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Split avec The Ultimate Screamo Band ( 2016 )

La Russie rencontre le Canada. Rien ne semblait vouloir rapprocher les deux pays, mais il faut ce split avec deux combos de Screamo pour que la rencontre se fasse.

Les Russes de LORA n’ont encore rien laissé au hasard. L’évolution depuis le EP précédent n’est à première écoute pas audible, mais le chant hurlé tente de renverser à nouveau tout sur son passage. Oui, « Порох » reste inégalé, mais « Пески » s’en approche avec ses cordes emplies d’émotions, masque vite déconstruit par la fureur incontrôlable qui termine le tout. On pourra regretter le son de « Смута » qui semble encore amplifier la cacophonie et lui fait perdre en clarté. Magique, à défaut d’être surprenant.

Concernant The Ultimate Screamo Band, j’y entends du Orchid. Celui qui m’a fait vibrer sur Chaos Is Me ou Dance Tonight ! Revolution Tomorrow. Les compositions de Guillaume sonnent avec autant de force, peut être dans un registre verbal moins évasif, mais « L’ingénierie Sociale VS l’ingéniosité » ne laisse aucun doute : TUSB va à l’essentiel, sans fioritures. L’écart avec LORA ne sera pas sujet à discussion, mais on y retrouve quelques similitudes dans l’approche : un ensemble homogène mais fragile, un coup direct dans les dents de quelques secondes et un même amour de la violence musicale (« A mon père »). Il est fou comme l’ambiance d’Orchid transpire ici, pour le meilleur.

Ce split donnera un bon aperçu de ce que l’on peut attendre d’un Screamo déchainé. Les artifices changent légèrement mais l’intensité est la même. Ecoutez, appréciez, faites ce que vous voulez, mais ne passez pas à côté. Orchid, Tristan Tzara, plus de 15 ans après.

A écouter : Пески versus L’ingénierie Sociale VS l’ingéniosité

Lora ( 2015 )

« La musique donne une âme à nos coeurs et des ailes à la pensée ». Platon.

Lora n’est pas le nom de la dernière chanteuse à la mode, encore moins celui d’une star internationale. Lora, c’est un vent de folie moscovite, se lançant à corps perdu dans la foule, lâchant quatre pépites à la face du monde avant de se replier sur lui-même. En même pas six minutes, le combo renverse tout, part en toute folie à la manière d’un Danse Macabre, sans s’accorder un instant pour respirer. De poésie, il n’est plus question : on bascule dans l’Emoviolence, la fureur de vivre sans avoir la classe de James Dean via juste quelques mots crachés au public en guise de musique ; et puis une noirceur et une détresse dans les hurlements qui se lient aux cordes malmenées à toute vitesse. En un seul titre, « Порох », Lora résume toute une scène et signe sans doute LE morceau de 2015.

Pensez Tristan Tzara, Loma Prieta sur ses premiers efforts ou Beau Navire meets Hyacinth. Le groupe a toutes les armes entre ses mains et s’en sert : Lora, avec juste un simple EP et quelques minutes de son, balaie d’un revers de la main tout ce que l’on pouvait encore percevoir comme espoir.

A écouter : Порох