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Biographie

Latitudes

Latitudes, derrière ce pseudonyme se cachent 5 gars; Tim Blyth (guitare) Adam Crowley (guitare), Jon Lyon (basse), Mike Davies (batterie) et Rich Harper (clavier). Leur truc, c'est de jouer un mélange de sludge / post-metal instrumental, froid, saisisant et de plus en plus sombre au fil des albums. De plus Adam Symonds (Eden MaineThe Rifle Volunteer) qui s'invite sur certains morceaux, agrémente leur musique d'une touche encore plus lasse, mourrante. 
Ce n'est qu'en 2007 que voit le jour leur premier effort, Bleak Epiphanies In Slow Motion. Avec cet EP ils posent la base de leur musique, un son brut, massif, noir et déterminé. Signé sur le label Shelsmusic (Black Sheep Wall, Admiral Angry, Erlen Meyer...), Latitudes sort son premier album Agonist en 2009. Poursuivant le chemin déjà tracé par leur précédant EP, cette nouvelle production gagne en notoriété. Ils mettront 3 ans à fournir l'album de leur consécration, une ode apocalyptique, nommé Individuation produit par Chris Fielding (Napalm Death, Electric Wizard). Il sort le 2 Juillet 2012 sur le label Shelsmusic. Ce groupe au potentiel déjà confirmé a joué aux côté de Carcass, BaronessMinsk, A Storm Of Light et *Shels. Ne manquant pas d'inspiration, l'écriture de nouveaux morceaux a déjà commencé. Ce qui donnera en 2016 un troisième album aux accents Black plus prononcés, nommé Old Sunlight, et abrité cette fois par Debemur Morti Productions.

15.5 / 20
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Part Island ( 2019 )

Les trop discrets britanniques nous avaient laissés agréablement groggy en 2016, après les écoutes multiples d’un Old Sunlight gras et captivant à bien des égards. De retour trois ans plus loin le quintet expose des ambiances plus contrastées, moins sombres mais tout aussi mélancoliques, rêvant d’îlot de liberté sans tout à fait y croire, somme toute à l’aise dans son cocon suspendu entre ciel et mer.

Part Island ose même l’acoustique dès ses premiers mouvements à travers l’ample et gracieux Underlie, induisant un piano minimaliste, malgré son final un poil abrupte. On découvre alors une voix toujours claire, plus « fragile » que jamais, occupant davantage l’espace, marquant des sommets de contraste dès lors que les guitares épaisses s’expriment. Une entame qui n’annonce pas de grosse poilade pour la suite, car la tristesse est permanente, elle définit le disque d’une certaine manière et il se révélera difficile pour celle ou celui qui écoute attentivement de ne pas activer ses glandes lacrymales ici ou là. 

La batterie se fait plus mesurée, privilégiant l’atmosphère à la lourdeur exacerbée, bien que ses roulements épiques perdurent (Moorland Is The Sea, The Great Past), elle adopte une souplesse parfois proche du jazz, histoire de mettre en valeur des harmonies de guitares toujours aussi belles, perçantes et au cœur des débats. Des six-cordes qui s’alourdissent à nouveau sur le proéminent Dovestone tout en flirtant avec les étoiles, puis sur le nostalgique et néanmoins très mélodique The Great Past. Latitudes s’évertue à sublimer l’opposition entre les éléments, entre clarté et obscurité, mais ici la part d’ombre cède progressivement du terrain, commence à s’évaporer dans les songes et méandres acoustiques pour accéder à une forme de sagesse malgré tout incomplète, encore rattrapée par quelques démons saturés (Part Island), où le frappeur en apesanteur administre ses dernières forces dans une bataille perdue d’avance.

Ce quatrième long format des Anglais suit le chemin tracé par Old Sunlight, pour s’extraire doucement mais sûrement de l’aspect massif de leurs intentions, entamant une forme d’harmonisation avec les éléments qui gravitent autour d’eux, cherchant davantage à les épouser qu’à les brutaliser. De ce point de vue on peut regretter la disparition latente de cette dimension sensiblement « déglinguée » des compositions de Part Island, bien que ça n’entame pas le talent manifeste des auteurs, capables de nous surprendre une nouvelle fois à l’avenir.

A écouter : sagement.

Old Sunlight ( 2016 )

On aurait pu évoquer la splendeur de ce troisième long des Anglais bien plus tôt, puisque livré en début d’année via Debemur Morti, mais assimiler l’épais contenu d’Old Sunlight prend du temps, sans compter d’autres sorties de plus en plus nombreuses. Le généreux dernier album de Latitudes est de celles que l’on ne pouvait décemment pas ignorer. Après le Post-Metal gras et instrumental d’un Individuation au caractère déjà fortement trempé, le quintet approfondit là ses velléités émotionnelles, chatouillant un peu plus sa fibre Black Metal, encouragé par une production exhibant la chair nue de chaque instrument.

Comme ce fut le cas auparavant, les titres d’Old Sunlight sont empreints de mélancolie, allant parfois jusqu’au désespoir, porté notamment par un chant rare, lointain et désabusé, ou des guitares vigoureuses exprimant autant de mélodies fragiles que de lourdeur, mêlée de vélocité aux moments opportuns. Les premiers relents blackisés apparaissent dès le monstrueux Ordalian en ouverture, émanant des deux six-cordes intenables et d’une basse lancinante, ponctuellement soutenues par un clavier que l’on croirait échappé du dernier Aside From A Day. La voix fait son apparition sur l’un des climax de l’objet, Body Within A Body, avec lequel Latitudes compose un paysage obscur, habité d’une poignante tristesse, étalant tout son savoir-faire, pas trop éloigné d’un Burst période Origo.

Pour le reste on se retrouve constamment pris dans un déluge rythmique flamboyant, en particulier l’extase procurée par la précision, les nombreux breaks et roulements mesurés d’un frappeur au feeling désarmant. Structurellement on pense parfois à de la musique classique, ce qui peut rappeler les derniers Gorguts (In Rushes Bound, le fantastique et tortueux Altarpieces), en moins compliqué à digérer, et nulle trace de Death Metal chez Latitudes. Mais des traces, Old Sunlight en laissera forcément, par ses puissantes envolées de guitares, centrales, harmonisées, par son ambiance gorgée de spleen savoureux, capturant notre esprit envouté du début à la fin, ou encore par un ensemble plus compact, homogène et percutant qu’il y a quatre ans.

Malgré un secteur post-truc suffisamment encombré aujourd’hui, les discrets Anglais confirment et subliment des capacités créatives déjà en vigueur sur le très fameux Individuation. Old Sunlight est beau, autant par la forme que le fond, à tel point que les plus sensibles d’entre nous ne sont pas à l’abri de verser une larmichette. Avec cet album pertinent et sans lignes droites Latitudes se hisse nonchalamment tout en haut du panier de la scène.

A écouter : C'est préférable.
Latitudes

Style : Sludge / Post Metal / Instrumental
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Origine : Royaume-Uni
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