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Biographie

Made Out Of Babies

  C'est à New-York, au cours de l'année 2003, que se forme Made Out Of Babies. Le quatuor se réunit autour de l'explosive Julie Christmas (chant), mais on compte également dans ses rangs Brendan Tobin (guitares), Cooper (bassiste officiant également au sein de Players Club), et Matthew Egan (batterie).
  L'année suivante, le combo va intégrer rapidement les studios afin d'enregistrer Trophy, son premier album. Le groupe agit d'abord puis réfléchit ensuite, puisqu'il lui faut à présent démarcher un label. L'album atterrit finalement sur les bureaux de Scott Kelly et Steve Von Till chez Neurot Recordings, et les membres de Neurosis ne vont pas hésiter et propose un contrat aux new-yorkais. Made Out Of Babies se pose alors comme le groupe le plus rock'n'roll du label, et c'est durant l'été 2005 que le public pourra lui aussi apprécier leur tempérament avec la sortie de Trophy. Ils iront ensuite le défendre sur scène en compagnie de Red Sparowes ou encore Pelican.
  En 2006, le quatuor de Brooklyn s'offre les services de Steve Albini pour l'enregistrement de Coward, deuxième album sur Neurot Recordings.
  En 2008, le groupe change la donne, rejoint The End Records, et opte pour une production éloignée du tout analogique avec Andrew Schneider. Il en résulte The Ruiner, 3ème album et sans doute le plus travaillé et réussi de Made Out Of Babies.

Chroniques

The Ruiner Coward Trophy
16.5 / 20
9 commentaires (17.67/20).
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The Ruiner ( 2008 )

Man, as known as, The Ruiner. "L'Homme est un Loup pour l'Homme" et sûrement encore bien pire pour les autres. C'est sur ce fataliste corollaire que Made Out Of Babies forge les fondations de son 3ème album, un disque cathartique, balayé par les acrobaties de Julie Christmas, vectrice des émotions aux cordes vocales plus débridées que jamais.

"Cooker", le désarroi, la lutte et l'exutoire. Made Out Of Babies joue cartes sur table dès l'entame avec en prime, un son dantesque nourri d'effets, griffant le chant et plongeant les cordes dans un bain de lave en fusion. Basse pulsative, riffs jetés en pâture au premier plan, batterie sèche et dure, les new yorkais bandent les muscles et encastrent définitivement la Noise et le Metal tout en conservant le groove qui caractérisait déjà leur jeu sur Coward et Trophy. Le pas est franchi. Le combo semble avoir définitivement trouvé son créneau à travers des compositions alambiquées et torturées mais qui n'inhibent en rien leur fureur juvénile et primitive.  Alimentée de guitares grasses et rugueuses, attisée par des râles à la violence exacerbée, l'énergie déployée est un brasier dévalant les pentes abruptes et grimpant les talus épineux. Pourtant, et c’est bien le tour de force de The Ruiner, Made Out Of Babies parvient à étayer sa palette émotive avec de nombreuses incursions Indie Rock ("Invisible Ink", "The Majot") tout en restant cohérent, la faute à ce chant d’une richesse folle, plein d’assurance et de témérité, s’adaptant à tous les sujets et tous les terrains. Une voix littéralement tentaculaire ; animale et rugueuse, elle renforce les flammes. Douce et claire, elle souffle sur les braises.
A la fois monolithique mais également rempli de détails, The Ruiner occupe de multiples strates d'écoute. "Cooker", et "Bunny Boots" auront un impact immédiat et croissant tandis ce que "The Major" et "How To Get Bigger", dantesque morceau final, consumeront l’esprit à petit feu.

Clairement moins cru mais tout aussi intense que leurs efforts précédents, car profitant en autre d’une production diamétralement opposée à Coward, The Ruiner est le fruit réussi d’un travail de longue haleine. Sans aucun doute le meilleur album de Made Out Of Babies. Reste cet artwork anthropologique, symbolique certes, mais franchement moche.

Tracklist : 01 Cooker ; 02 Grimace ; 03 Invisible Ink ;04 The Major ; 05 Buffalo; 06 Bunny Boots; 07 Stranger; 08 Peew; 09 How To Get Bigger

A écouter : Cooker - The Major - Bunny Boots - How To Get Bigger
16.5 / 20
5 commentaires (17.8/20).
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Coward ( 2006 )

Waaaaaaaaaaaaaaaaa! C'est dans un cri que démarre ce nouveau Made Out Of Babies, en trombe, riff acéré, punch de la frappe du batteur, agressivité du chant de Julie Christmas, tout y est et Silverback emporte tout sur son passage.  Signé chez Neurot Records, Made Out of Babies est un peu la petite soeur qui détonne. Braillarde, cinglée, directe, rock'n roll, finalement assez loin des expérimentations des grands frères de Neurosis. C'est pourtant bien Steve Albini (PJ Harvey , Nirvana entre autres), également producteur du prochain album de Neurosis, qui est aux manettes de Coward, second album de MOoB qui affine ce que l'on avait pu apprécier sur un premier effort costaud, Trophy, sorti l'an passé.

La pochette est déjà en elle-même un sale coup. Ce petit garçon qui nous regarde, le visage tuméfié, semble dresser l'acte d'accusation du lâche (coward en anglais) qui l'a brutalisé. Celui-là doit, et va passer à la moulinette de Julie Christmas et de son combo déchaîné sur 8 pistes. Le seul morceau où elle n'arrache pas le capitonnage étant la bien nommée Lullaby, interlude amer en écho du premier album. Toutes les autres pistes sont des décharges vindicatives pleines de violence, de colère et de ressentiment. Mais pourquoi tant d'agressivité? S'attarder sur le fond des lyrics renseigne plutôt sur l'esprit vagabond de leur auteur, et leur forme de logorrhée semble tout droit sortie d'une chambre d'hopital psychiatrique, section rêveuse  borderline. Il faut alors se rendre à l'évidence, ses cris et ses chuchotements sont la seule façon de communiquer de la sauvage qui les assène sur un fond musical tapageur, vivant, en parfaite adéquation stylistique.

