logo Karl Sanders

Biographie

Karl Sanders

Karl Sanders est connu pour être le frontman du groupe de Death Metal Nile. En 2004, accompagné par Mike Breazeale, il fait une parenthèse par rapport au groupe et sort Saurian Meditation, un disque instrumental teinté d'influences orientales qui exploite quelques idées non retenues par Nile.

Chronique

17.5 / 20
6 commentaires (17.42/20).
logo amazon

Saurian Meditation ( 2004 )

Quand j'ai eu Saurian Mediation dans les mains pour la première fois j'étais à la fois anxieux et intrigué. Anxieux car  c'est l'oeuvre de Karl Sanders, guitariste et chanteur de Nile, un groupe de Death réputé pour ses ambiances Egytptiennes que je connaissais juste de nom car n'appréciant pas le dit genre. Un peu inquiet donc, mais aussi intrigué de par l'étrangeté de la pochette et le résumé décrivant les instrumentations exotiques et la richesse des textures de Saurian Meditation comme étant d'hypnotiques passages vers l'imagination. Si je reprends ce texte c'est que ce n'est pas anodin, la musique de Karl Sanders étant vraiment propice à développer la fertilité de notre esprit. On est plongé dans la noirceur d'un monde oriental qui nous est peu familier, laissant du coup libre cours à nos rêveries, avec pour seul guide la trame musicale développée sur ce Saurian Meditation.

Venons-en justement à la musique. La « tête-pensante » de Nile a repris des idées d'ambiances orientales non-exploitées par son groupe pour en faire un album « solo ». On retrouve donc Karl Sanders à la guitare, à la basse, aux  claviers... Le travail fourni dans les instruments à cordes est impressionnant car fait appel à toute sorte des sonorités peu triviales, avec notamment l'utilisation d'un baglama, une guitare exotique dira-t-on, et de l'E-bow à la guitare, sorte d'archer électronique permettant la vibration permanente des cordes, et le moins que l'on puisse dire c'est que le résultat vaut le détour.
Soliste avant toute chose, Sanders sert  néanmoins tout aussi bien l'accompagnement en sachant se faire discret, mettant du coup en avant les percussions on ne peut plus sombres de Pete Hammoura et de Juan Gonzalez. Avec leurs rythmes orientaux, tribaux, qu'ils martèlent encore et encore, il créent des ambiances des plus pesantes, à la limite de l'oppression. Ces impressions ne peuvent être que renforcées avec des choeurs particulièrement glauques qui se mêlent habilement à toute sorte d'ambiance, que ce soit de fines gouttes d'eau tombant de façon martiale, que de ténébreuses rafales de vent qu'on imagine très bien dans les couloirs d'une pyramide, ou s'abattant dans un désert, soulevant et reposant sans cesse le sable.

Saurian Mediation est un disque rare, une oeuvre d'ambiance à savourer à tête reposée et coupé de tout. Dans des genres pas si différents, on pourrait rapprocher son effort des créations de Dead Can Dance ou d'Arto Tuncboyaciyan qui aiment dépayser leurs auditeurs en jouant simplement la musique qu'il les inspirent. Ici c'est la même chose, une fascination pour l'altérité, un voyage dans un imaginaire sinistre, lugubre, mais dans lequel on se sent paradoxalement bien. Détendu.

A écouter : d'une traite, seul dans le noir