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Biographie

Lowrider

Lowrider est un groupe de Stoner actif à la fin des années 90 en Suède. Le groupe sort deux splits respectivement en 1998 et 1999 et le premier album Ode To Io ne tarde pas car il paraît en 2000. Suite à cela, les Scandinaves ne sortiront plus rien pendant 20 ans, on parle de hiatus du groupe, jusqu'à ce que Refractions fasse son apparition en 2020 chez Blues Funeral Recordings. 

Chronique

18 / 20
1 commentaire (16.5/20).
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Refractions ( 2020 )

Il était attendu par les érudits du genre. Très très attendu. Annoncé depuis cinq ans, début de sa gestation, l'album aura été chouchouté, fignolé, pas à pas, pour un aboutissement soigné. On peut considérer que Lowrider avait déjà son public acquis et que la fin de l'attente aurait d'ores et déjà réjouit tout le monde et conquit cinquante pour cent de l’opinion qui trépignait... Mais il semblerait que le prisme soit à retourner : ils étaient grandement attendus au tournant et les mélomanes en manque de Desert Rock suédois, qui ressassent en boucle le split avec Nebula et l'album Ode To Io, ne pouvaient QUE être exigeants, fins, l'oreille prête à ne rien laisser passer et en demande d'une qualité supérieure. Leur production honore l'attente. Cinq ans de travail doit donc être le temps du perfectionnement. Que dis-je... du perfectionnisme. Le temps de la patience. Le temps du polissage de la perle.

De prime abord, l'artwork émerveille dès la prise en main. On pose la galette sur la platine / on glisse le CD dans la fente et on décolle dès les premiers riffs. Le quatuor d'ex-adolescents ne réinvente pas le genre : il assoit son identité. Il apporte évolutions et maturité à ses compositions et son univers. Les rythmes cassés et les parties instrumentales qui courent et font balancer les nuques alternent avec l'espace-temps qui s'étire dans des mélodies douces et lancinantes. Bien sûr, le parallèle est flagrant entre Ode To Io et Refractions. C'est clairement la même famille, mêmes gênes, même moule, même tendresse. Comme un écho qui trace un pont à travers deux décennies. Cet opus résonne comme... Comme rentrer chez soi après des mois d'absence. Comme revenir sous la couette après une dure journée. Comme sentir la bonne odeur des gâteaux de son enfance. Oui. Refractions est un retour aux sources, une merveille sans surprise mais en apothéose. Lowrider compose, joue, respire, offre du Lowrider. Et on aime du bord des oreilles jusqu'au fond des tripes.

On est emmenés d'ambiances stratosphériques aux envolées planantes, à des retours en piqué vers le sol massif et implacable. La précision d'Andreas n'a pas bougé, le doigté de Niclas est toujours aussi agile, les voix de Peder et Ola ne se sont pas émoussées. Ils ont toujours 19 ans. Le titre d'entrée nous accueille dans une ambiance familière, le désormais classique et bientôt clippé Red River nous remet les jalons aux bons endroits si jamais nous avions osé oublier qui est Lowrider. Ode To Ganymede nous rappellera que les mélodies qui restent en tête sont couplées à des riffs précis et mariées à un chant qui sait se faire petit au bénéfice de l'instru. C'est une qualité. Parlons de Sernanders Krog qui accélère l'écoute et hypnotise : j'ai hâte de voir le public réagir en concert. C'est précis, le chant ondule contre les sons de guitare, la batterie se fait claquante et nette soutenue par une basse très présente. Ol' Mule Pepe revient aux sources du Desert Rock à l'ancienne, et Lowrider sait très bien le faire, l'a déjà prouvé et s'en amuse comme un exercice de santé. Sun Devil/M87 (je ne me lasse pas de la personnalité marquée de leurs titres) fera sourire pour qui a encore Sun Devil dans les oreilles et aimera ce joli clin d’œil plus abouti côté instru qu'en 2000. Et on finit -bien trop tôt- l'album sur un majestueux Pipe Rider émouvant et précis, tout à fait hors du temps, comme une porte ouverte vers un autre monde.

Que faire après?
Hé bien #repeat.