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Biographie

Maeth

Boone Epstein (Basse), Sam Tygiel (Guitare / Flûte), David Ports (Guitare) et Jay Schwartz (Batterie) fondent Maeth en 2011 du côté de St. Paul dans le Minnesota. Véritable mélange d'influences allant du Post-Rock à la musique Psychédélique, en passant par le Rock Progressif et le Doom Metal, les musiciens débutent leurs expérimentations avec l'ep Horse Funeral en 2012 et poursuivent avec leur premier long format, Oceans Into Ashes en 2013.

14.5 / 20
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Oceans Into Ashes ( 2013 )

Réussir à fusionner la pesanteur du sludge/doom et le rock, voire post-rock psychédélique, sans que ça ne paraisse chiant comme la mort, n’est pas chose aisée. Et pourtant les américains de Maeth se révèlent plutôt séduisants dans cet exercice, Oceans Into Ashes en est la dernière preuve en date, après une première démo, Horse Funeral, éclairant des musiciens déjà sûrs de leurs choix.

Cet album est comparable à une drogue dure, soit on se laisse porter par les vibrations caverneuses et enfumées, passant outre les quelques longueurs fréquentes dans le genre, soit on s’emmerde, purement et simplement, ou alors on traverse carrément le mauvais trip et on brûle ce disque. Je vais donc employer la première personne du singulier pour exprimer mon enthousiasme, mesuré tout de même. Je trouve cette pochette hideuse par exemple.

Le délire commence (et se termine) aux cotés des goélands, dans une intro typée post-rock à mort, n’augurant pas nécessairement du meilleur. Ça hume d’ailleurs l’air marin, les guitares imitent le mouvement des vagues, percutent parfois les rochers, les icebergs (The Sea In The Winter) ou les voiliers, causant quelques naufrages audacieux. Ambitieux dans la structure de l’objet en premier lieu ; taillée en montagnes russes, la durée des pistes oscille entre une et onze minutes. Une prise de risque qui se vérifie au sein de morceaux teintés d’un mysticisme nourri par l’entrée en scène d’une flute traversière sur le gargantuesque Nomad, trop peu exploitée globalement. Dans son jeu, Maeth navigue sur toutes les eaux, associant sludge ascendant –core et plans progressifs avec plus (Eulogy) ou moins (Burning Turquoise) de réussite. La production d’Adam Tucker est au poil, assez crade pour laisser respirer des mélodies fort bien exécutées, ponctuellement démonstratives sans trop d’excès toutefois. La basse, imposante, donne un relief grisant aux phases purement rythmiques, mais le bât blesse sur le fil du post-rock, les instruments chutant parfois dans la convenance de la niaiserie iodée.

Je pardonne volontiers cet écart de jeunesse aux gars de Maeth, osant des choses, qui, quand elles sonnent, sonnent à merveille et promettent un bel avenir au groupe. Reste que la plupart des compositions souffre paradoxalement d’une forme d’errance et de classicisme pouvant à terme provoquer l’indigestion. Allez, encore un petit effort.

A écouter : The Sea In The Winter, Nomad, Troödon, Eulogy, Big Sky.

Oceans Into Ashes ( 2013 )

Maeth est probablement l'un des groupes qui a le plus buzzé sur le web en cette fin d'année 2013. Un buzz certes mérité quand on se confronte à ce très ambitieux Ocean Into Ashes. Cependant, rappelons qu'un buzz n'est pas forcément synonyme de qualité supérieure. Ah je sens que je vais pas me faire que des copains là.
Avec Maeth, je partais avec un bon a priori issu des nombreuses écoutes de leur démo Horse Funeral et ses quatre pistes de stoner metal psyché/prog parsemées ici et là d'influences couillues thrash ou de petites touches folk (la flûte que tout le monde aura évidement noté), sans parler du bel artwork mi-comic mi-mythologique.
Au contraire de Oceans Into Ashes, Horse Funeral avait pour elle une identité homogène, bien affinée et travaillée. C'est bien ce qui manque sur leur nouvelle production.

Les intentions sont bonnes, on sent que les gars sont talentueux et de gros bosseurs mais peut-être ont-ils mit la barre trop haut en voulant faire un pot-pourri de toutes leurs influences, de tout leur savoir faire. La première partie de l'album est probablement la pire dans cette optique là. Trop, c'est tout simplement trop de vouloir faire cohabiter le psyché metal moderne à la Kylesa/Baroness, du post-rock, de la folk, du djent et surtout caser un maximum de gimmick de guitare et soli épico-technique à la Mastodon. Nomad en est l'exemple même : une piste foutraque de 10 minutes où tous les plans suscités s’enchaînent avec trop de fioritures et des breaks à la hache. Niveau cohérence, c'est râpé.
C'est pourtant dommage de les voir s'éparpiller ainsi quand on voit à quel point chaque partie est bien maîtrisée mais donne un ensemble vraiment trop bancal. Sans parler des petites pistes dont on ne sait pas vraiment si elles constituent des interludes tant il faut bien vérifier la tracklist pour savoir si c'est encore le prolongement d'une piste déjà assez longue.
Sans déconner, quelle la raison d'être de ces interludes qui ressemblent comme deux gouttes d'eau à toutes les parties mal agencées qu'ils s'évertuent à caler dans leurs compos. Mystère, mais mon petit doigt me dit que les dernières productions de Baroness ont franchement trop tournées pendant la composition de l'album. Et c'est peut-être ça le problème, quand on sait à quels points elles sont elles-même bancales.
Et en plus à trop s'étirer et alterner les roulements de mécaniques musclés, démonstration technique et rêveries oniriques, Maeth tombe parfois dans le carrément mièvre et chiant (la fin de burning turquoise).
Enfin rien n'est perdu et à partir de Troödon , l'album change du tout au tout. Exit les gri-gri de guitare, envolés post-rock et tutti quanti. Le groupe se tient à la recette de sa démo initiale, plus sobre, plus maîtrisée et plus metal. Les ombres de leurs maître-à-jouer traînent toujours à fond, mais ces quatre dernières pistes ont plus de cohérence que les 6 premières et sont bien plus agréables à l'écoute, et on se dit qu'un peu plus de rigueur sur l'ensemble de la galette aurait permit à Maeth de faire de cet Ocean Into Ashes un bien meilleur disque. Cependant, cette deuxième partie, si elle gagne en homogénéité, perd en originalité. Chacune des deux pièces recèlent ce qui manque à l'autre. Gageons qu'avec moins d'ambition et plus de rigueur, le prochain Maeth en sera la synthèse.

A écouter : Troödon, Eulogy
Maeth

Style : Sludge / Post-Rock / Psyché / Rock Progressif
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Origine : USA
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