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Biographie

Kruger

Les débuts de Kruger datent de 2001 suite aux rassemblements de membres de Rude, Sweet Disease et Sludge. Seulement une petite année plus tard, le premier album voit le jour : Built For Speed. En 2003, une tournée investie les scènes de France et de Suisse d'où est issu le groupe. Ils partagent la scène avec des formations comme Gojira, Sleepers, Isis ou Knut.
La fin de cette tournée est marquée par le départ du bassiste, préférant se consacrer à ses deux autres groupes : Samael et Sludge. Le remplaçant ne se fait pas attendre et l'enregistrement de Cattle Truck débute à Lausanne au printemps 2004 avec Fredrick Nordstrom (Dimmu Borgir, In Flames, Opeth, At The Gates, Hammerfall, Sludge) et Peter In de Betou (EntombedNine, Dismember, In FlamesShovel) aux commandes. L'album voit le jour sur RRRecords fin 2004.
Adoptant un Sludge / Post-Hardcore d'une puissance et d'une grande richesse, le groupe se rapproche de Cult Of Luna et Isis, mais aussi de Tool, Helmet ou Breach. Trois années plus tard et après avoir tourné avec bon nombre de groupes, les lausannois après un changement de line-up et d'écurie, sortent leur troisième album, Redemption Through Looseness, mixé par Kurt Ballou (Converge), et opèrent un tournant plus direct et Hardcore dans leur musique. En 2010, le quatrième album des suisses, For Death, Glory, And The End Of The World sort chez Listenable Records permettant à Kruger de se faire connaitre d'avantage.

14.5 / 20
5 commentaires (15.9/20).
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For Death, Glory And The End Of The World ( 2010 )

Avec la vague postcore qui s’essouffle, la déferlante boueuse metalcore qui nous fout petit à petit la paix, on commence à y voir un peu plus clair, du moins je l’espère. La sélection naturelle a fait son œuvre et l’on conviendra pour faire simple qu’après la tempête qui pourrait toutefois avoir des relents, il reste l’énergie, la sincérité, les précurseurs, les mastodontes et les novateurs. Le cas de Kruger est litigieux. Un peu à part de tout cela, neutralité suisse oblige, ni affilié à l’une ou l’autre des scènes en question, avec une personnalité unique, bien qu’écornée avec un Redemption Through Looseness, dernière livraison en date ayant succombé aux sirènes des artifices testostéronés de du rêve américain, la formation lausannoise remet le couvert en s’éloignant un peu plus de sa classe Do It Yourself de ce bon vieux Cattle Truck, confirmant son attirance vers la magie illusoire des productions volumineuses et du riff flasque.

Ce que l’on pressentait sur cet avant-dernier disque est donc bien confirmé, sans surprise d’ailleurs. Kruger réaffirme avec For death, glory and the end of the world qu’il a un appétit d’ogre, l’envie de devenir une belle et grosse machine bien huilée, à la mécanique flamboyante, aux compositions lisses et rageuses démontrant une force de frappe digne de mettre en émoi le premier metalleux non-intégriste venu. Non-intégriste, car de son passé Kruger garde tout de même bon nombre d’ingrédients, des relents de textures sludge sablonneuses nous faisant traverser les US, sa voix éraillée typique et sans égal, sa faculté à étirer les structures, moins fréquemment il est vrai, d’étaler des structures rythmiques atypiques à tout va en légèreté. Mais tout cela se noie dans une évidence imparable, et sans devenir barbare et agressive,  la formation est plus massive que jamais, à la manière d’un Gojira, sortant les muscles, les roulements de doubles cavaliers, sur fond d’une production impeccable et extrêmement lisse. La batterie s’en retrouve à ce point précise qu’elle en a même du mal à vivre, les riffs ne bavent pas, cliniques dans leurs originalités mélodiques pas pour autant dénuées d’intérêt, et seule la basse rondelette semble garder un pied dans ce que Kruger a perdu de mieux, son côté rock’n’roll sexy et libidineux, en ayant développé en parallèle une faculté à créer des mastodontes imparables.

Kruger n’aura pas résisté à l’appel des grosses machineries amerloques tapageuses et massives
Et au-delà de ce parti pris de ma part, il est indéniable que le Kruger que l’on ne verra plus avait bien plus de singularité et d’âme que ce qui en subsiste aujourd’hui, pas pour autant proche du néant, bien au contraire. Kruger a pris la voix d’un groupe à l’efficacité redoutable et à l’avenir sans risque tout tracé, ce qui sera après tout le plus confortable en termes de public, après tout. For death, glory and the end of the world, lui, apporte à la fois peu et pas mal de choses, en se positionnant comme le disque des suisses le plus abouti sous son nouveau visage et justement pas tellement au dessus de son prédécesseur. La classe d’un rock’n’roll massif et très suisse s’est perdue dans des sphères plus tapageuses, à vous de choisir.

A écouter : ?
14.5 / 20
7 commentaires (16.36/20).
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Redemption Through Looseness ( 2007 )

Parmi les formations les plus classieuses de Suisse (et ce n’est pas rien), Kruger s’est fait sérieusement attendre depuis son précédent opus. Après quelques déboires concernant le line-up, un changement de label (de RRRecords à Listenable Records), les voici de retour pour leur troisième album, qui, avant même sa sortie laissait présager de très bonnes choses. Redemption Through Looseness, fruit de l’évolution de 3 années d’un groupe fort prometteur depuis ses débuts, mixé par le maître du hardcore, Kurt Ballou himself, voilà qui avait de quoi mettre sérieusement en appétit. Et fort logiquement, la patte de l’américain se ressent sur ce nouvel opus, plus brut et agressif, anéantissant pour le coup l’un des aspects de Kruger qui lui donnait son unicité si intéressante.


