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Biographie

L'Antietam

Originaire de Boston, L'Antietam débute son parcours par un 12" sur l'excellent label allemand Adagio830 (Zann). Le quatuor rejoint ensuite l'écurie Slave Union (Loma Prieta, Pyramids) et sort en 2006 le mémorable Family, un album regroupant 10 nouveaux titres et l'ensemble des sorties précédentes du combo. L'Antietam joue un screamo hardcore passionné et passionnant, faisant le grand écart entre screamo punk fédérateur,  emo hardcore hurlé à la mort et power violence, et se cale sans mal parmi les groupes les plus doués du genre.

Chronique

16.5 / 20
1 commentaire (16.5/20).

Family ( 2006 )

17 septembre 1862, Antietam, jour le plus sanglant de la guerre de Sécession, veille de l'abolition de l'esclavage aux Etats-Unis mais aussi 4 inséparables gaziers de Boston la rage et la passion pendues aux lèvres et de l'électricité au bout des doigts. Family regroupe 10 nouveaux morceaux et 17 autres issus des productions précédentes dont le terrible split avec Furnace aka "The d-beat band", soit une heure d'emo hardcore imparable hurlé à la mort. Mieux vaut prévenir que guérir.

Foudroyé sur la place, bouche bée, une main agrippant le coeur, l'autre serrée jusqu'au sang et tendue vers les cieux. "Am:Jm" annonce immédiatement l'ambition de L'Antietam, serrer la gorge et ne plus lâcher prise jusqu'à la mort des cordes et des peaux. D'une traite et sans laisser vierge la moindre parcelle d'oxygène, L'Antietam régurgite en bloc un screamo punk d'une profonde sincérité. D'une énergie fulgurante, lorsque les guitares et le chant s'emballent dans un crescendo tétanisant ("Boxes", "Two Birds", le très Comadre "Dear Good Man"), mais aussi emprunt d'une mélancolie traduite par des arpèges cristallins à la classe folle ("00:43", "Outro") , le hardcore des bostoniens est de ceux qui ne reste jamais en place, en mouvement perpétuel et digérant une multitude d'influences au sein de morceaux très courts se gardant bien de répéter leurs trouvailles.
La leçon de rattrapage qui fait suite ne fait que confirmer la totale ouverture musicale de L'Antietam et leur étonnante maîtrise quel que soit le registre abordé. Que ce soit lors des plans mathy filant de note en note vitesse grand V ("Adrenaline Baby"), lors des brûlots punk hardcore aux back vocals fédérateurs ("We Saw The Umbrella Man") ou pendant les frasques originales aux rythmes totalement syncopés et aux cordes distordues ("I Sat For Days And Came With This" façon The Kidcrash), L'Antietam appuie et s'enfonce là où ça fait mal. Ainsi, une cavalcade en appelle perpétuellement une autre jusqu'au final emo as fuck, "It's Hard To Listen To A Word You're Saying When You're Spitting In My Face". Lessivé.

Assurément surdoué, L'Antietam capte, s'approprie et renvoie en pleine face (toutes) les meilleurs ficelles emo hardcore approuvées depuis le milieu des 90's, le tout auréolé d'une sensation très forte au confluent de la passion, de l'amitié et d'un trop plein de désespoir éructé à n'en plus pouvoir.

This is SCREAMO.

A écouter : Tout et plusieurs fois