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Biographie

Laetitia Shériff

Que ce soit avec François Jeanneau (fondateur de l'orchestre Jazz Pandemonium), Psykick LyrikahLydia Lunch, le bidouilleur Noël Akchoté, ou encore avec son groupe TrunksLaetitia Shériff a trainée ses galoches dans des univers riches et variées. Sa carrière musicale située quelque part entre Scott Walker, Scout Niblett et Sonic Youth a débutée en 2004 avec Codification, une création intimiste sur laquelle elle est accompagnée par Olivier Mellano, et Gaël Desbois (Mobiil); elle réitère l'expérience du trio sur le nerveux Games Over (2008), et le plus expérimental Often False (2010), mais cette fois ci en compagnie de François Jeanneau et Thomas Poli

2012 voit Laetitia collaborer avec Robert le Magnifique, et Thomas Poli (Dominique A), il en résulte A Midsummer Night's Dream, un album quasi instrumental qui est la bande son d'Un songe d'une nuit d'été de Shakespeare mis en scène par David Gauchard. Après Where's My ID? un EP 4 titres paru en 2012, la dame revient en 2014 avec un nouveau méfait, Pandemonium Solace and Stars qui sort en octobre  chez Yotanka (ZenzileThe Procussions...), on y retrouve le titre The Living Dead dont la vidéo est réalisée par Marie Larrivé. La même année Laetitia fait une apparition sur l'album LUX d'Ez3kiel, en interprétant les vocaux du titre Eclipse, que Beth Gibbons n'aurait surement pas boudé. Elle enchaîne ensuite en sortant le EP The Anticipation en 2015, toujours avec Thomas Poli, et Nicolas Courret derrière les fûts. Laetitia revient fin 2020 dans la même configuration pour nous soumettre son sixième album : Stillness.

16.5 / 20
1 commentaire (17.5/20).

Stillness ( 2020 )

Dans la série des oubliés de 2020 le sixième album de Laetitia Shériff figure tout en haut de la pile. Certes il y avait profusion de sorties l’an dernier et on ne peut pas être partout, mais ce n’est pas une excuse suffisante tant ce Stillness est formidable, et même davantage. C’est donc avec quelques trains de retard qu’on se penche sur le successeur du brillant Pandemonium, Solace And Stars et du non moins fabuleux format court The Anticipation.

En causant d’anticipation Stillness se pose là, puisque ses ambiances et ses textes (et son titre) correspondent idéalement à notre déliquescente période « post-2020 », partagés entre nostalgie, poussées de rage et mélancolie diffuse ou insidieuse. Naturellement toujours entourée de Thomas Poli (Dominique AMontgomery) aux synthés/claviers/guitares et de Nicolas Courret (EiffelBed) derrière les fûts, la Rennaise a pris le temps de composer ce qui constitue sans doute son disque le plus abrasif, contrasté, peut-être le plus touchant aussi. Ainsi People Rise Up agrippe nos organes internes par son appel au soulèvement et ses arrangements fins, Deal With This fait de pertinents clins d’œil aux sœurs Deal des Breeders, ou encore les somptueux cuivres émerveillent dans le déroulé de Go To Big Sur ou We Are You, la justesse rythmique qui traverse l’objet et l’aura surnaturelle qui l’enveloppe, procurant autant de sérénité que de guilis dans le cœur.

Les émotions prennent souvent à la gorge, accentuées par une production exceptionnelle et des arrangements bouleversants, dans le toucher des cordes notamment, parfois délicieusement fragile (Pamper Yourself, le lacrymal Ashamed), parfois lourd et granuleux (A Stirring World et A Stupid March qui chatouillent le Stoner voire le Doom). Comme une déclaration d’amour au Rock sensible. Impossible non plus de ne pas succomber à cette voix, profonde, mutante, hypnotique, capable de transpercer l’âme avec une aisance troublante, portée par un ensemble instrumental d’une absolue évidence. L'entièreté coule de source, comme c’était le cas auparavant, mais on sent physiquement le boulot abattu habillant Stillness de toute sa splendeur. Un album qui tombe à point nommé pour redonner des couleurs à nos oreilles flétries.

A portée de clic sur Bandcamp.

A écouter : de fait.
16.5 / 20
1 commentaire (18.5/20).
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Pandemonium, Solace and Stars ( 2014 )

La Parisienne de naissance et Rennaise d’adoption n’est pas nouvelle dans le paysage du rock céfran, puisqu’elle a entamé ses pérégrinations en 2004 avec l’album Codification, dans le sillon des Sonic Youth et autres Scout Niblett. Dix ans plus tard sort Pandemonium, Solace and Stars, sur lequel on retrouve une Laetitia Shériff enrichie de ses expériences passées (Trunks, collaborations avec Psykick Lyrikah, Lydia Lunch, etc), augmentée depuis 2010 et Often False par le guitariste Thomas Poli (Dominique A), également aux consoles.

Son (excellent) travail effectué en 2012 sur la bande son d’Un songe d’une nuit d’été de Shakespeare a sans doute contribué à la dimension cinématographique de ce quatrième album, pétri d’arrangements subtils et d’une atmosphère prégnante, tiraillée entre mélancolie intimiste et colère joliment contenue. Le EP Where's My ID? allait en ce sens et Pandemonium, Solace and Stars prolonge, concrétise la manœuvre, consistant à nous envoûter profondément par une voix délicieuse, aussi langoureuse (Fellow) que nerveuse (The Living Dead, Wash), mise en valeur par des musiciens précis et ultra-sensibles. La construction de l’objet est idéale, sans fioritures, sans ajouts superficiels ou abscons. Tout est mis en œuvre pour nous liquéfier de plaisir à l’écoute de ce rock (pas si) minimaliste au feeling outrancier, les fantastiques A Beautiful Rage II et Urbanism – After Goya comme pierres angulaires. L’univers de Laetitia Shériff apparaît ici plus accessible, moins aventureux, mais tellement beau, limpide et habité que tout être humain constitué à peu près normalement se doit de frissonner un minimum, ne serait-ce que sur le fragile, émotionnellement puissant et bien nommé To Be Strong.

Varié, équilibré, Pandemonium, Solace and Stars est certainement l’album le plus abouti de la Rennaise, celui qui fait le lien entre toutes ses aspirations et inspirations. Une perle rare et touchante qui mériterait une diffusion massive pour apaiser les esprits, pour les purger des toxines de la vie. Laetitia Shériff la musico-magicienne survole délicatement le paysage indie rock français, et il semblerait que son dernier EP The Anticipation la retient toujours parmi les astres...

Librement écoutable sur Bandcamp.

A écouter : en tailleur sur une surface molle.