œil critique et acerbe passe également brillamment à la moulinette l'inhumanité des hommes ainsi que leur arrogance. Mis à part ce décalage de ton, ils sont également musicalement là où on ne les attend pas.

Le développement de leur chanson est lui aussi singulier. Qui peut s'attendre sur Louisiana Bob à un tel enchaînement et une telle variation de registre, qui plus est dans une telle justesse ? Sur Kuso Breakin Nou Breakin Lily, une balade punk rockesque qui démarre par une berceuse, on ne voit pas du tout venir ce riff destructeur à mi parcours, qui tel un gros nuage noir vient apporter son lot de tonnerre, de tornade et de tourments sur une petite randonnée estivale.  Car oui, il n'y a pas que du beau et du mignon, il y a des passages sacrément lourds, et tous fort bien sentis et très pertinents dans leur approche. Les très célèbres What's up people et Akagi, génériques de début et fin de Death Note en sont le témoignage incarné.

Et si leur plus grande force ne serait pas leur technique après tout ? Parce que pour proposer cet univers original, varié et éclectique, il faut être vachement bon techniquement non ? Effectivement, ne serait-ce que la gamme vocalistique qui est à leur disposition ; entre la voix féminine très pop de la batteuse, celle rock de Ryo et les innombrables voix et prouesses vocales de Daisuke on n'est pas en reste. Il y a toujours juste ce qu'il faut à la batterie, la guitare quant à elle sait se faire vectrice de changement, et sait être puissante et très discrète également à certains moments. Mais les nippons ne seraient rien sans leur bassiste qui, doté est d'un talent exceptionnel, tout comme son idole Flea des Red Hot Chili Peppers à qui il rend hommage prodigieusement sur chacun de ses titres. Ça slappe, ça groove et il est l'armature de tous les morceaux et de toutes les circonstances. Tantôt en fond, tantôt en fioriture musicale, cette basse est présente en tout instant et toujours impeccable. (cf  Black Yen Power G-Man Spy)

Forcément quand on est très bon dans l'approche d'un morceau. Original dans le point de vue que l'on donne à sa musique. Que l'on sait donner dans tous les registres à niveaux égal. Que l'on maîtrise ses parties rythmées, ses climax, ses temps forts et ses parties lourdes et qu'en plus de ça on est éclectique et virtuose dans l'approche de ses instruments, ben … on obtient un super résultat et c'est ce que Maximum the Hormone nous propose sur Buikikaesu. Simplement un pur régal.

A écouter : Zetsubou Billy, What's up People, et honnetement un peu tout le reste
Maximum the Hormone

Style : metal - Punk-J-Rock
Origine : Japon
Amateurs : 2 amateurs Facebook :