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Biographie

Marvin

Marvin est un trio guitare, batterie, clavier Korg en provenance de Montpellier opérant dans un rock noisy empruntant aussi bien à Trans Am qu'à Shellac. Après une démo autoproduite parue en 2004 et un split CD aux côtés des excellents Doppler, Marvin sort un premier album début 2007 leur ouvrant les portes d'une tournée européenne. En 2010, le groupe progresse avec la sortie de Hangover The Top, un deuxième album plus versatile sur l'excellent label Africantape (Extra Life, Aucan), qui se charge la même année de la réédition LP du premier album. Afin de promouvoir leur nouveau disque, les montpelliérains partent sur les routes avec Pneu, Papier Tigre et Electric Electric lors d'une tournée commune intitulée Colonie de Vacances, qui donnera naissance à un 4-way split 2x7". En 2013 vient Barry, produit par Vincent Robert (Electric Electric) affirmant davantage la direction prise avec le précédent, tout en alourdissant le propos.

Emilie - Clavier
Fred - Guitare
Greg - Batterie

(photo par Chris Cordier)

17 / 20
7 commentaires (15.3571/20).
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Barry ( 2013 )

Comme l’a si bien souligné Senti dans son papier sur le précédent objet du trio montpelliérain, "Marvin agit comme un aimant", des premières sonorités expulsées en 2004 jusqu’à un Hangover The Top qui porte sacrément bien son nom. Qu’est-il advenu des pérégrinations bigarrées, dansantes et bruitistes de ces trois-là ? Et bien il semblerait que ça explose toujours les cervicales dans le bonheur le plus complet.

Barry est ce qu’on pourrait appeler classiquement "l’album de la maturité", sauf qu’il n’en est rien. Marvin n’a que faire de l’âge adulte. Les montpelliérains font ce qu’ils font pour l’éclate, dans le but simple et parfois oublié de bouger les corps, les leurs et ceux de leur audience captive. Tempo Fighting fait office d’entame idéale, par un riff sabbathien, posant les bases essentielles à ce qui s’ensuit. Le son apparaît donc d’emblée un peu plus lourd et noise qu’auparavant, laissant également davantage de place aux claviers d’Emilie et François. Sans occulter l’extrême qualité des précédents efforts du trio, ici tout semble rehaussé, plus imposant, la guitare sonnant même régulièrement metal (As Noisy As Possible, Barry, The Dark Ship), gardant toutefois ce qui fait l’essence du trio : une rythmique qui cogne sévère et qui oblige n’importe quel quidam à se dandiner frénétiquement. Composante permanente dans la musique de Marvin, cette gestion du tempo gagne toujours plus d’ampleur grâce à un Grégoire littéralement en feu, intransigeant avec ses fûts, usant intelligemment de la cloche ici et là. Le vocoder – déjà présent sur Hangover The Top – s’intègre à merveille aux saturations et le Korg associé s’amuse à reproduire un son de basse très convaincant. Aucun instrument ne surpasse les autres, le rendu est tout à fait exceptionnel de ce point de vue, rien n’est laissé au hasard, ça fourmille de détails tous plus audibles les uns que les autres. On peut chaleureusement remercier Vincent Robert des potos d’Electric Electric pour cette production qui a su donner tout le relief nécessaire aux compositions de Marvin.

Barry n’est certainement pas l’album de la maturité, déjà parce que cette expression ne colle pas (mais alors pas du tout) à Marvin, et surtout car les montpelliérains avaient tout compris dès le départ. L’objectif est – consciemment ou non – atteint depuis le début, ne restait plus pour l’un des meilleurs représentants du rock hexagonal souterrain qu’à enrichir et augmenter une musique déjà foutrement bien affirmée. C’est chose faite. Respect éternel.

Disque intégralement disponible sur le bandcamp d'Africantape.

A écouter : sans relâche.
16 / 20
1 commentaire (14/20).
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Hangover The Top ( 2010 )

A l'heure où j'écris ces quelques lignes désormais obsolètes, Marvin doit remplir les stades de foot, jouer sur les plateaux TV dominicaux et avoir sa propre sonnerie pour smartphones dernier cri. Ou pas. Mais parfois, c'est tout à fait ce qu'on pourrait croire tant Marvin semble susciter une forme de jalousie auprès de certains irréductibles pisse-froids. C'est un fait, le trio montpelliérain agit comme un aimant sur un public toujours plus nombreux et glane les retours dithyrambiques de toutes parts. Cette grosse dose de sympathie et ces agréables retombées, Marvin est allé les chercher au forceps et à la sueur, en enquillant les concerts sauvages et les séances de répétition jusqu'à la crampe. Je crois bien que ce deuxième album - sorti en 12"/CD sur Africantape (Aucan, Extra Life) avec un superbe visuel - balaye d'un revers le seul bémol exprimé dans la précédente chronique, à savoir ce sentiment pas forcément désagréable de toujours tirer sur les mêmes ficelles comme un élève bien appliqué.

