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Biographie

Louis Jucker

Musicien Suisse aux multiples projets, Louis Jucker a sorti plusieurs EP et albums solo en parallèle de ses travaux avec Kunz, Coilguns, The Ocean, The Fawn ou Televator. S'orientant vers une Folk Lo-Fi sur ses travaux plus personnels, le guitariste / chanteur sort sa discographie petit à petit chez Hummus Records, avec son dernier album en date, Eight Orphan Songs.

15.5 / 20
1 commentaire (17/20).
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Louis Jucker & Coilguns play Kråkeslottet [The Crow's Castle] & Other Songs from the Northern Shores ( 2020 )

Louis Jucker et ses comparses de Coilguns semblent avoir du mal à se passer les uns des autres. Entre les différents projets en groupe (Closet Disco QueenRed Kunz, …) et ceux en solo, nous sommes cette fois face à un Louis Jucker feat Coilguns, ou les musiciens interprètent majoritairement Krakeslottet.
Pour ceux qui n’avaient pas écouté Krakeslottet, il s’agissait d’un disque de Folk / Lo-Fi enregistré en solo par le musicien, dans un registre totalement intimiste. Avec cette version, les titres prennent une autre dimension, d’une part au travers de l’apport instrumental («  A Simple Song »), mais aussi car le frontman pousse plus facilement sa voix comme sur « Stay (in your house) ».

Mais loin d’être uniquement un disque de Rock, l’album rappelle par moment Les Marquises, Brand New ou Radiohead sur « The Stream » lorsqu’on ne part pas sur quelque chose de plus chaud (« The Woman Of The Dunes »). C’est en cela que les huit morceaux s’enchaînent aisément : au lieu d’être une unique adaptation homogène, chacun possède une vision propre, fragment unique dont on se laissera porter par le rythme. Ma préférence va clairement aux trois derniers morceaux, alternant Folk intimiste et Rock un peu plus chaleureux. L’une des principales évolutions reste le chant. D’un Louis Jucker timide sur l’opus précédent, on retrouve ici une ligne vocale plus assurée, chaude et sujette à plus de variations (« Storage Tricks »).
S’il l’on peut regretter quelque chose, c’est que parfois, l’apport des autres musiciens soit moins palpable (« Storage Tricks ») alors que l’on aurait aimé justement que l’alchimie qui se dégage englobe le tout. On ne doute pas que cette vision à 4 est forcement différente de celle initiale, mais on eu aimé peut être qu’elle s’impose plus par moment.

Il ne faudra pas prendre ce disque comme un album de Coilguns, loin de là, mais plutôt comme une extension de Louis Jucker en tant qu’artiste, interprétée par ses compères. Il y a quelque chose de captivant dans ce disque, dans le lent chemin de « Merry Dancers » ou l’effronterie de « Stay (in your house) ». On eu aimé que le musicien soit moins productif, le temps de digérer toutes les sorties du collectif, mais celle ci se démarque des précédentes dans son approche.

14.5 / 20
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Something Went Wrong ( 2020 )

Le musicien ne cesse définitivement de nous abreuver de sorties. Entre le travail commun sur Krakeslottet, l’album en question, un live, … c’est en général par vague que semble fonctionner l’artiste. Avec Something Went Wrong, nous sommes ici face à dix titres, oscillant entre Rock et Folk, interprétés dans leur quasi intégralité et composés par Louis Jucker (sauf « Shy Of Fire » d’Iona Kewney).

Sous un artwork qui annonce une musique autocentrée, que certains qualifieront d’introspective, Something Went Wrong ensorcèle aisément : musique le plus souvent épurée (« Resilience »), paroles à la première personne (« Losing Hair » ou « To the Origin ») et toujours un chant quasi cristallin par moment, souvent haut-perché. Le musicien pouvait déjà avoir conquis avec Eight Orphan Songs ou Krakeslottet, mais ici c’est à nouveau une sentiment d’apaisement qui s’empare de nous et s’immisce sans difficulté dans nos crânes. J’adhère personnellement plus aux morceaux les plus limités en termes d’instruments. D’une part parce que le contexte de sortie de Something Went Wrong s’y prête (ambiance brumeuse / pluvieuse), mais également car c’est là que le musicien semble s’éclater le plus : « The Heat / Hello Weirdo » ou « To the Origin ».

Si l’on appréciera dans sa globalité Something Went Wrong, le disque manque par moment de justesse : « The Damn » ne commence à prendre forme que dans sa seconde moitié alors que la longue intro de « Losing Hair » prend un caractère brouillon par moment, et enfin « Half a Kid and Me » qui se révèle en demi-teinte après « I Hate to Hurt the Hearts I Eat ». L’album n’est pas une déception, mais offre quelques écueils.

