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Biographie

Led Zeppelin

Led Zeppelin se forme à la fin de l'année 1968 en Angleterre sur l'initiative de Jimmy Page, ancien guitariste des Yardbirds. Il vient trouver le chanteur Robert Plant, et ensemble ils font appel au bassiste studio John Paul Jones et au batteur John Bonham, dit 'Bonzo'. Initialement intitulé 'The New Yardbirds', le groupe enregistre son premier album en quelques semaines après avoir donné quelques concerts. Peu de temps après les 'New Yardbirds' deviennent Led Zeppelin, et leur disque Led Zeppelin, sort début 1969. Cet album, bien que très bluesy (avec des reprises de Willie Dixon), pose les bases du Hard Rock avec des titres comme Comunication Breakdown et How Many More Times.
Le quatuor choque à l'époque avec sa musique novatrice et son état d'esprit "Sex, Drugs and Rock'n Roll". Du coup le public anglais est très réticent à cette musique et Led Zep trouve son public aux États-Unis à la fin des années Hippies. Jimmy Page et ses comparses sont des monstres de scène et assurent des concerts bourrés d'improvisations et d'energie presque tous les soirs.

Led Zeppelin II sort la même année et conquit le monde entier. Le titre Whole Lotta Love est  psychédélique à souhait et reflète parfaitement la mentalité du groupe, complètement déjantée et innovatrice ! Très inspiré, Led Zep sort son troisième album en 1970 et connaît un immense succès. Mais ce n'est rien par rapport à IV (1971) qui connu un grand triomphe, notamment grâce au titre légendaire Stairway To Heaven, véritable monument dans l'histoire de la musique.
Le groupe revient sur le devant de la scène en 1973 avec un nouvel album au son plus moderne, Houses Of The Holy. Après une énième tournée titanesque les membres du groupe sont épuisés, et Robert Plant perd sa voix, conséquence des 400 concerts donnés en l'espace de quatre ans ! Il dut se faire opérer et n'atteint depuis lors plus l'excellence des premiers albums.

En fin de contrat avec Atlantic, Led Zep décide de fonder sa propre maison de disque, Swan Song. Sous ce label sort le double album Physical Graffiti en 1975. La même année Robert Plant et sa famille eurent un grave accident de voiture en Grèce et Plant se retrouva en fauteuil roulant pendant un long moment. Assez tourmenté par-ci par-là entre les problèmes d'alcool de Bonzo, ceux d'héroïne de Page et ceux de Plant au chevet de sa fille toujours hospitalisée, Led Zep enregistre tant bien que mal Presence en 1977. Ce septième album est nettement plus faible que les précédents, ce qui ne l'empêcha pas de connaître un grand succès. A son apogée, Led Zeppelin joue dans des stades devant 70.000 personnes (inimaginable à l'époque) et fait salle comble à chaque concert.
Seulement voilà, un nouveau drame touche Robert Plant, la mort de son fils... Très affecté et déprimé, Plant ne pourra pas retourner avec le groupe avant 1979, année qui voit là leur dernier véritable album, In Through The Out Door. Tout comme Presence, cet album n'est pas au niveau des précédents et beaucoup prédisent déjà la fin de ce groupe de légende. S'en suit alors une tournée pas franchement folichonne en raison des substances absorbées par Bonzo et Page, mais également à cause de la voix de nouveau faiblarde et au moral de Plant.
En pleines répétions avant une nouvelle tournée, Bonzo est retrouvé mort le 24 Septembre 1980 après une surdose d'alcool. Bonzo est décédé à l'âge de 32 ans, père de deux enfants, il restera à jamais dans l'histoire de la musique de par son jeu talentueux qui a influencé  plus d'une génération de musiciens. Peu après, Page, Plant et Jones annoncent la dissolution de Led Zeppelin. La fin d'un mythe.

