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Biographie

Mark Lanegan

Mark Lanegan est un songwriter américain de la scène indé, qui compose un mélange de blues, de stoner, de rock et de grunge depuis le début des 90's. Il a commencé sa carrière au sein de Screaming Trees, un des nombreux groupes de la scène grunge de Seattle à s'être engouffrés dans la brêche ouverte par Nirvana. Le monsieur a un CV des plus impressionants. Il a travaillé entre autres avec Kurt Cobain, avec qui il a travaillé sur Where Did You Sleep Last Night (MTV Unplugged), et Cobain jouera en retour de la guitare sur son premier album solo. Il a également fait partie de Queens of the Stone Age, a composé pour Melissa Auf Der MaurMondo Generator et plusieurs Desert Sessions. Il devrait dès cet été tourner avec le MC5, en remplacement de leur chanteur.

16 / 20
3 commentaires (15/20).
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Blues Funeral ( 2012 )

Mark Lanegan est un musicien rare. On peut chercher du côté de Screaming Trees, des collaborations avec Queens Of The Stone Age et de son dernier projet en date, The Gutter Twins en duo avec Greg Dulli de The Afgan Whigs, Mark Lanegan enchaine les sorties remarquables. Un CV long comme le bras et pas une faute de goût. Avec Blues Funeral, le chanteur à la voix rocailleuse revient huit ans après son dernier effort en solo, toujours enveloppé d'une noirceur envoutante.

Mark Lanegan c'est d'abord une voix unique. Le genre de voix grave à coller les frissons d'un simple chuchotement, d'une simple phrase. Comme Tom Waits dans un registre similaire, quelques secondes d'un morceau suffisent pour qu'on reconnaisse son timbre particulier. Un chant toujours aussi profond, suave, sensuel, patiné au charbon, la braise et l'alcool, qui se montre rassurant parfois, mais avec ses failles, ses faiblesses et ses douleurs. Mark Lanegan en Arthur Rimbaud des temps moderne est guidé par sa mélancolie (« It's a deep black vanishing train, Upon a very long track, Standing on a sidewalk in the rain, Hands behind my back ») et les questionnements sur la foi (« here i am earthly bound, said hallelujah i'm going, down and the river jordan is deep and wide, I think i see forever across on the other side ») en allant jusqu'à mettre un refrain en français sur The Gravedigger's SongTout est noir mon amour, Tout est blanc, Je t'aime, mon amour, Comme j'aime la nuit »).

Mais Mark Lanegan c'est aussi un musicien en constante progression, à la trajectoire jamais clairement identifiable. Si au départ The Gravedigger's Song annonçait un Blues-Rock décadent et lugubre, on est rapidement surpris avec l'entame electro de Ode To Sad Disco. L'artiste aime les grands écarts et prend des risques en nous amenant là où l'on ne pensait pas le trouver. Il avoue de lui même, Kraftwerk ou Can font parti de ses références et cela s'entend tout au long de l'album ou le spectre des années 80's est indéniablement présent. Entre les ambiances intimistes et poétiques de Phantasmagoria Blues, le lancinant et sombre Bleeding Muddy Water et les plus étonnants Gray Goes Black ou Harborview Hospital (comment faire du U2 en vingt fois meilleur) avec ses boites à rythmes typées new wave, Mark Lanegan ne manque pas d'aplomb, mais surtout, il nous livre un album cohérent et d'une classe folle. Par ailleurs, le monsieur sait toujours aussi bien s'entourer de musiciens talentueux. Nommons pour les plus connus le multi-instrumentaliste et producteur Alain Johannes (QOTSA, Puscifer, Nosfell...), Jack Irons (Red Hot Chili Peppers, Pearl Jam) derrière les fûts et les apparitions entres autres de Josh Homme (QOTSAEagles Of Death Metal) aux riffs imparables de Riot In My House, Chris Goss (Masters Of Reality et producteur de disque Stoner incontournable) sur Leviathan ou Greg Dulli (The Gutter Twins) sur les ambiances arides et désertiques de St Louis Elegy. Plus qu'une liste de guest sans intérêt, chaque artiste apporte sa pièce à l'édifice, cisèlent la tombe de ce Blues Funeral.

Pourtant, avec ce disque, Mark Lanegan ne célèbre pas les funérailles du Blues, au contraire même, il élève le genre. Prenez Blues Funeral comme un entre deux, quelque part entre tradition et modernité, où les doutes et les souffrances de son auteur s'offrent parfois une rédemption rayonnante. « Et les étoiles à leur tour, comme torches funèbres, font les funérailles du jour. » disait Racine.

17 / 20
1 commentaire (18/20).
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Here Comes that Weird Chill ( 2003 )

Après un I'll Take Care of You mémorable en 1999 où l'ancien chanteur des Screaming Trees reprenait des textes du Gun Club ou de Tim Hardin entre autres, Mark Lanegan nous revient cette fois avec un album plus rock. Ce (léger) changement de direction est notamment dû à la présence sur le disque de Josh Homme et Nick Olivieri (ex-Kyuss, ex-QOTSA).

Autre changement, Mark Lanegan est désormais signé chez Beggar's Banquet, et non plus sur Sub Pop, label qui l'hébergeait depuis ses débuts avec Screaming Trees (ainsi que l'essentiel de la scène grunge de Seattle, Nirvana en tête).

La voix de Mark est ici encore plus grave que sur ses précédents opus, et sonne comme la bande son parfaite pour quiconque se trouve au volant d'un pickup, sur la '66, une bouteille de bourbon à portée de main, les yeux fixés sur le soleil couchant, en méditant sur son passé.

L'album commence sur Methamphetamine Blues (sous titre de l'album), un morceau qui comme son nom l'indique évoque la dépendance au crystal cher aux stoners (d'ailleurs à ce sujet Spun est un excellent film), sur fond de sirènes de police et de voix féminines. On enchaîne avec On the Steps of the Cathedral, ballade blues où Mark Lanegan prouve une fois de plus qu'il a une des voix les plus charismatiques au monde. S'ensuit Clear Spot, le morceau le plus rythmé de l'album, avec Message to Mine. La seconde moitié de l'album, emmenée par Lexington Slowdown, est selon moi la plus intéressante, tant au niveau des mélodies que des paroles. Les rythmes sont plus lents, la voix plus grave et assurée. Les derniers morceaux sont de pures merveilles, avec notamment Skeletal History et surtout Wish you Well, épique.

Les thèmes abordés restent plus ou moins toujours les mêmes, à savoir la drogue, l'alcoolisme, l'amour... Cet album est empreint d'ambiances américaines, et plaira à tous ceux qui aiment au choix le stoner, le blues, le jazz, le rock, le grunge ou le folk.

A écouter : Methamphetamine Blues, Lexington Slowdown, Clear Spot, Message to Mine, Sleep With Me...