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Biographie

Lopsided

Après avoir sorti un premier maxi 5 titres "In your steps" en 2009, apprécié par la critique et par le public, se faisant alors remarquer dans divers festivals et tremplins, les lillois de Lopsided sortent en 2013 leur premier album studio intitulé "Holda's grace", grâce en partie à une campagne de financement sur Ulule (sorte de kickstarter à la française). Évoluant dans un style aux croisées du métal progressif, du grunge et du rock au sens large du terme, Lopsided nous propose alors un premier album assez incroyable, qui sera d'ailleurs édité par Klonosphere (Hacride, Trepalium, Last Barons, Klone, ...).

Line-up :
Nicolas Dumoulin : Chant
Stephane Burlion : Guitares
Christophe Noiret : Guitares
Yohann J. Bizeul : Basse
Marvin Morelle : Batterie

Chronique

16.5 / 20
4 commentaires (16/20).
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Holda's Grace ( 2013 )

Difficile que de décrire un album quand il n'appartient pas à une seule catégorie, quand il n'a pas pour vocation d'évoluer dans un style bien défini, qu'il ne suit pas une logique industrielle ou artistique déjà bien ancrée. Encore plus difficile que d'apprécier à sa juste valeur ce genre d'objet lorsqu'on a pas beaucoup de temps devant soi.
Parce que ce que vient de produire Lopsided est un album à la densité aussi effrayante qu'un welche dans lequel on aurait déposé au fil du temps une couche de fromage différente tous les jours... Oui ils sont du Nord, mais au lieu de fustiger une région en disant que là bas aussi on sait faire de la musique, je préfère parler du welche, parce qu'à l'image de la musique de nos lillois, c'est bien bon...

Et pourtant les premières écoutes ont été frustrantes, voire décevantes. Post Grunge ? Stoner ? Metal progressif ? Metal Core ? Fusion ? EmoRock ? Pop du chaos ? N'importe-quoi-core ? Un peu tout ça à la fois, mais bien plus encore. Un style propre au quintet, une synthèse bien à eux qui s'inscrit comme une volonté artistique de proposer quelque chose de frais et bien aguichant.

Moyen, génial, puis décevant, honnête et finalement re-génial, voilà les phases d'appréciation par lesquelles je suis passé avant de rendre définitivement ma copie. Le problème avec ce Holda's grace ça n'est pas sa complexité, ni son fort potentiel émotif, et encore moins la créativité musicale qu'il offre, c'est plutôt une histoire de genres et de carcans musicaux mélangés sans jamais vraiment plagier ou ressembler trop à quelque chose de connu. Parfois défraîchis et interprétés maladroitement, souvent sublimés avec style, les genres cités plus hauts se retrouvent tout au long de l'album et on ne sait jamais à 100% si au fond, le résultat nous plaît. Le groupe se perd au cours de ses expérimentations musicales, se disperse, se retrouve, mais nous encourage à persévérer grâce à d'incroyables idées. Autant dire que c'est vraiment pénible. Et puis à force de pratiquer, on en vient rapidement à la conclusion initiale, celle qui fût honteusement mise de côté parce qu'on y croyait pas vraiment, parce que ça semblait trop évident, parce qu'à force d'écouter tellement de trucs toute la journée on devient difficile, exigeant et un peu con parfois : la conclusion très simple que cet album est vraiment bon, que ces gens ont du talent, de la suite dans les idées, et (sans trop m'avancer) de l'authenticité à revendre.

Avec des compositions oscillant entre grunge efficace et emo rock pas du tout agaçant, radio-diffusables en plus d'être géniales (adrift, moai, sixteen), d'autres plus couillues entre stoner et métal (...for a black sheep, gripped by fear, the outlet, the pearl and the peeble), Holda's grace varie sa partition et suscite l'émotion très souvent et très facilement avec des mélodies imparables tout en mettant en valeur ses interprètes de façon intelligente. Que ce soit la basse, les guitares, la batterie ou la voix, tout est impeccablement servi : les refrains typés "grunge mtv's des années 90" passent sacrément bien, les breaks sont légions et originaux, et on se retrouve bien vite inondé par un fleuve musical qui porte et transporte vers des summums de crédibilité artistique.

Lopsided pratique la retenue. Je m'explique. Avec autant d'étiquettes collées sur le dos, nos petits lillois auraient pu sortir un bon album de métal, avec des gros riffs, peu de chant clair, de la double pédale à faire vomir et de la sauvagerie non retenue. Sans aller jusqu'à appeler ça la voie de la facilité, le quintet aurait pu en rester là, car ils savent le faire, pas de soucis. Mais faire preuve de retenue et distiller au bon moment la double pédale (gripped by fear), le growl (...for a black sheep) ou les riffs qui tâchent, c'est être complètement en phase avec le style qu'ils proposent, c'est réussir à être mélodiquement impeccable, retenir les auditeurs avec des passages mémorables et accorder tous les styles de façon à être constamment pertinent. Finalement c'est ça la grande force du groupe, cette manie qu'ils ont de distribuer la rage avec parcimonie, pour mieux la laisser déborder et imprimer en nous une sensation de bien être et de satisfaction. Song writing intelligent ? Absolument...

Pour un premier album, c'est une réussite incontestable, et pourtant le fourre tout musical n'est pas ce qu'il y a de plus évident, de plus facile à écrire, et encore moins à interpréter. Mais là, je dis banco...

A écouter : Souvent...
Lopsided

Style : Rock Progressif
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Origine : France
Site Officiel : lopsidedband.bandcamp.com
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