Deux ans après ce drame sort l'album Coda, un disque comportant des chutes non retenues. En 1985 Led Zep se reforme le temps d'un concert pour le Live Aid avec Phil Collins (Genesis) à la batterie.
Jason Bonham, le fils de Bonzo, participe à la reformation du groupe en 1988 en prenant la place de son père, mais cette reformation ne dura pas. Pendant les années 1990 les membres participent à différents projets solos et diverses collaborations. Puis en 1994 Page et Plant rejouent ensemble, sans Jones, lassé des reformations éphémères. Page&Plant reprennent des titres de Led Zeppelin et jouent jusqu'en 2000, date de leur dissolution.

Fondateur du Hard Rock, Led Zeppelin a, en l'espace d'une dizaine d'années, révolutionné le monde de la musique et influencé toute une peloté de groupes. Définitivement culte et incontournable.

18 / 20
35 commentaires (18.13/20).
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Led Zeppelin IV ( 1971 )

Il est des groupes qui marquent de leur empreinte indélébile l'histoire de la musique. Led Zeppelin est de ceux là.
Il est des albums qui restent et qui resteront dans les esprits, dans les consciences collectives, par leur formidable impact. IV fait parti de cette catégorie.
Enregistré dans le studio des Stones alors que Led Zep est en pleine gloire (sex, drugs et bien évidemment rock n roll...), ce quatrième essai fit entrer le groupe dans le cercle très fermé des artistes mythiques.
Et ce n'est pas grâce à son sens du commerce que Led Zep doit son succès. Les quatre musiciens ont en effet pris un malin plaisir à choisir une pochette complètement anodine sur laquelle ne figure même pas le logo du groupe ! Pas évident à se démarquer dans les bacs à CD's (vinyles à l'époque) avec une telle pochette : un vieil homme portant avec toutes les peines du monde un fagot de bois ('un homme en osmose avec la nature' justifiera le groupe...). Led Zep joue sur le mystique...


Sur le plan musical, n'y allons par quatre chemins, ce quatrième volume des aventures du Dirigeable marque avant tout par Stairway To Heaven : une des plus grandes chansons de tous les temps. Un morceau universel absolument fabuleux. Tous les superlatifs ne suffiraient pas à décrire l'orgasme suscité par l'écoute de ce monument chez des millions de mélomanes (moi le premier). Commençant comme une ballade douce, le morceau développe son aura petit à petit, par à-coups, pour aboutir à un pur morceau de rock comme Led Zep sait si bien le faire puis se termine délicatement par la désormais classique phrase de Robert Plant " And she's buying a stairway to heaven ". Stairway To Heaven ou comment magnifier l'adjectif 'épique'.
Mais résumer cet opus au seul Stairway To Heaven serait inique. Ce serait passer sous silence le rock (au sens originel du terme, celui issu du blues) de Rock N Roll. Ce serait omettre le heavy Black Dog ou encore The Battle Of Evermore (sur lequel Sandy Denny, chanteuse de Fairport Convention, fait les choeurs) au background très gitan. Ce serait oublier le très folk Going To California et le country When The Levee Breaks avec ses improvisations à l'harmonica.
Ce serait également ne pas mentionner le talent pharaonique de ses géniteurs, à commencer par le 'boss', Môssieu Jimmy Page. Ses riffs sont d'une efficacité redoutable, son feeling de guitar hero unique et son influence sur Led Zep énorme (il compose beaucoup et a notamment produit ce disque). Quant à la voix haut perchée de Robert Plant, elle est plus suave que jamais et la section rythmique composée de John Bonham à la batterie et de John Paul Jones à la basse fait des merveilles (Bonham joue avec quatre baguettes sur Four Sticks, d'où le titre du morceau). Rarement un groupe composé de virtuoses n'aura réussi aussi bien à jouer comme un vrai groupe, et pas seulement chacun de son coté, en démonstration.


IV est un grand disque. Un de ceux qui restent. Il suffit de constater les chiffres de ventes pour le constater : plus de 23 millions d'exemplaires ont été vendus de ce petit bijou. Certes, les ventes d'albums n'ont jamais été un critère de qualité, il suffit d'allumer la radio ou de regarder la TV pour vite le comprendre... Mais dans le cas de Led Zep, ces chiffres dithyrambiques s'avèrent être à la mesure du contenu du disque.
 