S’il semble toujours emporté par ses envies créatrices, Louis Jucker poursuit une quête fragile qui résonne entre Folk / Rock / Lo-Fi, porté par des titres comme « The Heat / Hello weirdo ». Même si en apparence, Something Went Wrong ne sera qu’une pièce de plus à la discographie du musicien, le disque est tout aussi riche que ses prédécesseurs.

15 / 20
1 commentaire (17.5/20).
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Kråkeslottet ( 2019 )

N’étant pas forcement le plus grand auditeur de Folk actuellement, c’est presque avec une méconnaissance des dernières sorties que j’aborde Krakeslottet, étant resté sur la sincérité de Eight Orphan Songs. M’étant essayé il y a peu au dernier opus de Quentin Sauvé, c’est l’aspect plus expérimental qui fut fil conducteur tout au long de la découverte de cet album de Louis Jucker. En tant que ligne directrice, ce pan de la musique du musicien offre une suite de possibilités et sensations assez perturbantes.

Sous l’aspect Folk amorcé dès « Seagazer », c’est un ensemble de touches subtiles qui s’entrechoquent jusqu’à « Merry Dancers ». Bien au-delà de la simplicité de la guitare, le musicien ajoute du piano, un harmonium, une cithare, … à ses compos, écorchant la structure doucereuse offert aux débuts et dévoilant des titres amoureusement prenants.
Au delà de mélodies pures et dures, Krakeslottet effleure les cordes d’une guitare de manière quasi incertaine (« Storage Tricks » ou « Tale Of Teacher’s son »). Terriblement délicat, mais aussi fragile, ce disque permet à Louis Jucker de compenser un peu de la colère de The Hollow Fourth (« Left Is Dead ») et retrouver Some of the Missing Ones. Tout semble au bord de la rupture, et le choix des instruments amplifie le timbre de voix de Louis Jucker (« Seagazer »). Il est assez fou de constater l’écart artistique avec Quentin Sauvé pour exemple, et l’effet totalement différent des deux disque. Krakeslottet donne envie de retenter l’aventure malgré un travail de composition assez complexe.

Pourquoi se priver de Krakeslottet ? Au-delà de l’aspect un peu expérimental, il y a un nuage de sensations toutes différentes, rappelant parfois la créativité d’un Radiohead mais se présentant dans le plus simple appareil, à la manière d’un Miles Oliver. A ne pas réserver qu’aux amateurs de Folk justement !

14.5 / 20
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Eight Orphan Songs ( 2013 )

On connait plus Louis Jucker à travers son parcours via The Ocean, Coilguns ou Kunz que pour son projet solo. Hummus Records en profite donc pour sortir le back-catalog de l’artiste et son nouvel opus, Eight Orphan Songs. Au menu, un mix de Folk / Indie / Pop ou le musicien s’aventure seul, beaucoup plus à fleur de peau que dans ses autres projets.
Armé de quelques instruments dont ses cordes vocales et de nylon, Louis Jucker se lance donc dans huit morceaux aux ambiances diverses, mais avec toujours en aspect principal une fragilité dans la voix très caractéristique, qui manquera presque de se briser dans les titres les plus épurés. Ceux-ci ne dépassent que peu les trois minutes, allant dans l’intensité du moment (« You Are My Glasses ») même si parfois on commence à les apprécier pleinement alors que les dernières secondes résonnent.
Avant d’être un disque, Eight Orphan Songs est un fragment de vie, avec quelques rapprochements à Sons of Noel and Adrian par exemple, jouant sur quelques instruments pour livrer sa Folk / Lo-Fi et ses lyrics mélancoliques (« People are Noises »). Globalement, cet album est tout sauf ambitieux, bien au contraire : composé, enregistré et mixé par une seule personne, il ne reste qu’un fragment de vie de l’artiste avec un effet que l’on devine libérateur. C’est d’ailleurs sur ces aspects qu’Eight Orphan Songs pourra laisser indifférent ; Rien ne cherche à aller au-delà de ces quelques mots et notes, c’est simple, épuré, fragile, …

Eight Orphan Songs est donc un album personnel, sincère et timide. Au travers de « People are Noises », « I Curse You » ou « The Girl that Left You at the Bus Stop », Louis Jucker montre une autre facette de sa personnalité que l’on abordera différemment de ses précédents travaux. Un disque plaisant, qui ne demandera qu’à se dévoiler au fur et à mesure, même si cela ne touchera clairement pas tout le monde.

A écouter : The Girl that Left You at the Bus Stop