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Biographie

Lantlôs

Lantlôs est affaire d'errances, et de rencontres. D'errances, comme son patronyme le sous-tend, "Abandonné", "Sans domicile" en Français. Car Herbst, son membre fondateur en 2005, ne revendique aucune appartenance - qu'elle soit géographique ou musicale. Du Black Metal frondeur des origines, les traces sont aujourd'hui bien minces à se révéler.

Lantlôs vit de rencontres également. Après la sortie d'un éponyme en 2008, Herbst croise la route de Neige (Alcest, Amesoeurs) et enregistre avec lui deux disques : .neon (2010) et Agape (2011), à la fois plus aérés et plus sombres. S'affranchissant des frontières du genre, et suite au départ de Neige, Herbst franchit un pallier supplémentaire avec la sortie de Melting Sun en 2014 sous lequel se cache un Blackgaze éthéré, décidément à la mode chez des Blackeux qui n'ont jamais été aussi in.

line-up :
Markus Siegenhort (Herbst) - Voix, Guitare, Basse, Batterie, Clavier, Paroles
Felix Wylezik - Batterie
Cedric Holler - Guitare, Voix Live
Julian Wulfheide - Guitare
Chris Schattka - Basse

Chronique

16.5 / 20
7 commentaires (15.71/20).
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Melting Sun ( 2014 )

Les allemands nous avaient habitué à des atmosphères plutôt lugubres, mises en place à l’aide d’un black-metal toutefois assez aérien, ambiancé et loin des clichés du genre. Suite logique d’intentions de plus en plus lumineuses, Melting Sun, en plus d’avoir un nom qui lui colle à merveille, développe ici une forte obédience vers le shoegaze, soit une couche de velours supplémentaire qui nous fera songer à retirer le terme "black" du genre exprimé, flanqué d'un artwork sublime, tout sauf anxiogène.

Ainsi, Lantlôs renforce ses accointances avec le post-rock/metal atmosphérique de Palms ou même la touche indie et le feeling d’un Ventura, en effet à des lieux de racines black encore présentes sur le grassouillet Agape. La noirceur conserve toujours une petite place malgré tout, pointant le bout de sa crasse lors de périodes flirtant avec le sludge, génialement dosées (Melting Sun II: Cherry Quartz, Melting Sun IV: Jade Fields). Mais ce qui frappe avant tout, c’est la multiplication de sonorités, de détails, portés par une production cristalline et massive à la fois. Melting Sun se déguste et se savoure sans discontinuer, découpé en six parts plus ou moins égales, mais forcément consistantes. Melting Sun I: Azure Chimes place idéalement le contexte, exposant un bel avant-goût de ce que donnera le disque entier. Une lourdeur confortable mais suffisamment gorgée de puissance pour remuer les tripes, une voix claire planante qui s’extirpe avec volupté de ce magma magnétique, et une batterie assez minimaliste pour laisser le champ libre aux ambiances, assez ample néanmoins pour administrer des frissons aux sommets (Azure Chimes, Cherry Quartz, Aquamarine Towers). Pour citer une amie à qui j’ai soumis l'écoute de la chose : « […]tu te sens (comme) dans les bras d'un vieux bûcheron qui te jette en l'air juste assez pour te secouer, mais qui te rattrape quand même quand la gravité te rappelle au sol[…] ». L’image est bien trouvée. On pourrait presque ajouter que Melting Sun est un disque à écouter en famille, ou à la plage en mode glandouille, l’aspect méditatif étant très prégnant, voire central.

Malgré les errements du groupe et les mouvements de line-up, Lantlôs semble avoir trouvé sa voie, maniant l’hybridation metal/shoegaze d’une main de maître, procurant des sensations renouvelées pour un genre qui risque bien de proliférer, tant l’apport d’air et de souplesse rend le tout accessible au plus grand nombre. Il y a fort à parier que beaucoup s’y casseront les dents, et pour cause, ils n’auront pas écouté Lantlôs avant.

A écouter : en famille, seul, à la plage, ...
Lantlôs

Style : Black Metal / Shoegaze
Tags : - - -
Origine : Allemagne
Site Officiel : lantlos.de
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