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Biographie

Lvmen

1995, Praha en République-Tchèque, Lvmen voit le jour autour de Petr Proft (Chant / Claviers), Robert Taschner (Batterie), Roman Hulín (Basse), Tomis (Guitare), Mirda (Guitare) et Vladimír Svoboda (Guitare / Chant). En 1998, les tchèques de Lvmen avec la venue de Vlastimil Schrottenbaum (Guitare / Basse) sortent discrètement un premier disque éponyme via Day After Records. Ce premier pas est l'un des points de départ important d'une scène post Neurosis incluant à leur musique des pointes émotionnelles et mélancoliques. Deux ans plus tard, Raison d'Être confirme tout le talent du septuor européen, mais Vlastimil ne reste cependant pas dans le groupe.

Il faut attendre six années pour que le combo accouche d'un successeur nommé Mondo. Ce dernier accentue encore leur personnalité hors norme les plaçant bien au delà des multiples clones qui tentent de serpenter sur les mêmes chemins du Post-Hardcore. La même année sort un An Anthology Of Previously Released Songs, qui comme son nom l’indique, rassemble les titres remasterisés de l'album éponyme et de Raison d'Être. Tomis quitte le groupe pendant ce laps de temps, laissant Lvmen à cinq musiciens pour la compositions de Heron qui parait en 2008, toujours via Day After Records. Vladimír décède en avril 2011 et Lvmen rentre dans une période de hiatus de plusieurs années.

On apprend alors que Lvmen revient, toujours composé des quatre anciens compagnons, mais avec deux nouvelles forces pour les soutenir : František Klimt (Basse) et Tyson Cosby (Guitars / Basse). A six, ils composent Mitgefangen Mitgehangen qui sort en juin 2017. Deux mois plus tard, le guitariste du départ Mirda décède également. Le groupe poursuit tout de même ses aventures avec un nouveau guitariste, Libor Palucha, Tyson ayant quitté la formation.

Chronique

17 / 20
3 commentaires (16.83/20).
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Mondo ( 2006 )

Après six ans d'un parcours de longue haleine, Lvmen donne enfin une suite à Raison d'Être. Ce premier véritable album pouvait se targuer d'être une des plus belles rencontres entre ambiances tant pesantes qu'obscures et atmosphères émotionnelles témoin du "spleen énervé" enfoui dans le cœur du combo tchèque. Ce mélange furieux et mélancolique à la fois, sorte de "Neurosis rencontre Slint" (rien que ça), avait de quoi surprendre. D'une part parce que peu de groupes du genre arrivaient à produire un tel niveau de tension sans déployer une avalanche de décibels à la Isis, d'autre part parce les compositions de Lvmen sont très identitaires. Comprenez par là que la musique du combo s'élance là où on ne l'attend pas, qu'elle explore, qu'elle débroussaille en permanence. Par conséquent, Lvmen n'est pas une formation dont on peut saisir la quintessence avec une poignée d'écoute. Le son de Lvmen est de ceux qui vous travaillent un peu plus chaque fois, de ceux qui, semblables à un roc, sont difficiles à percer à jour mais auxquels on reste scotché si on y saute à pieds joints.

Quant à ce Mondo, il apparaît comme la prolongation évidente de Raison d'Être. Afin de marquer cette continuité, la première piste commence d’ailleurs à VIII et se positionne donc naturellement à la suite du premier acte. Pour que la "greffe" se passe en douceur, Lvmen introduit ce second chapitre par une lente montée Post-Rock usant avec toujours autant de classe des samples aériens. La tension est de plus en plus palpable au fil des notes, l'émotion est progressive... Le doute n'est déjà plus permis, le quintet possède toujours autant le sens des mélodies habiles qui tracent leurs routes sans se répéter. Cette belle entrée en matière n'est toutefois qu'une mise en bouche pour l'avalanche qui fait suite. Le groupe nous tiraille toujours autant entre une puissance matérialisée par des cordes épaisses et rampantes et une nostalgie désabusée soutenue par des mélodies lentes et gracieuses. Le chant sait se faire discret et lors de ses apparitions tantôt parlées / chuchotées / criées (parfois au sein d'un même morceau), le moment en devient solennel et on se laisse volontiers envoûter par le sanctuaire édifié par Lvmen.

Mondo est à l'image d'un fleuve qui prend sa source en hauteur, dans un glacier et dont le voyage s'achève dans un delta démesuré, en apothéose. En ce sens, l'album est clôturé par le meilleur morceau que les musiciens n’aient jamais écrit. Ce dernier rassemble toute l'essence de leur inspiration. Plus de huit minutes touchantes et chuchotées à nos oreilles, abrasives et crachées en pleine figure. "...He's finally completely dead", la boucle est bouclée. Mondo est un beau pavé dans la mare des groupes dit Postcore dont l'écriture très personnelle fait définitivement de Lvmen un groupe à part. Marginaux dans leur approche, Lvmen ne distillent que peu de repères car ils construisent au final leur propre chemin (destin !) musical. Les prestations scéniques de Lvmen, agrémentées de projections vidéo et de diffusions d'atmosphères grisantes entre les morceaux, sont plus que saisissantes. Ne les loupez donc pas sur les futures dates annoncées en France à cheval sur février et mars.