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Biographie

Lostprophets

Lostprophets voit le jour en 1997 du coté du Pays de Galles, non loin de Cardiff, à l'initiative de Ian Watkins et Mike Lewis respectivement batteur et guitariste au sein du groupe de Punk-Hardcore Public Disturbance. Le combo enregistre deux démos en deux ans mais ce n'est qu'en 2000 que le projet prend véritablement son envol a l'occasion d'un premier album fait avec les moyens du bords répondant au nom de The Fake Sound Of Progress. Lostprophets se fait remarquer et, dès l'année suivante, The Fake Sound Of Progress refait son apparition, cette fois-ci édité conjointement chez Visible Noise (leur label de toujours) et dans le roster de Columbia Records, dans une nouvelle version remasterisée qui lui permet de débarquer aux Etats Unis. Les choses s'emballent pour le groupe qui se retrouve propulsé sur les ondes radio et sur les scènes de festivals internationaux (Ozzfest, Reading...).
Le sextet revient en 2004 avec son second album qui leur amène une renomée mondiale: Start Something est un énorme succès. Cette fois enregistré et produit aux Etats Unis, l'album se vend comme des petits pains et installe le groupe dans le peloton de tête des artistes Rock FM du moment. MTV diffusera les clips de Burn, Burn et Last Train Home en boucle. Lostprophets tourne sans relâche mais perd Mike Chipplin, son batteur et un de ses membres fondateurs qui souhaite s'orienter vers autre chose. Le groupe lui trouve finalement un remplaçant en la personne du tout jeune Ilan Rubin qui finira le travail d'enregistrement entamé entre temps par Josh Freese (A Perfect Circle, ex-Guns n'Roses) pour le troisième album du groupe qui doit sortir - et sortira - mi 2006. Liberation Transmission, composé et enregistré dans de toute autres conditions que ses prédécesseurs marque aussi une évolution très nette vers des sonorités Pop. Le succès commercial et radiophonique est une fois de plus au rendez vous, notamment en Grande Bretagne, mais le changement de cap effectué finit de consommer la rupture entre le groupe et une partie de ses fans des débuts.
Le rythme continuant de s'accélérer, Lostprophets prépare alors déjà une suite pour l'année suivante mais abandonne rapidement son projet, le résultat des enregistrements ne satisfaisant par ses auteurs. Lostprophets perd à nouveau son batteur en cours de route, Ilan Rubin s'en allant rejoindre Nine Inch Nails en tournée, mais enregistre tout de même son nouvel effort en formation complète. Le quatrième album des gallois ne sort finalement qu'en Janvier 2010 et confirme l'orientation prise sur Liberation Transmission.

Chronique

15.5 / 20
6 commentaires (16.75/20).
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The Fake Sound of Progress ( 2001 )

Fin du 20ème siècle: la fusion et le néo font des ravages un peu partout autour du globe. Les plus indulgents qualifiaient la fortune qui attend ces wagons entiers de jeunes formations de "diverse" mais, dans les faits, c'est bien le constat d'un glissement progressif vers le grand n'importe quoi qui devait finalement s'imposer.

Le temps qu'elle traverse l'Atlantique, l'Europe prend la vague Néo de plein fouet, globalement à retardement. Au final peu nombreuses seront les formations du vieux continent à réellement relever le défi, beaucoup étant trop occupées à repomper les codes marketing des grands frères. Parmi les rares survivantes il y avait... Lostprophets.
The Fake Sound of Progress est fougueux, adolescent et enregistré avec les moyens du bord. Rapidement retravaillé/remasterisé il vient secouer un peu le paysage musical au pays des Stereophonics et reste encore aujourd'hui, malgré la terrible étiquette Néo Metal qui lui colle à la peau un album qui a marqué toute une génération. Totalement dans son temps, il est aussi un des rares à se détacher de la masse de groupes médiocres issus de la même famille musicale qui envahit les ondes durant cette période. Que l'on ne s'y trompe pas: The Fake Sound of Progress n'est absolument pas un album destiné à faire date dans l'histoire des musiques alternatives, loin de là. C'est uniquement un bon album issu d'une scène qui a pourri sur pied en quelques années pour cause de manque de renouvellement et de sur-médiatisation mal orientée. Au royaume des aveugles les borgnes sont rois. Sauf que, borgne, Lostprophets n'est pas (à l'époque).

Avec le recul, les grandes forces de TFSoP tiennent en quelques détails: les bonnes influences au bon moment - bien intégrées qui plus est, un remarstering bienvenu de compos déjà bien avancées, un dynamisme constant et, ça fait partie du contexte, une concurrence un peu à la rue.
Retour sur l'année de création du groupe: Faith No More sort un ultime album remarquable, Deftones prépare (déjà) son évolution, Korn vient de sortir l'énorme Life is Peachy, RATM  sort tout juste d'Evil Empire, Limp Bizkit écrase les charts, SOAD s'apprête à surprendre. C'est aussi à ce moment qu'Incubus qui débarque au milieu de toute cette effervescence pour mettre tout le monde d'accord en 1997 avec un premier album réparti entre funk RHCP-ien et Fusion.  Si tous n'ont pas influencé Lostprophets, la coïncidence dans le timing reste tout sauf anodine.
Incubus, tout d'abord, saute aux oreilles comme l'influence prépondérente (surtout lorsque l'on connait l'évolution des deux groupes). La musique de Lostprophets est toute en rebondissements, riche, funky, ensoleillée, intègre un DJ. Vient ensuite Faith No More pour ce chant mélodique dont on devine sans mal qui l'a inspiré (dans un registre différent et sans en atteindre l'excellence bien sur). Il y a aussi et surtout cette volonté et cette capacité qu'a The Fake Sound of Progress à voguer de façon très fluide entre les styles d'un plan à l'autre ainsi que cette foule de petits détails qui en font plus qu'un simple album de Néo. Ce qui le sauve en somme.
The Fake Sound of Progress c'est: des tubes énergiques et immédiats (l'aggressif Shinobi vs. Dragon Ninja d'ouverture, A thousand apologies, Awkward), des ballades dans le sillon d'un titre éponyme Incubus-ien (Still laughing par exemple), des touches hip-hop discrètes distillées dans des transitions faites de samples on ne peut plus proches de S.C.I.E.N.C.E., des influs Pop-Punk ensoleillées disséminées un peu partout (For sure), une basse chaude et omniprésente et plus globalement un jeu de cordes bien plus riche que la moyenne basse du genre (Kobraki) ou encore des structures intelligentes bien équilibrées entre originalité et immédiateté FM. Intrinsèquement il n'y a rien à redire. Ce disque qui n'invente rien n'est pas un album de Néo comme un autre ce qui reste en soi un petit exploit.

A coté de ce constat chacun pensera bien sur ce qu'il veut du groupe ou du phénomène dans lequel il s’intègre. A cette époque Lostprophets fait partie avec 36 Crazyfists des rares formations qui offrent une alternative intéressante à un mouvement en pleine dégénéresence en faisant tout simplement le tri et en imprimant à sa musique une direction plutôt que de suivre bêtement la masse. Le durcissement momentané des sonorités sur Start Something, l'album du succès international, n'est dailleurs pas sans rappeler dans une certaine mesure le travail des Alaskians. A l'époque le sextet a le feu et a probablement ouvert l'appétit à une tripotée de jeunes têtes brulées. Ne serait-ce que pour cette raison, et même si la nostalgie vous donne des boutons, il pourrait être bon de ne pas tout à fait oublier The Fake Sound of Progress.

 

"6 bored kids = melody-agression-emotion-energy-intelligence"

A écouter : Indeed.