Biographie

Maximilian Hecker

Inspiré au départ par les sacro-saints Beatles, Oasis ou Radiohead, Maximilian Hecker commence à s’épancher sur sa guitare à 17 ans. 7 ans plus tard, les influences de jeunesse à la cave et une mutation vocale vers le fallseto achevée, le jeune allemand sort son premier effort Infinite Love Songs via le label Kitty-Yo. Indie cotonneux, folk suave, song-writting poétique et romantisme s’y donnent la réplique. Le titre "Polyester" qui ouvre l’opus livre un constat indubitable : Le gamin a un talent monstre. S’enchainent alors, entre deux tournées et un soutien international, les albums Rose (2003), Lady Sleep (2005), I'll Be A Virgin, I'll Be A Mountain (2006) et une paire de Singles qui perpétuent le doux lyrisme musical de ses premières années, ce, avant de prendre un virage plus easy-pop avec One Day (2009), édité chez Roadrunner. Pour connaître le reste, il faut l’écouter. C’est lui qui le dit : "My Music is the advocate of my soul".

Chronique

One Day ( 2009 )

La force de Maximilian Hecker réside dans son rapport à sa faiblesse. Dans sa manière de l’avouer, de l’incarner, de la placer nue et sans travestissement, au cœur de son espace musicale.

Jusqu’à présent le natif d’Heidenheim avait habitué ses auditeurs à un univers sonore fragile, extrêmement dépouillé et, à l’instar de Sigur Ros, animé d’une recherche constante de moments de grâce. Mais, atavisme du genre oblige, ce type d’indie/folk minimaliste vit sous l'angoisse de finir plat et monotone. Face à ce spectre, Maximilan Hecker a donc cherché, après 4 albums du même type, à contourner la "menace" en mettant sur pied une version étayée de son art, tournée vers les ornements et l’ajout d'instruments. Conséquences ? Des violons jonchent la slowing "The End Of Longing", des boucles électro font tanguer "Summerwaste" et "Misery" laisse tonner une inhabituelle guitare électrique. Résultat ? One Day est un album probablement plus ample que les efforts précédents, mais qui n’évite pas l’écueil corolaire consistant à sonner plus poppy et donc, moins "indimiste".

Car "Letters From You" (et ses magnifiques notes échouées) livre un constat sans appel: Hecker n’est pas un enfant de la culture "Top Charts", mais bien l’héritier des song-writters désespérés ou le croisement des flèches sensibles d’un Elliott Smith et d’un Ariel Kill Him. Le sublime titre inaugurale "The Space That You’re In" ne laisse pas beaucoup de doute non plus. Il rajoute avec "One Day" une coloration southern-blues très prononcée, ouvrant sur les parties mélancoliques et vaporeuses de "This Poison Called Love" ou sur cette voix de fausset empruntée à Thom Yorke et destinée à rappeler que les anges, eux aussi, s'incarnent quelques fois.

Somme toute un peu perdu dans ce costume taillé pour le grand public (passage chez Roadrunner expliquant ?), quelque peu répétitif voire même en manque d’inspiration par moment ("Wind Down"), Maximilian Hecker délaisse avec One Day cette stature de l’homme en équilibre précaire sur son tabouret qui ne sait se confier qu'avec un instrument. Dommage. Car oui, indéniablement, on regrette ces compos au piano dont il nous gratifiait habituellement (pensez la magique "Anaesthasia" ou la déchirante "Polyester"), ces instants de cristal qui exigeaient le silence de peur qu’on les brise par un mot malheureux et tout ce qui faisait que Maximilian Hecker possédait  de cette superbe si rare dans le genre.
A défaut de parfaitement convaincre, que One Day serve donc à ce que ceux qui n'ont jamais écouté Infinite Love Songs, Rose ou Lady Sleep de rattraper le temps perdu.

En écoute sur myspace.

A écouter : "The Space That Youre In", "Letters From You", "One Day"