Cattle Truck, dans la juste lignée de Built For Speed, avait ce côté rock’n’roll très alléchant, une facette groovy très ronde et des mélodies massives imparables, exploitant le côté le plus corpulent du hardcore, dans la lenteur. C’est justement la première chose qui marque à l’écoute de Redemption Through Looseness, à travers son côté indéniablement rentre dedans, la formation a perdu tout ce qui faisait sa grande finesse, sa classe imparable et très suisse. Non pas que ce nouvel enregistrement soit dénué de finesse, bien au contraire, mais celle-ci ne se manifeste absolument pas de la même manière.

Le fait est que depuis Cattle Truck, de l’eau a coulé sous les ponts, et notamment l’eau devenue frelatée d’une vague postcore pas toujours très intéressante, voire même d’une déferlante contenant bon nombre de formations plutôt dénuées d’intérêt, banalisant du même coup tout un panel de sonorités. Kruger se devait de rebondir dans une direction originale, sans pour autant perdre son identité, pas entamée pour autant par le phénomène. Redemption Through Looseness conserve bien une unité artistique par rapport à ses prédécesseurs. Le son du groupe est reconnaissable très facilement, tant par le chant éraillé si caractéristique de Reno, les riffs de guitare bruts et harmonieux, que par l’inventivité rythmique dont font preuve les suisses. Cela dit, la musique de ce nouvel opus est bien plus percussive, plus agressive même, à l’image de titres comme The Graveyard Party, dont l’introduction flirte avec des sonorités très death metal, et dont le cœur est d’une intensité rare pour le groupe, un chant très poussif (bien plus qu’auparavant) à ses riffs si caractéristiques en mélodies. Rythmiquement, l’inventivité de Raph, batteur, est au rendez-vous plus que jamais, centrée sur le côté très carré et massif de son jeu ; le cogneur signe sur Redemption Through Looseness des parties impressionnantes, exploitant des polyrythmiques et syncopes originales pour le genre, et jouant surtout avec les différentes sonorités de son instrument très finement, à la fois dans la violence et dans les parties plus aériennes. En effet Kruger n’abandonne pas complètement ses parties mid-tempo, utilisant avec brio des évolutions subtiles, alternant les ambiances, les approches sonores, entre sludge, stoner, hardcore et metal.

Redemption Through Looseness est un bon album, très travaillé, comme tous les disques de Kruger l’avaient été jusqu’à présent. Son côté agressif lui confère une efficacité taillée pour le live, une rage palpable qui ne va finalement pas si mal au groupe. Cela dit, le côté très heavy rock perdu est clairement dommageable de cette nouvelle évolution des lausannois, qui perdent plutôt gros au change, en abandonnant ce qui leur donnait le plus de charme.

A écouter : Hummers vs Pedestrians, War & Wine, The Graveyard Party, Crusaders, et le reste aussi en fait.
16 / 20
7 commentaires (17.14/20).
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Cattle Truck ( 2004 )

Les scènes metal et hardcore connaissent un sérieux regain d'intérêt pour les formations hybrides et torturés à l'image de Cult of luna ou du planant Isis. Ce Cattle Truck baigne dans un océan d'influences diverses mais dégage une personnalité affirmée et un puissant désir de briser des tympans par centaine.
Kruger n'est pas un nouveau venu, ses membres sont des musiciens confirmés ayant fait leurs armes dans d'excellentes formations aux antécédents musicaux variés (voir bio). Au niveau de la production, Cattle Truck a bénéficié du travail de mains d'orfèvres. La qualité exceptionnelle et la puissance du son sont là pour en témoigner. Bref, "chaos" à tous les étages !
Si le sludge est l'apanage de la Louisianne, Kruger est la preuve que la Suisse à également son mot à dire en la matière. Les amateurs de Eyehategod et cie vont assurément apprécier la galette dans ses parties lentes et glauques.
La tendance dominante lorgne toutefois vers un metal / post-hardcore qui rappelle Breach ou les débuts de Cult of Luna et d'Isis. Si les deux derniers cités ont un peu levé le pied sur leurs récentes productions, Kruger maintient la barre haute en terme de puissance. Les 50 minutes de Cattle Truck vont écraser avec certitude les oreilles les plus profanes. La performance du batteur est stupéfiante sur les parties à la rythmique complexe comme sur les passages plus classiques qu’il n'hésite pas à dynamiser via la double pédale. La voix gutturale et abrasive peut rappeller Neurosis et contribue activement à maintenir une atmosphère glauque et oppressante.
Kruger reprend son souffle dans des parties plus mélodiques mais c'est pour repartir plus virulemment encore ! "Speedometer" illustre parfaitement le phénomène. Le groupe se permet même des parties Heavy Rock très accrocheuses à l'image de "Captain America".
Si la violence et la puissance dominent, Kruger sait aussi jouer la finesse. "I feel you" (reprise de Depeche Mode) s'illustre par sa guitare Toolesque et son rythme lancinant rappelant les compositions du groupe de MJ Keenan. Cattle Truck termine en apothéose sur un titre de plus de 10 minutes liant une instrumentalisation à la Godspeed You ! Black Emperor sur des sonorités métalliques hybrides. Le moment en est presque religieux lors de l'apparition des choeurs.
Kruger signe un disque riche et personnel qui sait surprendre à chaque titre et ceci même après de nombreuses écoutes.

 

T

A écouter : I feel you, Speedometer, Captain America