Fred, Greg et Emilie, aidés de leur insatiable optimisme, se sont décidés à écarter les murs de leur piaule d'étudiant. L'espace et l'air qu'ils se sont donnés, ils peuvent désormais pleinement en profiter. Hangover The Top est le genre d'album, qui sans donner son aval à n'importe quoi, sait se laisser adroitement porter par tous les préfixes que l'on peut voir ou entendre avant le mot ROCK. Noise, kraut, post, punk, electro, [...], hard ? Voilà, mais on peut encore enrichir la liste. "Roquedur", l'excellente ouverture aux faux airs de Superbeatnik, justifie pleinement les bandanas affichés sur scène et met immédiatement le doigt sur ce désir de ne fermer aucune porte. Un désir qui semble être en réalité une nécessité à l'expansion de Marvin, ou en allant plus loin, une mutation pulmonaire vitale pour ne pas crever la bouche ouverte, asphyxié par un air devenu trop vicié.
Dès lors. Beau comme un sou neuf et les doigts branchés dans la prise, Marvin joue toujours du Marvin pur jus, à grandes lampées de claviers KORG MS-20 (il y en a maintenant deux) et de vocoder, mais d'une manière infiniment plus libertaire et désinvolte, matérialisée par l'apparition d'une voix qui hurle son avidité d'affranchissement et d'indépendance. Avec un humour décapant jamais vulgaire, des clins d'œil jusque dans les noms/thèmes des morceaux ("Conan le Bästard") et une technicité nettement revue à la hausse, Marvin exécute une danse moderne et épique à l'esprit fédérateur intact qui n'a pas son pareil dans l'hexagone. Il n'y a finalement que le dernier titre de ce disque over the top, une reprise de Brian Eno ("Here Come The Warms Jets" - 1974), qui peut laisser dubitatif. Mais là encore, la référence à ce morceau mariant une flopée d’anciennes et nouvelles tendances de l'époque, est loin d'être anodine. C'est exactement ce que Marvin réalise, aujourd'hui.

Tracklist : 1.Roquedur 2.Au 12 3.Dirty Tapping 4.Reste Bien Tranquille 5.Conan Le Bastard 6.Good Radiations 7.Moustache 34 8.Fear 9.Here Come The Warm Jets (Brian Eno cover)

A écouter : Roquedur - Dirty Tapping - Conan Le Bstard - Fear
15 / 20
1 commentaire (17/20).
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Marvin ( 2007 )

Si ma mémoire est bonne, mon premier contact avec Marvin fut une belle prestation scénique dans l'ex QG montpelliérain des concerts organisés par Head Records et Noise Olympique, le bien nommé Point Zero. Le trio m'avait laissé sur le carreau avec leur musique terriblement rock'n roll, noisy, originale et surtout d'un entrain rapide et fievreux façon cavalcade sans frein sur des montagnes russes, la faute à une claviériste en plein dans le tempo donnant le jus avec son KORG omniprésent, nasillard et survolté.

Les sudistes ne lâchent jamais la pression durant la grosse demi-heure de ce premier album autoproduit. Ca déboule, ca gigote et ça trépigne sans arrêt. Tout en étant superbement carré, car techniquement plutôt doué, Marvin parvient à faire jaillir de chaque composition des mélodies (?) et des rythmes explosifs qui donnent irrémédiablement la danse de singui aux plus ankylosés du postérieur. Totalement irrésistible sur scène, le groupe l'est au moins autant sur ce disque qui respire l'optimisme sans piocher une seule note dans le grandiloquent, le facile et le racoleur. Le tout sans basse ni la moindre vibration de corde vocale s'il vous plait.
Outre cet élan fédérateur et édificateur de sourires un peu idiots, Marvin tient également largement la route niveau caractère. On aura beau dire que les montpelliérains doivent à Trans Am et consort, ils jouent avant tout du Marvin. C'est à vrai dire la seule chose que l'on pourra justement leur reprocher : cette tendance à appliquer sans complexe ni hésitation du début à la fin, une bonne recette qui ne varie que par effet de dosage et de préparation. On aurait aimé quelques éléments qui tranchent dans le vif et qui viennent se coller à la figure sans crier gare. Un reproche qui d'ailleurs n'en est pas vraiment un car cette recette est avant tout le cœur de Marvin et ce qui fait donc tout l'intérêt du trio.


Capable de tenir le dialogue à n'importe quel amateur de musique trépidante, rock, électro ou bal musette, Marvin tient le cap et le bon. Celui qui mène à la béatitude et qui rend heureux ceux qui veulent bien leur emboiter le pas.

Télécharger : Vocomurder.

A écouter : Vocomurder - Discudanse - Jardiland