A écouter : pour la postrit...
18 / 20
15 commentaires (19.33/20).
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Led Zeppelin ( 1969 )

C’est l’histoire de quatre anglais, biberonnés à la musique américaine. Quatre anglais nommés Jimmy Page, Robert Plant, John Paul Jones et John Bonham qui décident de sortir le premier disque d’une série qui marquera des générations entières de musiciens. 

A une époque où fleurissent les Jefferson AirplaneCreedence Clearwater Revival et autres Fleetwood Mac, nos gars n’hésitent pas à mettre les pieds dans le plat, affichant et assumant une identité déjà forte. Le Blues comme fondation sur lequel se bâtit un Hard Rock mine de rien raffiné, hyper sexualisé (l’incroyable You Shook Me), et annonciateur du Heavy Metal (Communication Breakdown). Rien que ça. Cette première œuvre défriche dans tous les sens, exposant au passage les talents individuels et collectifs de chaque membre du groupe (How Many More Times, ou le groove de Money des Pink Floyd avant l’heure ?). Et puis il y a cette aura unique, la débauche Blues traitée par des dandys anglais. Led Zeppelin I dégouline de gémissements, de textes centrés sur le charme féminin, habillés par la guitare langoureuse de Page (Babe I’m Gonna Leave You, I Can’t Quit You Baby). Le Glam pourra bien s’évertuer en allusions au dessous de la ceinture, il y a cette tension constante que Motley Crüe et compagnie n’ont jamais atteinte. 

Alors oui, on parle bien entendu de l’impact historique de ces huit titres, passage inévitable de toute chronique d’un album légendaire. Mais quand on était encore dans le ventre de sa mère du temps où le Grunge était déjà proche de la fin, difficile de se la jouer vieux de la vieille. Bien sûr on peut bricoler avec les moyens du bord, faire des recherches, comparer avec les groupes contemporains et en tirer ses conclusions.

Inutile, Led Zeppelin se dispense de toute comparaison, Led Zeppelin se suffit à lui-même un point c’est tout. Merde quoi, des skeuds comme ça on n’en sort plus, autant de qualité et de diversité sur quarante minutes ça n’existe plus. « C’était mieux avant », dans d’autres circonstances j’aurais plein de contre-arguments, mais là je veux bien te croire. Qui aujourd’hui peut prétendre avoir écrit un deuxième How Many More Times ? Qui peut te regarder dans les yeux en t’affirmant « Communication Breakdown c’est bien, mais j’ai fait mieux » ? 
Parce que de nos jours on joue plus fort, plus lent, plus rapide, plus produit, moins produit, plus méchant, plus drogué pour se démarquer et aller, croit-on, plus loin dans l’extrême quel qu’il soit. Led Zep’ avait compris qu’il suffisait d’être constamment sur le fil du rasoir pour remuer les tripes, qu’il suffisait de quelques notes bien composées pour faire secouer le bas-ventre et la crinière à des millions d’ados de 7 à 77 ans. Vous l’avez vous aussi, ce sentiment bizarre que Jones et Bonham n’ont qu’à claquer des doigts pour provoquer un déhanché ? Ce truc viscéral qui envahit le corps quand Page et Plant se faufilent entrelacés sur You Shook Me, ça vous le fait aussi ? Honnêtement, je vous le souhaite.

Cela devrait être une évidence, Led Zeppelin a tout autant de mérite que ses frères d’armes de Black Sabbath. Les deux mastodontes ont certes emprunté des chemins différents par la suite, mais la bande de Londres a façonné elle aussi l’avenir des musiques amplifiées. Sortir un tel pavé en guise de premier album est simplement une leçon, et lâcher un Led Zeppelin II de la même trempe seulement quelques mois plus tard (avec, excusez du peu, Whole Lotta Love, Moby Dick ou Heartbreaker) pose l’ampleur musicale des quatre britanniques. Ils ne le savaient pas encore, mais ce disque sorti en janvier 1969 fut leur premier pas dans le panthéon du Rock.

On vous conseille ce podcast de Metal Blabla consacré à Led Zeppelin et sa discographie.