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Biographie

King Woman

King Woman est fondé en 2009 par Kristina Esfandiari à San Francisco. Cependant, le groupe, cristallisé autour de Joseph Raygoza (Batterie) Patrick Hills (Guitare) et Sky Madden (Basse), ne produit aucun disque jusqu'en 2013, date à laquelle la chanteuse quitte Whirr. Produisant deux singles bien reçus par la critique en 2013 et 2014, The Flenser Records décide de signer la formation et Colin Gallagher vient à ce moment là renforcer le groupe comme second guitariste. L'ep Doubt, première sortie pour ce label, est mis sur le marché en 2015. 

Sky est remplacé ensuite par Peter Arensdorf (Basse) et le désormais quatuor sort alors son premier album, Created In The Image Of Suffering en 2017 chez Relapse Records. King Woman est assez discret par la suite. Colin quitte le groupe et Peter se retrouve à gérer la basse et la guitare, King Woman devant alors un duo. Leur retour est annoncé avec Celestial Blues qui sort chez Relapse Records en 2021 et qui montre une nouvelle orientation plus sombre et gothique du groupe.

Chroniques

Celestial Blues Doubt
16 / 20
1 commentaire (17/20).
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Celestial Blues ( 2021 )

Quatre ans après Created In The Image Of Suffering, qui avait déjà et été fortement remarqué dans la sphère Doom Metal, le groupe de Kris Esfandiari (car oui, c’est elle la principale compositrice du groupe) revient avec son second album, Celestial Blues, toujours signé chez Relapse Records. Son artwork est pour le moins particulier avec son délire qui nous rappelle des gouts douteux vestimentairement parlant (et musicalement) de la période Matrix / Blade, mais il est plutôt original dans le genre et permet aussi de se rendre compte de la tournure musicale prise par King Woman.

En effet, Celestial Blues se démarque de son prédécesseur par son ton général, par son ambiance et ses pointes mélodiques qui vont lorgner vers le gothique comme si l’album était drapé d’un voile noir en dentelle. C’est en grande partie dû aux mélodies développées à la guitare et à la voix de Kris encore plus trainante et envoûtante que par le passé. Sa palette vocale s’est largement perfectionnée : elle hurle, murmure, participe aux chœurs, chante de manière presque enfantine à la façon de Julie Christmas… bref l’album est un régal pour sa voix, tant elle arrive à passer d’un registre à l’autre de manière déconcertante et surtout, tout cela semble couler de source et de façon très naturelle. Kris participe grandement aux ambiances qui évoquent des paysages sinistres, des baraques lugubres, des spectres inquiétants. Encore une fois, on est dans le domaine horrifique et ce n’est pas les "Lucifer, falling from the heights, Lucifer, falling from the heights" répétés jusqu’à la lie sur Morning Star qui nous prouverons le contraire.

Celestial Blues, malgré son ambiance noire séduisante, peut néanmoins se montrer un peu austère et pas forcément des plus engageants au départ, la faute à un rythme et une homogénéité froide qui peut laisser sur le bord de la route. Si Celestial Blues et Morning Star font offices de titres tout de suite marquant, d’autres dévoilent leur potentiel, ensuite comme Boghz à la lourdeur colossale ou Psychic Wound mue d’un groove presque étonnant comparé au reste de l’album avec une rythmique tribale folle et porté par les hurlements saisissants de Kris. Les multiples arpèges disséminés ici ou là viennent également peu à peu nous prendre au cœur, comme sur le très beau Golgotha ou sur Ruse, encore une fois sublimés par la magnifique voix de Kris. Notons aussi le surprenant Coil, avec une basse vrombissante, presque Post-Punk et sa rythmique tribale elle aussi et qui confère au morceau un aspect frontal, très brut, très Rock n Roll.

King Woman surprend sur ce nouvel album, déstabilise même car on s’éloigne d’une certaine base Doom Metal avec lesquels on les avait connu auparavant. Celestial Blues est un album qui ose énormément, qui brouille les pistes et qui s’insinue très légèrement vers d’autres contrées (Goth et Post-Punk notamment). Son ambiance générale en fait aussi un disque un peu à part de la scène Doom Metal et la voix de Kris Esfandiari, qui ose aussi d’avantage de choses, sublime le tout. Comme Big Brave qui sort Vital cette année, il semble intéressant de mettre les deux groupes sur le même plan. La musique des deux formations est belle et bien différente et n'a pas trop de lien, mais on observe la même volonté de proposer autre chose en matière de Doom Metal et c'est quelque chose qu'on apprécie fortement.

15 / 20
1 commentaire (13.5/20).
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Doubt ( 2015 )

Dire que l'on croule sous les informations concernant King Woman serait mentir puisque Le projet de l'ex chanteuse de Whirr ne compte qu'une poignée de single et un EP, Doubt. Stylistiquement, ce dernier se rapproche des productions de Chelsea Wolfe, notamment sur son dernier album. Difficile en effet de ne pas faire le parallèle entre les deux artistes lorsque l'on écoute cet EP faisant la part belle aux instrumentations lourdes et denses, hybridant le Shoegaze et le Doom, et des parties vocales féminines, belles et maîtrisées. 

Il se dégage de ces quatre titres une grâce certaine teintée de mélancolie, de passion et de tristesse. Difficile de ne pas être charmé devant ce disque qui possède une identité bien marquée. Naturellement, de nombreux noms viennent en tête et on pourrait être tenté de réduire King Woman, sa jeunesse aidant, à un mélange savant entre Whirr, Windhand et Chelsea Wolfe. Grossière erreur que nous ferions là tant Doubt dispose d'un petit quelque chose, difficile à pointer du doigt, impossible à décrire mais simple à nommer : une âme. Que ce soit grâce à la prestation vocale de Kristina Esfandiari, toute en finesse, ou grâce à la structure même des différentes compositions qui permet aux riffs du groupe de se déployer, de se métamorphoser et de s'envoler, il réussit à séduire. Bien évidemment, on pourra reprocher à cet EP une durée assez courte mais est ce vraiment un défaut ? Si cela constitue le coup d'essai du groupe, alors nous avons toutes les raisons de penser qu'un hypothétique futur album sera un coup de maître. 

Doubt porte au final mal son nom puisqu'il va sans dire qu'il s'agit d'une réussite. Souvent comparé à Chelsea Wolfe ou PJ Harvey jouant du Doom, King Woman a toutes les cartes en main pour suivre un chemin aussi intéressant que ces deux artistes.

A écouter : Oui.