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Biographie

Malkovich

Hugo - chant
Josha - batterie
Miriam - basse
Thomas - guitare
Mark - guitare

Originaire des Pays Bas, Malkovich se forme en 2001 à l'initiative d'anciens membres d' Atonement, Face Tomorrow et Remorse. Très rapidement, le combo se construit un nom sur la scène punk hardcore underground et sort une première production début 2002. S'ensuit l'enregistrement d'un autre mini album, The Foundation Rocks. Entre 2003 et 2004, Malkovich effectue plus de 80 concerts à travers l'Europe en compagnie des vedettes du label Reflections Records, Give Up The Ghost et Modern Live is War. En cette fin d'année 2004, le groupe sort son nouvel album sobrement intitulé A Criminal Record
Suite à un léger changement de line-up et une signature sur Gokart Records, un nouvel album voit le jour en avril 2007 : Kings N' Bosses

11.5 / 20
1 commentaire (11/20).
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Kings N' Bosses ( 2007 )

Chaud devant ! Nouveau label, nouveau line up et nouvelle imagerie (dommage j'aimais beaucoup l'ancienne) pour Malkovich. Bref, de quoi présumer d'un éventuel tournant musical. A ce niveau justement, car au final il n'y a que cela qui compte, les hollandais donnent finalement toujours dans un hardcore moderne aux accents rock'n roll. Toutefois, la production bien roots qui conférait énormément de charme aux précédentes productions est ici totalement éclipsée par un mixage façon "emo metalcore US mainstream" qui risque de couper l'herbe sous le pied des inconditionnels de The Foundation Rock et A Criminal Records.

Il faut dire que Kings N' Bosses s'articule autour d'un concept peu commun dans le milieu. En effet, alors que la plupart des groupes de hardcore s'évertuent à déverser de manière directe leur rage contre le système et ses injustices, Malkovich invite à un autre point de vue qui pourrait rapidement se définir par ces quelques mots : Les guerres purement économiques, la politique véreuse, l'environnement gangrené mènent notre société à sa perte. C'est pourquoi aujourd'hui plus que jamais, les gens ont besoin de faire la fête. Mais attention pas une pauvre boom de collège avec coca ou jus d'orange, une pure "Malkovich Party" ! Du coup on comprend mieux les nouvelles photos à base de confettis et déguisements loufoques. On comprend également pourquoi la musique du quintet est amputé de tout passage obscur et véritablement vindicatif (tant aux niveaux des vocaux que des cordes) au profit d'un hardcore guilleret faussement déstructuré.

Malgré un concept ma fois original (c'est déjà ça), les 12 morceaux de Kings N' Bosses ont vraiment du mal à enfoncer le clou, la faute a une production aseptisée dont je comprend vraiment mal le choix, mis à part pour tenter de plaire à une majorité (précisons que le disque est distribué de manière internationale). Les vocaux auparavant hargneux et variés se retrouvent formatés façon Underoath, de même pour les morceaux qui font 3 minutes et pas beaucoup plus !  Le résultat est d'autant plus rageant que certaines compositions valent vraiment le détour. Lorsque les 2 guitares, l'une mélodique, l'autre rasante viennent se chatouiller comme sur "034", "039" ou "041", l'émotion affleure bel et bien.

Malheureusement, l'humour guilleret de Malkovich à du mal a convaincre et les passages mémorables se font décidément trop rares pour que ce nouveau disque puisse allier efficacité et originalité. A ressortir pour les réveillons moroses peut-être.

Page MySpace.

A écouter : 034 - 039 - 041
14 / 20
3 commentaires (15/20).

A Criminal Record ( 2004 )

Même s'il n'existe que depuis 2001, Malkovich est loin d'être un nouveau venu sur la scène hardcore européenne. En quatre ans, le groupe a effectué plus d'une centaine de concerts à travers l'Europe, s'est constitué une discographie plus qu'honorable, et a signé sur un label qui compte dans ses rangs Converge ou Give Up The Ghost. Le moins qu'on puissait faire était de s'y intéresser. Force est de constater que le dernier album, A Criminal Record, justifie assez bien la confiance que Reflections Records a placée en lui.

Affublé d'un nom dont la référence n'échappera à personne, Malkovich met un point d'honneur à ne pas reproduire les clichés à l'infini. L'artwork, superbement réalisé par Thomas (guitare), rompt totalement avec l'iconographie en vigueur dans le milieu. Sur un fond orange, les arbres et les petits personnages, dessinés dans un style très naïf rappelant South Park, sont loin de nous informer sur le style pratiqué par nos bataves. Autre curiosité, les titres sont remplacés par des numéros. Passe encore s'ils suivaient l'ordre croissant des plages de l'album, mais ceux-ci sont organisés totalement en dépit du bon sens (bonne chance pour les retenir). Il est inutile de chercher ici une quelconque explication abstraite ou artistique que Malkovich se défend d'avoir, mais plutôt pragmatique, le groupe ayant tout simplement la flemme de donner des noms.

Sur le plan musical, A Criminal Record est assez déconcertant et nécessite plusieurs auditions avant d'en apprécier la valeur. Il convient surtout de ne pas se laisser dérouter par l'ambiance rustique qui semble présider à l'écoute de l'album. Même nanti d'une production très garage, Malkovich ne nous fera jamais croire qu'ils sont aussi rustiques qu'ils veulent bien le laisser paraître. En effet, sous des dehors rugueux, le groupe pratique un hardcore moderne à l'éventail très large, aussi bien inspiré par Refused ("021") et Give Up The Ghost ("020") que par des groupes beaucoup plus rock n'roll tels que les Hives ("018", "026") ou les Queens of the Stone Age. Excepté "017", les titres ne tournent pas autour de tempo très rapides mais plutôt mid tempo. On y sent une sorte de nonchalance, la possibilité d'aller plus vite sans toutefois la volonté d'en abuser. L'ensemble repose sur une assise rythmique très solide, une basse relativement présente malgré les deux guitares, un jeu de batterie très simple - mais jamais linéaire - et efficace, bien que le son de caisse claire alourdisse un peu trop les morceaux. Une oreille plus attentive discernera des accords très travaillés, souvent dissonnants, et même quelques mélodies ("022", "025", "028", "029") achevant de nous convaincre que l'on n'a pas affaire à des brutes épaisses.
Il est vrai, pourtant, que Hugo fait tout pour nous prouver le contraire. Sa voix screamo, dont le timbre oscille entre celui de Dennis Lyxzen et de Wes Eisold, habille les morceaux d'une agressivité qui en fait le fil conducteur de l'album. Souvent à la limite de la rupture, il parvient, toutefois, à nous montrer sa capacité à susciter de plus légères émotions ("029"). 

Au final, Malkovich nous offre une production sympathique et de bonne qualité, séduidante par sa spontanéité et son énergie. A Criminal Record est à conseiller aussi bien aux amateurs de hardcore rock n' roll qu'aux partisans d'un hardcore plus new school et devrait susciter bon nombre de réactions positives.

A télécharger : "017", "029"

A écouter : "017", "029", "028"