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Biographie

Lantlôs

Lantlôs est affaire d'errances, et de rencontres. D'errances, comme son patronyme le sous-tend, "Abandonné", "Sans domicile" en Français. Car Herbst, son membre fondateur en 2005, ne revendique aucune appartenance - qu'elle soit géographique ou musicale. Du Black Metal frondeur des origines, les traces sont aujourd'hui bien minces à se révéler.

Une première démo, Îsern Himel, sort en 2018 avec l'aide d'Angrrau (Chant / Basse / Piano) alors que deux morceaux se retrouvent sur le premier album éponyme qui parait chez De Tenebrarum Principio la même année. Lantlôs vit de rencontres également, Herbst croise la route de Neige (Alcest, Amesoeurs) et enregistre avec lui .Neon (2010) et Agape (2011), à la fois plus aérés et plus sombres qui paraissent chez Lupus Lounge. Felix Wylezik rejoint le duo à la batterie dès 2011 participant à l'album. S'affranchissant des frontières du genre, et suite au départ de Neige, mais avec l'arrivée de Cédric Holler (Guitare / Chant), Herbst franchit un palier supplémentaire avec la sortie de Melting Sun en 2014 sous lequel se cache un Post-Metal / Shoegaze éthéré dans la lignée de Deafheaven. On patientera jusqu'en 2021 pour voir débarquer la suite en longue durée, Wildhund, qui éclate encore davantage les barrières, toujours abritée par Prophecy Productions.

Chroniques

Wildhund Melting Sun
17 / 20
1 commentaire (16/20).
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Wildhund ( 2021 )

Avec Melting Sun en 2014 Lantlôs s’était débarrassé de la plupart de ses oripeaux Noir Metal pour embrasser l’ascendant Shoegaze et minimaliste des compositions de Herbst (fondateur du groupe), et ce fut un succès. Avec Wildhund les Allemands explorent davantage la vapeur tout en variant et complexifiant l’écriture, d’un point de vue rythmique surtout, et c’est encore plus un succès.

On avait déjà les poils à l’écoute du lumineux précédent disque long, mais ici le quintette dépasse toutes nos attentes et nous maintient captif. Les singles pondus Lake Fantasy et Magnolia, soit respectivement le premier et deuxième titres, nous donnaient de sérieuses pistes sur la qualité d’ensemble du machin : une batterie gymnaste et raisonnablement bavarde, des guitares harmonisées, aussi voluptueuses que mélodiquement fluides, une basse qui surfe à l’aise dans les interstices, une voix plus claire et sublime que jamais, un clavier qui se fond tranquille dans le paysage, et une production fantastique, qui laisse transpirer distinctement chaque instrument.

Par exemple The Bubble nous fera grimper aux rideaux par son sens de l’équilibre, à cheval entre chant/chœurs spatiaux, souplesse rythmique imperturbable et plombage succinct mais efficace. Alors que l’intense Amber aura l’audace de nous sortir un hurlement de quelques secondes, le (presque) seul de l’album mais fort bien placé, au centre d’une nouvelle démonstration technique au service de l’émotion comme de l’efficacité. Ou le judicieusement nommé mais pas hitchcockien Vertigo, teinté de psychédélisme, culminera dans les nuages et organisera notre interminable chute dans le confort et l’allégresse, là où Planetarium permettra d’observer les étoiles, voire même de les toucher. Et touché.e on le sera assurément, que ce soit par Lake Fantasy aux accents mêlés de David Bowie et de Deftones, le science-fictionnel et synthétisé Dream Machine aux relents Cold Wave, le délice Doom / Shoegaze de Dog In The Wild, ou encore le très catchy Home, puissant et réconfortant à la fois. Enfin on ne peut décemment pas ignorer Lich en fermeture, sur lequel on croirait entendre un (bon) Foo Fighters qui ferait du Space-Rock lourd et vaporeux, osant même l’autotune, de belle manière évidemment. Une telle multiplicité pourrait inquiéter, mais tout colle et s’agence idéalement, sans la moindre faute de goût.

C’est simple, on va pas épiloguer des plombes, il n’y a rien à jeter dans ce Wildhund. Ce chien sauvage et bienveillant augmente le champ d’action des Allemands, sortant là sûrement leur disque le plus ambitieux, malgré cette fois l’absence totale de toute trace de Black Metal. La mue est désormais complète et l’avenir s’annonce musicalement radieux pour Lantlôs.

A écouter : les poils au vent.
16.5 / 20
7 commentaires (16/20).
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Melting Sun ( 2014 )

Les allemands nous avaient habitué à des atmosphères plutôt lugubres, mises en place à l’aide d’un black-metal toutefois assez aérien, ambiancé et loin des clichés du genre. Suite logique d’intentions de plus en plus lumineuses, Melting Sun, en plus d’avoir un nom qui lui colle à merveille, développe ici une forte obédience vers le shoegaze, soit une couche de velours supplémentaire qui nous fera songer à retirer le terme "black" du genre exprimé, flanqué d'un artwork sublime, tout sauf anxiogène.

Ainsi, Lantlôs renforce ses accointances avec le post-rock/metal atmosphérique de Palms ou même la touche indie et le feeling d’un Ventura, en effet à des lieux de racines black encore présentes sur le grassouillet Agape. La noirceur conserve toujours une petite place malgré tout, pointant le bout de sa crasse lors de périodes flirtant avec le sludge, génialement dosées (Melting Sun II: Cherry Quartz, Melting Sun IV: Jade Fields). Mais ce qui frappe avant tout, c’est la multiplication de sonorités, de détails, portés par une production cristalline et massive à la fois. Melting Sun se déguste et se savoure sans discontinuer, découpé en six parts plus ou moins égales, mais forcément consistantes. Melting Sun I: Azure Chimes place idéalement le contexte, exposant un bel avant-goût de ce que donnera le disque entier. Une lourdeur confortable mais suffisamment gorgée de puissance pour remuer les tripes, une voix claire planante qui s’extirpe avec volupté de ce magma magnétique, et une batterie assez minimaliste pour laisser le champ libre aux ambiances, assez ample néanmoins pour administrer des frissons aux sommets (Azure Chimes, Cherry Quartz, Aquamarine Towers). Pour citer une amie à qui j’ai soumis l'écoute de la chose : « […]tu te sens (comme) dans les bras d'un vieux bûcheron qui te jette en l'air juste assez pour te secouer, mais qui te rattrape quand même quand la gravité te rappelle au sol[…] ». L’image est bien trouvée. On pourrait presque ajouter que Melting Sun est un disque à écouter en famille, ou à la plage en mode glandouille, l’aspect méditatif étant très prégnant, voire central.

Malgré les errements du groupe et les mouvements de line-up, Lantlôs semble avoir trouvé sa voie, maniant l’hybridation metal/shoegaze d’une main de maître, procurant des sensations renouvelées pour un genre qui risque bien de proliférer, tant l’apport d’air et de souplesse rend le tout accessible au plus grand nombre. Il y a fort à parier que beaucoup s’y casseront les dents, et pour cause, ils n’auront pas écouté Lantlôs avant.

A écouter : en famille, seul, à la plage, ...
Lantlôs

Style : Post-Metal / Shoegaze / Doom / Rock
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Origine : Allemagne
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