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Biographie

Kelvin

Anne (Batterie)
Woolter (Guitare, Synthétiseur, Chant)
Andrea (Guitare, Clavier, Chant) 

Originaire du nord est de l'Italie (Padova), Kelvin est un trio électrique mené par Woolter (PutiferioLodioAntigammo). Formé en 1999, Kelvin autoproduit son premier disque, CD01, en 2002. En 2011, une édition complètement remasterisée de ce premier et excellent jet sort sur Macina Disci. A la croisée de la noise et du post-punk avec toujours un esprit hardcore et urgent en filigrane, Kelvin a joué avec des groupes aussi variés que AgathoclesRed Worms' Farm, LucertulasWith Love ou encore A Flower Kollapsed.

Chronique

CD01 (réédition) ( 2011 )

Je ne sais pas pour quelle raison, peut-être l'austérité (trompeuse) du visuel, mais j'ai laissé prendre la poussière à ce disque de Kelvin des mois avant de me décider à l'écouter. Déjà présent sur d'excellents split albums avec Speedy Peones et Woolter (le même Woolter à la guitare ici même ainsi que dans Putiferio), Kelvin ressort sur MacinaDischi leur CD-r autoproduit de 2002. Le mélange d'une boîte à outils rouillés et de bonbons acidulés (façon Castorama meets Haribo) de la photo intérieure m'a immédiatement fait prendre conscience de mon erreur. Quant au premier morceau, il ne fait que confirmer les traces de noise jubilatoire et déglinguée détectées en amont. 

Ces deux (tantôt trois) italiens n'ont que faire de la moindre balise, c'est une fureur purement juvénile qui les anime. Leurs morceaux ultra-brefs laissent filer des guitares follement distordues, qui comme de la guimauve, s'enroulent autour d'une rythmique rigide calcifiée au punk. De purs moments d'allégresse en forme de coups de pied au cul. Outre les parties savamment nourries au synthé dramatique et ostentatoire, c'est le chant, qui comme plaqué dans l'oreille au gigaphone, refile un irrésistible tournis à l'ensemble de ce disque multi-dimensionnel. Et malgré un dernier tiers moins enthousiasmant (quoique les 45 secondes du dernier morceau, "El Pero", donne juste l'irrésistible envie de danser sur les mains), c'est avec un ressenti unique et rafraichissant que Kelvin parvient à faire tenir toutes ses digressions dans une seule et même grosse boite (à surprises). On y découvre l'aspect éléctronico-ferraille vindicatif de Neptune, le je-m'en-foutisme insolant et insoumis des débuts de An Albatross et même des facettes post-hardcore de luxe sur l'excellent "Lunimattina". En bref, un gros quart d'heure d'électrocution foudroyante qui ne demande qu'à être répété jusqu'à épuisement de la moindre parcelle d'ampère.

A écouter : Linimattna - El Pero - No Cry -