Plus encore que sur Trophy, MOoB vibre de pulsations indie rock gonflées aux hormones, mais le groupe est plus sinueux, plus tordu, porté par une section rythmique puissante. Il n'y a pas de morceau radio friendly sur cet album, malgré leur brièveté (pas plus de 5 minutes), uniquement des coups de butoir, et aussi de très bonnes chansons, telle Death In April. La basse ronronne ou grince (Mr Prison Shanks), le batteur cogne implacablement, les riffs abrasifs se succèdent, tout concourt à mettre en valeur les déchirements de la frontwoman. Quelques backing vocals se font entendre sur Proud To Drown ou Fed, hurlés évidemment, mais c'est en contrepoint du chant clair de Julie Xmas, étonnament à son aise lorsqu'elle abandonne ses gimmicks. Le reste du temps, la petite fille paumée sussurre ses mots  et la furie enragée poursuit l'auditeur de ses diatribes, en témoigne par exemple Out. Julie Christmas est la pierre angulaire du groupe, et à travers ce chant peu académique qui joue les sinusoides schizoides, elle lui donne toute sa hargne de psycho girl mal élevée. Les explosions soniques régulières qui ponctuent Coward sont alors comme des points de passage obligés. Se succèdent parpaings pleine face, tessons de bouteilles écrasés du pied, lames de rasoir coincées dans la gorge. Le point culminant étant Gunt, dernière piste déchirée où la violence psychotique de la chanteuse bien soutenue par une instrumentation en acier trempé laisse groggy.

Made Out of Babies ne prend pas en traître, ce petit garçon au visage tuméfié, c'est en fait vous après être passé au broyeur maison des américains. Aucun répit, aucune sortie, voilà un disque enfiévré et bastonneur. Trophy avait plutôt agréablement surpris, Coward témoigne de progrès non négligeables avec un impact émotionnel décuplé. Ce deuxième album, cap toujours difficile à passer, prouve que Made Out of Babies mérite amplement l'attention et que Neurot Records a définitivement fait une bonne pioche en les signant.

Mr Prison Shanks en écoute sur le myspace du groupe.

A écouter : Silverback, Fed, Death In April, Gunt
16 / 20
3 commentaires (17.5/20).
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Trophy ( 2005 )

  Non le Noise du début des 90’s n’est pas condamné à rester figé dans l’histoire de la musique alternative. Le patrimoine laissé par les mythes que sont les Melvins ou encore Unsane a de plus en plus tendance à être ravivé ces derniers temps par de jeunes formations en manque de cette spontanéité rock’n’roll musclée. C’est le cas des new-yorkais de Made Out Of Babies, dont le potentiel n’a pas échappé à Neurot, en particulier celui de sa frontwoman Julie Christmas.

  Inutile de se fier à son patronyme angélique et enchanteur au vue de sa prestation sur Trophy. En effet, la demoiselle est une sorte d’amazone du XXIè siècle, n’omettant pas de faire jouer astucieusement son charisme pour mieux vous saisir la jugulaire au premier éclat de guitare survenu. On pense alors inévitablement à Katie Jane Garside de Queen Adreena pour cette bipolarité du chant, avec un côté néanmoins plus maîtrisé de Julie Christmas dans ses accès furieux. Avec ce premier essai, les MOOB élabore une sorte de chevauchée des Walkyries version Brooklyn, avec des rythmes crus et fracassants sur la majorité des pistes (Ire Fire), mais aussi imposants et solennels (l’impressionnant Sugar).

  Le son est proprement énorme, et les guitares s’en trouvent de fait les bénéficiaires privilégiés. Elles savent se faire abruptes comme du Unsane (Pirate) sans méconnaître par ailleurs le Heavy Rock des Melvins, et appuyées en outre par une basse qui ronfle de tous ses watts. Trophy est un disque qui pue véritablement le goudron et le coin de ruelle mal famée (Gut Shoveler), fonçant les yeux fermés sur les tympans avec toute la dangerosité de l’animal sauvage blessé (le bien nommé Wounded Rhino). MOOB domine cruellement son sujet, que ce soit par ses assauts heavy sans concessions (Herculoid, El Morgan), ou ses accès de folie issus de riffs dézingués et psychiatriques (Swarm). Autant dire que les décibels pleuvent abondamment. Le groupe, saisi par la pitié pour l'appareil auditif de ses futurs auditeurs, envisage alors de placer çà et là quelques petites accalmies. Mais celles-ci n’ont toutefois rien de complaisant ni de salvateur tant l’une établit un climat malsain, et l’autre se présente finalement comme une sorte de berceuse proférée par une aliénée perverse.

  Premier album et premier tour de force pour Made Out Of Babies. Trophy dope grassement l’héritage de leurs aînés avec un son massif et intransigeant pour un résultat d’une efficacité féroce. Pour la signature de son premier groupe véritablement rock’n’roll et dénué de tout concept, Neurot a eu le nez creux une nouvelle fois…si tant est qu’il était encore besoin de le démontrer.

Télécharger : Ire Fire et Swarm.

A écouter : El Morgan, Gut Shoveler, Sugar, Wounded Rhino
Made Out Of Babies

Style : Noise / Metal
Tags : -
Origine : USA
Site Officiel : madeoutofbabies.com
Site Officiel : neurotrecordings.com/artists/made-out-of-babies/index.aspx
Amateurs : 62 amateurs Facebook :