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Biographie

Karma To Burn

Karma To Burn est né en Virginie Occidentale (USA)  au milieu des années 90. Sous forme de trio (guitare, basse, batterie) jouant un heavy rock fortement influencé par le stoner et entièrement instrumental. Signé en 1996 par Roadrunner Records le groupe est contraint par le label d’engager un chanteur, John Garcia (Kyuss) faillit prendre ce rôle mais ça sera finalement un ami du trio Jay Jarosz qui s’occupera du chant. Ils sortent un album avec lui, éponyme, avant de le remercier pour retourner à un rock instrumental. De fait Roadrunner ne sortira pas leur album second album, Wild, Wonderful... Purgatory, aux USA. Après un troisième album, Almost Heathen, sorti en 2001 le groupe ne donne plus signe de vie.

Chacun des membres continue ses activités musicales dans différents projets (Year Long DisasterNebulaSpeedealerTreasure Cat) et finalement en 2009 Karma To Burn annonce son retour avec le même line up. Le groupe enchaîne alors les tournées (dont Hellfest ou Download Festival) et enregistre un 4ème album, Appalachian Incantation, sorti en 2010 et enregistré par Scott Reader (de Kyuss).Toujours instrumental, sauf un titre avec Daniel Davies (Year Long Disaster), et comme à leur habitude les titres des morceaux sont de simples chiffres (sauf ceux avec des paroles).

Le groupe a annoncé avoir enregistré des titres avec John Garcia et pourrait participer à son projet Garcia vs. Garcia. Après avoir suffisamment usé les planches, le trio sort le sobrement intitulé V en 2011, incluant trois morceaux chantés, puis un EP éponyme en 2013 chez Heavy Psych Records, juste après le départ du batteur Rob Oswald. Le bassiste Rich Mullins s'en va quant à lui juste après la sortie de cet EP. Les deux seront remplacés par Rob Halkett de The Exploited à la basse et un certain Evan Devine (Ancient Shores) à la batterie, afin de composer le sixième album Arch Stanton, sorti en 2014 et abrité par Deepdive Records. Un nouvel EP (Mountain Czar) suivra en 2016, tandis qu'Eric von Clutter prend position derrière la basse, et enfin des rééditions de démo (Thee Rabbit Hole) verront le jour en 2021. Malheureusement Will Mecum, seul membre fondateur et permanent de Karma To Burn, décède le 29 avril 2021, ce qui signe probablement aussi la mort du groupe.

Chronique

16.5 / 20
2 commentaires (16.75/20).
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Arch Stanton ( 2014 )

Nous apprenions récemment la mort de Will Mecum, éternelle machine à riffs de Karma To Burn (et de Year Long Disaster), qui brillait autant humainement qu’artistiquement. Une disparition douloureuse et soudaine de celui qui fut la moelle épinière du trio de Stoner instrumental le plus marquant de tous les temps. Bouffeurs de planches, les prestations scéniques des natifs de Morgantown, Virginie occidentale, étaient toujours un succès, ce malgré des albums studios relativement inégaux. Mais Arch Stanton, le dernier en date pondu en 2014, fait définitivement partie du peloton de tête, renouant avec les débuts poussiéreux du groupe tout en alourdissant le propos.

Mecum est d’ailleurs avec cette sortie le seul rescapé des fondateurs, le batteur Rob Oswald étant parti en 2012 tandis le bassiste Rich Mullins s’en est allé lui l’année suivante. Mais les remplaçants (Rob Halkett de The Exploited à la basse et Evan Devine derrière les fûts) font largement le taf et redonnent même une certaine vigueur aux compositions numérotées. 56 et 53 font ainsi résonner le groove sur les parois de nos caboches caverneuses, apportant une saveur Doom bienvenue, exposant au passage ce qui constitue sans doute la meilleure production d’un disque de Karma To Burn

Le trio déroule alors un tapis de riffs rouge sang, tissé par une section rythmique en feu : 55 nous encourage sévèrement à assouplir nos cervicales via un Mecum beaucoup trop inspiré, en symbiose complète avec ses deux nouveaux acolytes, l’échappé 23 nous enfonce la tête dans le sable brûlant tandis que la caisse claire nous colle des gifles, ou encore le conclusif 59 exécute un déluge riffique continuellement mouvant et impressionnant, introduit par un sample opportun du film « Le Bon La Brute et Le Truand » de Sergio Leone et de sa BO emblématique d’Ennio Morricone. A noter l’absence de morceaux chantés, qui étaient devenu une tradition depuis l’excellent Appalachian Incantation de 2010, ce qui contribue à renouer avec les (quasi) origines et n’entache nullement cet Arch Stanton grisant de bout en bout.

Ce dernier album est l’une des incarnations idéales de ce qui définit le trio, son versant le plus sombre, qui traduit peut-être un environnement plus dangereux mais toujours fascinant. Will Mecum n’est plus mais ce qu’il laisse derrière lui restera gravé dans nos chairs pour l’éternité, et les concerts de Karma To Burn dans nos meilleurs souvenirs suintants. Rest in Power Will.

Librement disponible à l'écoute via tontube.

A écouter : Oui.