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Biographie

Lack

Lack s'est formé en 1998 au Danemark sous l'impulsion de Thomas (Chant / guitare), Jakob (Guitare),  Kasper (Basse) et Jacob (Batterie). Le groupe sort sont premier 7", My Own Private Hiroshima, en 1999  puis un second la même année (réédité en 2002). En 2001 le groupe affirme définitivement sont rockin'hardcore incisif et radical avec la sortie de Blues Moderne : Danois explosifs, qui figure aujourd'hui comme une des références du genre.
Toutefois, lassé des comparaisons avec des formations comme Refused ou Jr Ewing, Lack opère un changement de style avec la sortie de Greetings From a Non-Beliver et de l'étonnant Be There Pulse. Lack ralenti le tempo, jouxte les terrains rock, jusqu'à adopter une attitude pas trop eloignée de la power pop avec Saturate Every Atom en 2008.

13 / 20
4 commentaires (15.5/20).

Saturate Every Atom ( 2008 )

Pendant 2 bonnes minutes j'ai cru que Lack était revenu à son hardcore d'acier et de feu. Saturer tous les atomes ? Donc gonfler de notes la moindre parcelle d'air et de silence ? Que dalle. Les danois se réfèrent plutôt à ces quelques jolies lignes de la poétesse anglaise Virginia Woolf,

"The idea has come to me that what I want to do now is to saturate every atom. I mean to
eliminate all waste, deadness, superfluity : to give the moment whole; whatever it includes. It
must include nonsense; fact; sordidity; but made transparent."
Virginia Woolf, 1928.

Vivons tous heureux, nus et cachés (se référer au visuel) ? Why Not. Quoi qu'il en soit les danois ont pris Virginia à la lettre et ont lâché du lest jusqu'à ne conserver que le minimum vital. Comprenez là des mélodies poppy ultra basiques orchestrées par un beat itératif limite garage rock lors de certains timings, le tout sucré par un chant aigu souvent maniéré, parfois même irritant. La chute fait mal sur les premières écoutes. Mais comme Lack reste Lack, on persévère à la recherche de quelques prises solides dans une échelle en guimauve, qui dans ses parties les plus molles, jouxte une pop FM niaise ("O.R.A.L.", "Coninuum"). Autant dire qu'il va falloir bien s'accrocher. En cherchant bien on (re)trouve une véritable énergie punk et un groove bien présent sur une poignée de morceaux tubesques comme il faut, dont "Cocky", "Naked Girls" et l'excellent "Watchmen" sur lequel on distinguerait presque les réminiscences de la guitare coupe gorge de early "Lack attack!". Mais à ce petit jeu de durs au cœur tendre, il faut bien avouer que Haram ou Q And Not U do it better. Puis quitte à franchir une barrière, autant bifurquer vers la power pop mélodieuse et parfois inspirée de Nada Surf.
Mais ça, les danois s’en moquent éperdument et semblent avoir trouvé le bonheur, "Happiest Things Alive !". Ils sont heureux, tant mieux pour eux et tant pis pour nous ?

A écouter : Naked Girls - Watchmen - Cocky

Blues Moderne : Danois Explosifs ( 2001 )

Le début des années 2000 marque le paysage hardcore européen par la confirmation d'une flopée de groupes intégrant à leur musique des partitions rock'n roll valant à ces derniers de nombreuses comparaisons, à tort ou à raison, avec feu Refused. Jr Ewing (Calling In Dead - 1999, The Perfect Drama 2001), Complete (Adjusting The Perpetual Emotion Machine - 2001) mais aussi les danois de Lack s'engagent dans la brèche.

Ces derniers, outre l'aspect rock de leurs compositions, parsèment leur hardcore d'accents métalliques venant jouxter  Catharsis ou Botch et insufflent à l'ensemble de leur musique une fureur et une rage omniprésente, les plaçant de temps à autres sur une vague power violence, que les amateurs de Charles Bronson ou Fuck On The Beach trouveront sans doute à leur goût.
Si la folle énergie des danois à de quoi clouer au sol, le plus étonnant reste ce son particulier que la formation arrive à produire, électrique et rugueux. Les guitares de Lack, reconnaissables entre 1000, possèdent indéniablement cet aspect tranchant et entêtant qui marque les esprits de manière indélébile ("Kill Britney", "Zur Genealogie Des Modernen Menachen"). Le double jeu de cordes parcourt également des sentiers mélodiques ("Falling From The Peak Of Truth ...") avec la plus grande inspiration et se laisse emporter au sein de sphères plus obscures et davantage volumineuses ("When Even The Honest Of Emotions ...").
Bref, Lack se contrefiche des étiquettes ou autres barrières réductrices et produit 40 minutes viscérales et émotionnelles de rock violent et inspiré. Les chanceux qui ont pu voir la formation danoise trépigner sur les planches doivent encore avoir les oreilles rougies par l'agression sonore de leur jeu à la fois précis, sincère et spontané, mais surtout imprévisible. Jouissif.

Suite à cet album et la tournée qui s'en suivie, la volonté de ne pas stagner des danois les poussent à produirent un son fort différent de leurs productions précédentes. Préparant le terrain en 2005 avec un 7" (Greetings From A Non-believer), le groupe sort la même année Be There Pulse. Nouvel album. Nouveau visage. Tempo ralentie, mélodies tendues, base rythmique retenue ... mais ça, c'est une autre histoire.

A écouter : Tout