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Biographie

Manes

Manes a été créé en 1992 à l'initiative de Cernunus (ex-Atrox) et de son ami Sargatanas. Après plusieurs démos, le groupe sort son tout premier album en 1999. Intitulé Under Ein Blodraud Maane, sorti sur le label Hammerheart Records, cet opus offre une musique Black Metal particulièrement glauque et lugubre. Pourtant le groupe n'enfonce pas le clou, manquant de conviction en son optique Black, si bien que Sargatanas choisit de quitter Manes. Poursuivant sa route, Cern' ranime Manes avec l'aide de quelques copains musiciens, notamment issus de Atrox. Le deuxième album de Manes créé ainsi la surprise en 2003. Vilosophe paraît sur le label italien Code666 et propose une musique totalement différente avec beaucoup de sons électroniques et un chanteur au timbre androgyne surnommé Emil. Partageant l'affiche avec des groupes aussi réputés que Danzig, Isis, Katatonia, Red Harvest, ou encore Theater Of Tragedy et participant à des festivals comme Inferno ou Hole In The Sky, le groupe assoit son style et n'hésite jamais à expérimenter, jouant des impros Drone avec le duo Noise Bush Revolution ou bien ouvrant en acoustique pour Danny Cavanagh le chanteur d'Anathema. Signant en 2007 chez Candlelight Records puis Debemur Morti Productions, Manes revient avec un diptyque conceptuel composé de How The World Cames To An End qui sort en avril, et de Be All End All, qui ne voit le jour que sept ans plus tard après une pause de deux ans et d'un essai sous le nom de Manii.

Chronique

16.5 / 20
3 commentaires (14.5/20).
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How The World Came To An End ( 2007 )

Manes est un de ces groupes scandinaves qui, à l'instar d'Ulver pour ne citer que le plus évident, a su prendre un virage à 180 degrés dans sa carrière avec une belle réussite artistique. Du black glauque originel à l'electro rock jazzy de Vilosophe, la surprise fut de taille. Après avoir sorti un EP intitulé View l'an passé, Manes revient cet année avec le premier volet d'un dyptique conceptuel, How The World Came To An End.

Dans la lignée de Vilosophe, cet opus privilégie les ambiances interlopes grâce notamment à des plages en apesanteur où le chant comme l'orchestration dessinent un paysage noctambule. Avec des mélodies ciselées avec soin, où la basse demeure le canevas élastique des compositions, Manes offre des textures sonores habillées de samples et de boucles mécaniques encastrées dans les toiles électro. Mais, le groupe propose aussi de nouvelles incursions, en particulier dans le hip hop sur Come To Pass, sur un fond musical sautillant. C'est l'une des bonnes surprises de ce disque, le morceau fonctionnant remarquablement bien. Sur ce disque, les guitares sont très en retrait, n'intervenant qu'à propos pour mieux laisser s'évader l'auditeur à travers de longues plages atmosphériques réhaussées de claviers. Les accents lancinants d'un morceau comme I Watch You Fall démontrent ainsi toute la capacité du groupe de créer des ambiances surprenantes et même envoûtantes.

Le chant, en anglais ou français, est discret, oscillant entre envolées hauts perchés, murmures légers, choeurs fantômatiques et même phrasé parlé (Son Of Brother Night To Sleep). Il se dégage de cet album foisonnant de trouvailles musicales une impression d'unité. L'atmosphère de How The World... s'inscrit en parallèle d'un autre disque majeur sorti le même jour, le Year Zero de Nine Inch Nails. La différence, outre une ambiance musicale plus vaporeuse, réside dans la froideur hantée de l'album , ses lignes de chants si particulières et ses pulsations irrégulières, de l'electro bruitiste au mid-tempo spectral de Last Lights. Cette froideur apparente n'exclue pas une certaine sensualité de l'ensemble, qui doit autant aux rythmes à l'occasion syncopés qu'aux intervenants au chant.

Sans jamais sacrifier à la facilité, Manes est aussi capable de donner de bonnes inspirations rock, comme Nobody Wants The Truth qui renvoit aux vibrations du précédent album. C'est aussi le cas de My Journal Of Plague Years, et son clavier hypnotisant, qu'on jurerait extraite de Vilosophe, par son ambiance assombrie. Sans se révolutionner, Manes poursuit néanmoins avec inspiration le chemin musical amorcé il y a déjà 4 ans. Le groupe y ajoute des ouvertures trip hop récurrentes, et des phrasés rappés en français qui ne dépareillent pas, se fondant idéalement dans le propos musical. Capable ainsi de mêler de multiples influences y compris jazz, Manes perpétue une tradition de musique originale et avant-gardiste tout en demeurant accessible.

Habile, atypique et maîtrisé, ce How The World Came To An End témoigne de la maturité du combo norvégien. Sans être aussi définitif que Vilosophe, à l'atmosphère unique, cet album fait d'ores et déjà partie des belles réussites 2007. Loin des modes et des figures imposées, Manes livre une oeuvre imaginative et enrichissante, propice aux rêveries de l'auditeur. Classieux indéniablement.

Des extraits de l'album sur le myspace du groupe.

A écouter : Come To Pass, My Journal Of Plague Years, Transmigrant notamment