Albums du moment
Pochette Quadra
Pochette Lokabrenna Pochette The Fallen Crimson
Chroniques
Pochette Hällas
Pochette Carnivore
Pochette Bloem
Pochette Sisyphus

logo Le Pré Où Je Suis Mort

Biographie

Le Pré Où Je Suis Mort

Le Pré Où Je Suis Mort est une jeune formation fanco-suisse composée de 5 membres, qui commence tout juste dans le "milieu". Férus d’envolées lyriques sur fond d’alternances feu/accalmie, le quintet reprend le double héritage d’Envy et de la scène française emo/screamo/post-hardcore. Son premier EP/CD 12’ – un 4 titres – s’est vu bénéficier d’une multi-entente entre Ape Must Not Kill Ape, Communication Is Not A Word, Denovali et Im Girum Nocte, ce qui lui a permis de voir le jour en 2007. Le groupe va désormais s'atteler à tourner. "Parfois il me semble rêver. A ma façon, j'ai aussi traversé la vie avec philosophie, et j'ai une fois encore emprunté des sentiers familiers. Je suis peut-être déjà mort, il y a longtemps, dans une suffisance arrogante, et ce jour là j'ai prié pour une seconde chance avec une telle ferveur... que l'instinct d'une lumière nouvelle a transcendé la mort. La vie n'a pas été totalement obscurcie, mais a parsemé ma route de débris qui se sont mués en lointains souvenirs. Comme aujourd'hui, où il me semble une fois de plus, que j'ai à nouveau une chance d'atteindre mon but." (Le Pré Où Je Suis Mort, X-Files).

Chronique

14.5 / 20
2 commentaires (17.25/20).
logo amazon

Le Pré Où Je Suis Mort ( 2007 )

"Je ne peux continuer à fuir". Le mot est dit, le ton donné. Puisque l’exil n’est plus possible, que tout est condamné à se jouer sur ce champs (de bataille), Le Pré Où Je Suis Mort prend les armes.
Place à la lutte, avant le trépas.

Le Pré Où Je Suis Mort possède un indéfinissable goût de Rimbaud, ce quelque chose du "Dormeur du Val" et de son évocation de la mort drapée dans un lin de douceur. Semblable au jeune soldat  "pâle dans son lit vert où la lumière pleut", LPOJSM vit les yeux rivés vers l’azur mais les poings inexorablement fermés en signe de révolte. Massivement ancrée dans la tradition French Way Of Screamo, version 2000, le quintet exhale un art(core) révolutionnaire qui emprunte beaucoup à Amanda Woodward mais aussi et surtout à Aussitôt Mort ("Vision", "Silence"). En 4 "crachats de mitraille", la formation franco-suisse emporte ainsi sur ses épaules meurtries le vaste héritage screamo/emo hexagonal pour le mener vers les contrées à tendance post. Point de compo urgentistes donc, mais un assemblage d’éléments délicats, entreliés par un cortège de traînées arpègiques.

Dans un format temporel d’ordinaire réservé au post-hardcore, LPOJSM prend le temps de sonder sa propre âme dans un climat très Gantzien où les spoken word contemplatifs côtoient les salves de cris enragés ("Une fois de plus"). Les notes détachées, brunes et brèves s’égrènent alors entre les mains de deux guitaristes, apposées sur une batterie qui nous gratifie d’une utilisation prodigieuse des cymbales, donnant à sa rythmique une constante (im)pulsion renouvelée, qui épouse l’apparente paisibilité tout en la contrastant. Le reste trouvera les veines des auditeurs en intraveineuse, entre coulées de riffs agonisantes et structures évolutives/cassures/explosion vocale, nourries en arrière fond par des textes poético-méditatifs (à lire ici). "Dure réalité quand le temps se fige".

Aux manifestations d’un enthousiasme trop débordant, on apposera quelques menues atténuations. D’abord le fait qu’il ne s’agisse que d’un 4 titres demandant confirmation, secondement que quelques détails semblent être en mesure d’être perfectionnés: un ou deux moments trop étirés, des formats qui gagneraient peut-être à incorporer quelques fulgurances, des influences encore très présentes... Reste que ces bémols ne doivent pas faire oublier la réalité d’un premier 12’ extrêmement solide dont les trouvailles (sonorités orientalisantes, incorporation de la double pédale, notamment dans le dévastateur finish de "Silence", inspiration post rock classieuse de tradition Envyenne…) et les moments jubilatoires ("Vision" : son pont à 1m31 et son hypnotisant décrochage à 2m14) le placent dans les sorties retentissantes du genre. Le parfum (noir) s’est répandu, "mais c’est la fin, le Silence prend le dessus". Jusqu'à la prochaine résurrection?

En écoute sur myspace ou en téléchargement libre ici.

A écouter : Vision