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Biographie

Lvmen

1998 : Les tchèques de Lvmen sortent discrètement un 12" sur Day After Records. Ce premier pas (mais pas des moindres) fut en quelque sorte un des points de départ d'une scène Post Neurosis incluant à leur musique des pointes émotionnelles et mélancoliques. 2 ans plus tard, Raison d'être confirme tout le talent du quintet européen.
Il aura fallu attendre 6 années pour que le combo accouche d'un successeur : Mondo. Ce dernier accentue encore leur personnalité hors norme les plaçant bien au delà des multiples clones pompeux qui tentent de serpenter sur les mêmes chemins. La même année sort un An Anthology Of Previously Released Songs, qui comme son nom l’indique, rassemble les titres remasterisés du 12? éponyme et de Raison d’être.

Chronique

17 / 20
3 commentaires (16.83/20).
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Mondo ( 2006 )

Après 6 ans d'un parcours de longue haleine, Lvmen donne enfin une suite à Raison d'être. Ce premier véritable album pouvait se targuer d'être une des plus belles rencontres entre ambiances tant pesantes qu’obscures et atmosphères émotionnelles témoin du "spleen énervé" enfoui dans le coeur du combo tchèque. Ce mélange furieux et mélancolique à la fois, sorte de "Neurosis meets Slint" (rien que ça), avait de quoi surprendre. D'une part parce que peu de groupes du genre arrivaient à produire un tel niveau de tension sans déployer une avalanche de décibels à la Isis, d'autre part parce les compositions de Lvmen sont très identitaires. Comprenez par là que la musique du combo s'élance là où on ne l'attend pas, qu'elle explore, qu'elle débroussaille en permanence. Par conséquent, Lvmen n'est pas une formation dont on peut saisir la quintessence avec une poignée d'écoute. Le son de Lvmen est de ceux qui vous travaillent un peu plus chaque fois, de ceux qui, semblables à un roc, sont difficiles à percer à jour mais auxquels on reste scotché si on y saute à pieds joints.

Quant à ce Mondo, il apparaît comme la prolongation évidente de Raison d'être. Afin de marquer cette continuité, la première piste commence d’ailleurs à "8" et se positionne donc naturellement à la suite du premier acte. Pour que la "greffe" se passe en douceur, Lvmen introduit ce second chapitre par une lente montée Post-Rock usant avec toujours autant de classe des samples aériens. La tension est de plus en plus palpable au fil des notes, l'émotion est progressive ... Le doute n'est déjà plus permis, le quintet possède toujours autant le sens des mélodies habiles qui tracent leurs routes sans se répéter.
Cette belle entrée en matière n'est toutefois qu'une mise en bouche pour l'avalanche qui fait suite. Le groupe nous tiraille toujours autant entre une  puissance matérialisée par des cordes épaisses et rampantes et une nostalgie désabusée soutenue par des mélodies lentes et gracieuses. Le chant sait se faire discret et lors de ses apparitions tantôt parlées / chuchotées / criées (parfois au  sein d'un même morceau), le moment en devient solennel et on se laisse volontiers envoûter par le sanctuaire édifié par Lvmen.
Mondo est à l'image d'un fleuve qui prend sa source en hauteur, dans un glacier, et dont le voyage s'achève dans un delta démesuré, en apothéose. En ce sens, l'album est clôturé par le meilleur morceau que les gaziers n’aient jamais écrit. Ce dernier rassemble toute l'essence de leur inspiration. Plus de 8 minutes touchantes et chuchotées à nos oreilles, abrasives et crachées en pleine figure. "...He's finally completely dead", la boucle est bouclée.

Mondo est un beau pavé dans la mare des groupes dit "Postcore" (allez savoir pourquoi...) dont l'écriture très personnelle fait définitivement de Lvmen un groupe à part. Marginaux dans leur approche, Lvmen ne distillent que peu de repères car ils construisent au final leur propre chemin (destin !) musical.
Les prestations scéniques de Lvmen, agrémentées de projections vidéo et de diffusions d'atmosphères grisantes entre les morceaux, sont plus que saisissantes. Ne les loupez donc pas sur les futures dates annoncées en France à cheval sur février et mars.

Extraits : #9 - #13.

A écouter : #8 - #10 - #13